Théo Charaf, la transcendance de la folk

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Un album prouvant que le songwriting est un art toujours à même d’être abouti et approfondi ; Théo Charaf parvient à dépasser l’importance d’une musique populaire racontant ses légendes lumineuses ou obscures, dans une beauté de tous les instants qu’il est impossible d’oublier.

crédit : Sarah Fouassier

C’est une confidence, un murmure au creux de notre oreille. Une voix apaisante mais ferme, sachant que chaque mot qu’elle saisit et retranscrit trouvera la place qui lui est due dans l’écrin de compositions discrètes et soignées. Théo Charaf ose à peine toucher les cordes de sa guitare : il les respecte, les frôle, les épouse dans des mouvements tendres et rassurants. L’instrument dompte le chanteur, et vice-versa. Une dépendance accrue au fil de cet opus évanescent, lu et conté à la lueur d’une lanterne sur le point de s’éteindre et de nous immerger dans des rêves dont le réalisme et les pouvoirs curatifs sont une bénédiction.

Créatures surnaturelles, fantômes et rencontres imprévisibles mais marquantes parcourent ces dix étapes d’un voyage encore jamais emprunté, d’un chemin de traverse dont l’horizon réserve de nombreuses surprises. La noirceur sensuelle de « Vampire » se heurte aux sonorités assoiffées puis désaltérées de « In Vain », faces cachées d’une collection de témoignages qui ne seront transmis que par le chant et dont nous sommes les témoins privilégiés, avant d’en devenir les garants éternels. « Devil Got My Woman » appelle à l’aide au carrefour de l’absence, tandis que le magnifique dialogue « Oh Sister » espère sa réconciliation, sa fraternité immuable et bravant les chagrins, les absences et les distances. Le crépuscule existentiel final, porté par l’apaisé « Waiting Around to Die » puis l’électricité diabolique et chamanique de « Hard Time Killing Floor », chute du héros résigné mais immortel, achève de faire de cette œuvre charnelle et possédée un monument sur lequel les siècles et les éléments n’imposeront aucune usure. Un miracle que l’on aperçoit à travers la poussière, avant qu’il ne nous obsède jour et nuit.

Artwork : Jean-Luc Navette

Théo Charaf de Théo Charaf, sorti le 22 janvier 2021 chez Wita Records.


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