Dans la ligne de mire de Tamar Aphek

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Une guitare lourde et acérée, une rythmique aux allures de fin du monde et d’une société autodétruite ; « Crossbow » de Tamar Aphek impose l’annihilation du sentiment de passivité humain à grands coups de décharges sonores et vocales.

crédit : Rotem Lebel

Alors que l’on pensait, au fil des premières secondes de « Crossbow », ne pas pouvoir résister à leur emballement de basse et de batterie, Tamar Aphek se met à chanter, profondément, dans des graves provocants et séducteurs. Une chaleur brûlante, marquant nos esprits et nos chairs, s’insinuant dans le moindre pore de nos peaux hérissées de frissons. Pourtant, on sait que l’effet obsessionnel de la chanson sera autre, dépassant le cadre d’un plaisir sensuel bref mais puissant. La menace rôde, de même que l’affirmation d’une volonté de remise en question de nos repères culturels et politiques. Nous sommes bel et bien sur le point de ressentir le sang couler, en cascade, porté par la colère sous-jacente de ces trois minutes de rage maîtrisée.

D’accélérations visuelles en échos subversifs, de multiplication des plans en noir et blanc en mouvements de caméra hantés par la présence des trois interprètes, « Crossbow » se renferme sur lui-même, s’isole pour mieux se retrouver et tenter le diable. L’implosion discrète avant le jaillissement final, celui de nos cœurs et de nos cerveaux se libérant du paraître et cédant à la tentation. La saleté palpable d’un ultime solo de six cordes embourbe nos convictions dans leur bêtise originelle et sculpte la glaise d’une renaissance. La beauté ultime du ravage.


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