Thérèse : Behind The Fringe, épisode 2

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Seconde partie de nos rendez-vous avec Thérèse durant le processus d’enregistrement de son premier EP. Avec une intimité proche de nos sentiments les plus enfouis, elle erre, suite à la première session en studio, pour mieux nous exprimer ses ressentis, dans une troublante et attachante sincérité.

crédit : Sonadie San

La pression est forte, tétanisante même, alors que l’heure a sonné. Lors des premières secondes de ce second journal filmé, Thérèse nous apparaît fatiguée ; mais, sur son visage, quelque chose a changé. Nous l’avions laissée en proie à toutes les interrogations qu’elle avait en tête avant de figer la musique dans l’espace et le temps ; à celles-ci succèdent de nouvelles questions, plus intérieures. Des craintes, des « si » qui pourraient la déstabiliser comme ils nous feraient, nous-mêmes, perdre pied. Mais elle avance, dans tous les sens du terme ; lentement, mais sûrement. Plus que de faire abstraction de ce que son esprit lui rappelle depuis plusieurs jours et semaines, elle s’en sert. Le cadre lui-même, cette nature, ces plans lents, les chats dont la nonchalance mais également la confiance font qu’ils ne prennent pas la fuite, sont d’une grand importance. L’isolement est nécessaire ; mais, saisi dans les conditions idéales, dans les captations nocturnes du son, il est une inépuisable énergie vitale.

Le lieu, enfin. Celui où tout arrive. L’artiste se transforme. Elle vit. Tant dans le montage de ces précieuses secondes qu’à travers les coulisses, elle irradie. Littéralement. De l’invocation à ces rires qui, spontanément, évacuent la pression évoquée précédemment, l’existence se suspend à ses lèvres et à son histoire, durant quelques heures essentielles. Des bribes de chant, des gestes les accompagnant, une spontanéité dissimulant la gravité et la focalisation sur ce qui s’apprête à entrer en gestation. Certains diront qu’elle est dans son élément, et ils auront raison ; mais, plus que tout, elle EST. Si la vérité devait, dans nos heures de solitude, revêtir un visage, ce serait celui de Thérèse, ici, maintenant. Il ne pouvait pas en être autrement.


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