The last gig in the sky : entretien avec Territory

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Tandis que septembre 2020 se referme doucement, les Parisiens de Territory et Pam Risourié partagent l’affiche du Trabendo pour une ultime soirée. Covid oblige, cette terrasse à concerts investie provisoirement par le Supersonic depuis août se résigne à arrêter les festivités. Ce soir-là, un seul mot d’ordre : profiter. Derrière la scène extérieure, la salle vide du Trabendo se transforme en loge. Les cadavres de bières jonchent la table basse, la fumée des clopes s’entremêlent au milieu des rires et des vannes. Souriants, les quatre lascars de Territory nous font une place sur le canapé.

crédit : Sarah Willmeroth

PUNKTUM : Quel plaisir de vous voir en concert !

Territory : Bah attends tu as nous pas encore vus !

On anticipe ! Vous avez l’air hyper chaud, vous êtes contents de jouer ce soir ?

Carrément, ouais ! On n’a pas joué depuis sept ou huit mois. On est très contents de se retrouver tous les quatre et de retrouver le public. Et on risque de ne pas jouer pendant les huit prochains mois donc on va en profiter !

C’est votre premier concert depuis le déconfinement ?

Oui. Notre dernier concert c’était à la Boule Noire en février et depuis il ne s’est pas passé grand chose. Mais on a quand même enregistré dix titres pour notre premier album qui devrait sortir en 2021. Tout a été repoussé à cause de ce virus…

Enfin une bonne nouvelle ! Quelques surprises à dévoiler à propos de cet album ?

L’album devrait sortir en mars ou avril. On a déjà sorti « Satisfied », le premier single et on va en sortir un autre en novembre. Puis, on a un troisième single en réserve pour début 2021 et l’album paraîtra dans la foulée.

« Satisfied » rend déjà l’album très prometteur. Comment avez-vous bossé sur ce nouvel opus ?

Adrien [le chanteur, NDLR] a un petit home studio, donc on passait régulièrement chez lui. Soit il avait déjà des trucs ouverts, soit on récupérait des idées qu’on avait expérimentées ensemble en studio. On commençait les pré-prods à l’appart. Une fois qu’on avait mis douze ou treize titres de côté, on était prêts à enregistrer donc on a contacté Dimitri, un pote qui a notamment enregistré Rendez-Vous et qui vient d’ouvrir les Studios Mégaphone à Aubervilliers. D’ailleurs, on est les premiers à enregistrer là-bas !

Cet album, c’est le début d’une nouvelle aventure ?

Yes ! Mais on sait pas si ça va nous mener très loin à cause de ce putain de virus ! En tout cas, on s’arrêtera pas de faire des chansons, de créer.

Justement, vous avez réalisé un clip pour illustrer « Satisfied » ?

On l’a fait avec un pote qui nous a suivis pendant l’enregistrement et au concert à la Boule Noire notamment. C’est un peu un bric-à-brac, ce clip, un enchaînement de footage filmés avec des petites cassettes.

« On sait pas si ça va nous mener très loin à cause de ce putain de virus ! En tout cas, on s’arrêtera pas de faire des chansons, de créer. »

Territory

Ça fait partie de vous cette esthétique visuelle très années 1990 avec ce format VHS ?

Complètement ! Même parmi nos influences musicales, on aime énormément de groupes des années 1990 genre Sonic Youth, Pavement, Nada Surf. Les basiques, quoi !

En cinéma aussi ?

Ah ouais Maman j’ai raté l’avion ! (rires) Non, en vrai, c’est surtout les rockumentaires qui nous inspirent , comme 1991: The Year Punk Broke qui suit la tournée de Nirvana et Sonic Youth. C’est vraiment cette esthétique-là qui nous marque. Tu suis ces mecs qui sont tout le temps ensemble, dans les loges, ils font leur concert, ils font les cons. On est un peu dans ce délire-là.

crédit : Claire Desfrançois

Vous avez passé huit mois sans faire de concerts, comment vous l’avez vécu ?

Martin (guitare) : On n’était pas confiné ensemble mais on a tous fait de la musique dans notre coin et on s’est envoyé plein de sons. Mais ce qui nous manquait, c’était vraiment ce côté fratrie. On adore faire de la musique ensemble, mais au-delà de ça, on rigole beaucoup et on est très potes dans la vie. Cet espace de vide temporel, c’était assez dur. Heureusement, on a bu plein de bières ensemble devant nos écrans d’ordi !

Adrien (chant, guitare) : Le confinement a aussi été hyper cool d’un point de vue créatif, parce que tu te sens obligé de faire du son. Parfois, tu as un peu la flemme donc tu sors. Là tu es chez toi, tu n’as rien à foutre donc ça te pousse à créer.

Alex (basse) : Après le confinement, les premières répèt’ avec des gens ont fait du bien. Huit mois devant l’ordinateur à composer… Quand tu retrouves des humains, c’est fou ! Devant toi, il y a un vrai batteur qui tape trop fort (rires).

crédit : Claire Desfrançois

Et vous le sentez comment le concert de ce soir ?

On le sent très bien et on est très contents d’être là. Ce soir, c’est le dernier concert avant l’apocalypse ! En ce moment c’est toujours comme ça, on avance dans le flou.

Avez-vous un souvenir particulier à partager avec nous avant de monter sur scène ?

Le concert qu’on a fait dans un festival à côté de Lyon, ou en Auvergne ? Ah non en Ardèche ! On a joué dans une grange vers 2h du matin et on était ivres morts. Dans ce cas, c’est double tranchant : soit ça passe et c’est méga bien, soit ça casse et c’est de la merde. Ce genre d’expérience c’est comme un tremplin. Ce soir-là c’était carrément fou, les gens étaient super chauds et sûrement plus bourrés que nous ! C’était trop bien. En plus, on aime bien ces petits festivals de la débrouille, on a dormi dans un grand dortoir avec tout le monde, c’était trop marrant.

Il y a une vraie entraide, comme au concert trop cool qu’on a fait à la Boule Noire. C’est Bad Pelicans qui nous ont invités pour leur release party. Il n’y a pas de rivalité entre les groupes, tout le monde se file un coup de main.

En parlant de Bad Pelicans, y-a-t-il des groupes actuels qui vous ont marqués récemment ?

Ouais, on aime bien Territory.

Ah ouais ? On connaît pas !

(rires) On aime bien Fontaines DC. Et nos potes de Rendez-Vous. Les gars de EggS aussi. Et plein d’autres !


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