Aux multiples existences de Sarah Espour

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Prenant le risque de s’attaquer à l’une des plus belles chansons de Michel Berger, Sarah Espour y insuffle un désespoir saisissant, invoquant ainsi les souvenirs pelliculés de moments cinématographiques en adéquation parfaite avec son interprétation.

On n’est pas étonné, dans des premières secondes de « Seras-tu là », de retrouver Laura Palmer pour l’une des scènes les plus bouleversantes du film Twins Peaks, Fire Walk With Me de David Lynch ; car c’est bel et bien cette image qui nous vient à l’esprit tandis que la chanson commence, que le ralenti brumeux laissant deviner Sarah Espour nous replonge dans le surréalisme onirique du réalisateur. Mais l’artiste va beaucoup plus loin, sans jamais essayer de reproduire un genre ou une forme d’expression : au fur et à mesure, elle répond à la question originelle, s’inspirant de l’étrangeté de la solitude et du décalage de l’existence isolée en nous montrant un spectacle chorégraphique issu de sa psyché. La musique se modifie en conséquence, le chant improvise, clame, appelle. Les arts s’enlacent, réconfortent, apaisent.

Les tonalités bleutées du crépuscule que nous admirons, en silence, donnent à l’ensemble un aspect dépassant le cadre de l’illustration visuelle. « Seras-tu là » est une scène de théâtre sur laquelle actrices et acteurs défilent, brisés, éprouvés par l’existence, alors que l’ange Sarah Espour leur exprime la vérité qu’ils recherchent. Une respiration, surprenante et mystique. L’expression ultime du soulagement, malgré la tristesse qui saisit les cœurs à l’abandon. Et, tandis que la voix et les claviers s’éloignent, dans une dernière communion sensorielle, on ne cesse de ressentir quelques larmes, là, à l’intérieur. Quelques regrets que l’on peut, dorénavant, dépasser.


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