Smells like Josh Kern spirit

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Étudiant en photographie à Dortmund, Josh Kern traque le quotidien avec ses pellicules granuleuses sur lesquelles il grave les lueurs de fins de soirées houleuses, les éclats de fous-rires spontanés, les corps intrépides, les visages ivres, les skateboards, les clopes et les bouteilles vides. Ses clichés effervescents saisis en plein vol ont été publiés sous le titre « Fuck me », premier recueil signé Josh Kern, paru fin 2018 et financé par une collecte en ligne. Avec ses airs provocateurs, le livre regorge de notes griffonnées au stylo bille et de photos parfois déchirées et souvent mal collées, exaltant une jeunesse fougueuse déterminée à tout vivre. À fond.

Une énergie folle se dégage des clichés de Josh Kern. Sur ces fragments enflammés, des kids insatiables courent après une liberté sans fin, bourrés de vie, d’amour et d’amitié confondus, et parfois d’une solitude devenue habitude. Le photographe allemand cerne finement l’être humain dans ses sentiments les plus débridés. À l’affût, il déclenche sans arrêt et amasse ses instants en mouvement autour de lui, effleure le vif. De ces bribes chaotiques émane le parfum cinématographique d’un Larry Clark ou de Trainspotting, le tout nappé d’une bande-son à mi-chemin entre grunge rouillé et post-punk crépitant. « Fuck me » dépeint ces jeunes adultes qui brûlent de vivre, prêts à tout cramer pour ne jamais rien regretter.

Sur ces fragments enflammés, des kids insatiables courent après une liberté sans fin, bourrés de vie, d’amour et d’amitié confondus, et parfois d’une solitude devenue habitude.

Si divers domaines artistiques l’inspirent, Josh Kern ne s’arrête pas à un simple mélange d’influences, mais s’attaque à l’image-même pour fabriquer son regard. En argentique, ses photos ont la saveur de l’authenticité, du morceau de papier glacé exclusif qu’on développe, qu’on tient véritablement entre nos doigts, puis qu’on range, qu’on perd, qu’on colle, décolle, déchire, recolle. Le jeune photographe les annote dans son journal et confronte écriture et image pour nous laisser accéder à son intime. Tels des poèmes ou des paroles, ses mots intarissables font surgir des angoisses existentielles et, surtout, la peur d’être en société. Toutefois, ce premier livre reste indéniablement un hymne à l’autre, que ce soit à sa bande d’ami(e)s ou aux spectateurs  conviés à se conter leurs propres histoires.

Le photographe allemand cerne finement l’être humain dans ses sentiments les plus débridés.

« Fuck me » dresse à la fois le portrait d’une jeunesse flamboyante et tumultueuse, et le mal-être tangible de son auteur, qui utilise la photographie dans toute sa plasticité pour s’exprimer, appréhender le monde et s’y trouver une place.


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