« WandaVision » : trop beau pour être vrai ?

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Les dernières productions Marvel (et Disney, bien évidemment ; là par contre, impossible de nous en remettre totalement) continuent, lentement mais sûrement, de nous réconcilier avec un genre qui, pendant quelques années, devenait purement et simplement indigeste. Suite impeccable au diptyque final des Avengers, la déclinaison des aventures de Wanda et Vision sous forme de sitcom télévisuelle est, pour l’instant, une réussite totale.

crédit : Disney+

Décalage télévisuel

Pourtant, l’idée de transposer l’histoire entre les deux héros dans un format court et, qui plus est, nostalgique et humoristique, avait de quoi inquiéter une majorité d’aficionados des comics et des personnages susmentionnés. De notre côté, l’impatience était totale, et c’est avec de grandes espérances que nous avons pu goûter au décalage pictural des aventures du couple. WandaVision va certainement déstabiliser un grand nombre de spectateurs, tant chez les fans qu’auprès de celles et ceux n’ayant pas l’habitude ou la connaissance des personnages du MCU. L’idée est cependant excellente, et soignée jusque dans les traits d’humour disséminés, sans exagération, durant un peu moins d’une demi-heure par épisode. Elizabeth Olsen et Paul Bettany prolongent l’apport unique qu’ils offraient aux longs-métrages des frères Russo (petite parenthèse : on ne remerciera jamais assez les producteurs de la saga de leur avoir confié, d’une part, Captain America, le Soldat de l’Hiver, puis Infinity War et Endgame, trois merveilles imprévisibles et fédératrices pour tout cinéphile prêt à cracher sur les superproductions hollywoodiennes) et s’emparent de ce canevas inédit avec une implication rare. Ce qui fait qu’il est impossible de considérer WandaVision comme un produit dérivé ; au contraire, il s’agit d’une histoire à part entière, d’un approfondissement de l’imaginaire motivé par les générations précédentes à l’apparition des bandes dessinées originelles. Le tout, en 2021. Sacrée gageure, accomplie haut-la-main.

Qui sommes-nous ?

La crainte était de nous retrouver avec une version satirique ou trop comique des êtres dotés de superpouvoirs, ou face à un concurrent direct de DC Comics et de son excellent Doom Patrol. Mais WandaVision dissimule, sous ses atours lisses et son économie savamment dosée d’effets spéciaux, un mystère qu’il est impossible, à l’heure actuelle, de deviner. Si l’on gratte le monochrome du show et que l’on y cherche de précieux indices, l’incompréhension et la mémoire défaillante de nos héros provoque une inquiétude, un suspense distillé sans prendre le pas sur l’action elle-même. Aux « Comment en sont-ils arrivés là ? » et « Qui manipule l’espace et le temps ? » intervenant dans nos esprits dès les premières secondes, rien ne vient faciliter les découvertes à venir et participe à nous maintenir en haleine. Voire à susciter quelques secondes d’angoisse sans que celles-ci puissent être anticipées. Au final, WandaVision entame sa première saison en instaurant un climat relevant du jamais-vu, et qu’il nous tarde de disséquer dans la durée.


WandaVision saison 1, disponible sur Disney+ depuis le 15 janvier 2021.