Les projections picturales et psychiques de ZATO

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Jeux d’écrans, d’ombres et de lumières entre crépuscule et aube nouvelle et incertaine ; « Broken Faces » de ZATO fascine par sa splendide nudité, par la diffusion cinématographique et mentale de ses interprètes, par la troublante évocation de ces formes que l’on distingue sans les interpréter. La fascination pure et simple du dépouillement et d’une mise en scène hantée et ténébreuse.

Quelques tentures sont accrochées ici et là, sur la scène oubliée d’un événement se mettant lentement en place. Rien de figuratif ni de symbolique ; le plaisir que l’on prend à regarder « Broken Faces » s’éloigne de toute forme de réalité, de contemplation ou d’interprétation. L’intensité des zones d’ombre, de l’immobilité provisoire de Céline et Alex, focalisés sur une performance sobre et immédiatement captivante, demeure la constante de cinq minutes d’enfermement derrières nos paupières abîmées et nos visages marqués par le temps et les épreuves. Rares sont les démonstrations introspectives aussi puissantes que celle que nous offre ZATO ; la dimension, l’espace que les secondes et les plans occupent, se diffusent dans nos êtres, accrochent nos yeux et nos sens. Le noir et blanc ressemble à s’y méprendre à une œuvre au fusain s’animant sans prévenir, sous les doigts d’une silhouette quasiment invisible, impliquant celles et ceux qui l’observent dans son audacieux déroulement.

ZATO parle le langage des âmes ; tandis que les physionomies sont projetées sur les musiciens, les imposant alors comme les reflets d’indicibles tourments, les gueules cassées se figent et laissent leurs illusions perdues s’envoler grâce aux voix, aux saturations, aux dictions instrumentales et chorales de leurs maux. « Broken Faces » manie les textures, les traits, les focales longues et courtes avec un sens de la complémentarité artistique hors du commun. Quand les mélodies s’amplifient, les objets et les corps dessinent d’autres figures, d’autres architectures faciales en exposant les sentiments avant les aspects. Derrière les masques de la souffrance et de l’angoisse, il y a une vie, mouvementée certes, terrible parfois, mais tellement belle et puissante. ZATO lui insuffle une raison d’être, éprouvante et extraordinaire.


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