Thérèse, de la toxicité à l’émancipation

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Malgré ce qu’elle tend à démontrer par ses rythmes entraînants et ses mélodies revendicatrices, la première création de Thérèse est un condensé d’émotions brutes, fortes, vitales et exemplaires. Une mise au point qui demande autant d’introspection que de confidence, d’universalité et d’intimité. « T.O.X.I.C. » est l’oeuvre que la blessure profonde provoque, qu’elle motive, qu’elle amène à hurler autant qu’à murmurer. La puissance mélodique et littéraire d’une fragilité actuelle mais qui, grâce à la musicienne, devient amplement thérapeutique.

crédit : Marilyn Mugot

Le désert, à perte de vue. Immense, sans limite. La soif de l’indépendance et de la liberté, emprisonnées dans l’apparence. Il faut ressembler à ce que l’on exige de nous, ne jamais nous identifier individuellement. L’étau se resserre. Mais, quelque part, au beau milieu des grains de sable qui constituent une vie complexe, un chant, des harmonies. Les lames crénelées qui aideront à ouvrir la cage et libérer la créature prisonnière du paraître. « T.O.X.I.C. » : les initiales d’un mal, une substance à la fois familière (trop, certainement) pour certains et étrangère pour d’autres. La molécule de la passivité. On jette le flacon en l’air, les comprimés qu’il contient se répandent au sol, on les écrase pour ne plus se soumettre au sommeil chimique de la dépendance. Thérèse croit, explose les limites de ses capacités, affronte la bête sommeillant en elle, l’ennemi ultime. Dépassant ce doute qui l’oppresse et l’oblige, contre son gré, à murmurer ses premiers constats, elle laisse monter la sève, la lave, la colère prenant l’apparence de la vérité. La voix se déforme dans un ultime élan de régression, mais l’effet est rapidement réduite au silence par l’indépendance et l’intégrité retrouvées. Les rythmes, arrangements électroniques et sonorités technologiques métamorphosent la désincarnation en désir de reconnaissance. Elle s’élève, miraculeusement. Parce que tel est son désir.

Le propos est durable, ancré dans ses impressions, ses dictions, ses cris. À l’heure du harcèlement, de la perversion narcissique et de la manipulation non consentante des corps et des âmes, « T.O.X.I.C. » purge nos veines, nos synapses pollués par le défaitisme. L’évidence d’une renaissance que Thérèse a souhaité exposer sous des formes artistiques, mentales et créatives bien à elles. Une seconde venue ayant les éblouissantes apparences d’une figure à l’écoute de nos maux, ayant foi en ses propres forces et cicatrices. Une re-connaissance, honnête, sincère et splendide.


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