L’appel des sens de Rosemarie

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« Nuit d’été » est l’expression parfaite des textures, qu’elles évoquent le toucher, l’illustration visuelle ou l’approche artistique de Rosemarie. Le nouveau projet de Marie Robert trouve ici une introduction magnifique à une forme d’art liant l’intime à l’intensité de la matière sous toutes ses formes.

À rebours, Rosemarie avance lentement. Pas à pas, tandis qu’elle se vêt de pièces de vêtements disséminées dans la nature qui l’entoure, elle chante les causes de sa présence ici, la vision psychique de la solitude qui suit l’acte d’amour. Car l’union des corps, parvenue à son terme, est un acte d’isolement dès que les lumières s’éteignent, une réflexion imprévisible qui s’impose à l’esprit et à la peau, à l’intérieur de chacun d’entre nous. Le paradoxe de la « Nuit d’été » et de l’éblouissante luminosité saisie par la réalisation d’Anne-Laure Etienne amplifie cette action subite, cet abandon à nos perceptions, à ce qui ne se dit pas, lorsque l’autre s’endort.

« Tu n’entends sûrement rien, et puis ça me convient, je t’aime de tout mon cœur, noyée sous ma pudeur » ; toutes ces peaux que Rosemarie enfile les unes après les autres, ces déguisements cachant sa nature, ces apparats remplaçant les masques de l’incertitude, la peur de devenir un poids, une source de malaise, lui permettent de s’abriter sous les épidermes artificiels d’une femme qu’elle sait être, mais qu’elle refuse d’exposer à autrui. Cette même pudeur étouffe le vivant, le sentiment ; pourtant, « Nuit d’été » ose les affronter, seconde par seconde, en regardant droit devant ou en nous fixant, témoins d’un changement qui s’opère, d’une nécessité, d’un besoin. Celui-là même qui a métamorphosé la musicienne, portée par les pulsions mélodiques marchant à ses côtés. La tendresse, elle seule, pourra alors lever le voile. Révéler l’humanité fragile d’une créatrice dont les obsessions sensorielles et psychiques sont toujours aussi éblouissantes et inspirantes.


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