« Les lilas », fleurs du spleen et de la renaissance de Rosemarie

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Même la continuité des saisons ne peut rien contre la séparation ; avec « Les lilas », la poésie francophone de Rosemarie atteint un niveau difficilement comparable au reste de la production musicale et visuelle actuelle, tant celui-ci s’inscrit dans un lyrisme émotionnel de tous les instants, aussi bien mélodiquement que visuellement. Plus l’artiste progresse, plus sa présence éclate au grand jour, témoin de ses épreuves mais également des nôtres, qu’elle n’hésite pas à lire sur nos visages afin de mieux les retranscrire.

Le mauve devrait, plan après plan, nous réconforter ; cependant, la complainte de la perte mise en valeur par le texte et les harmonies de Rosemarie y insufflent un spleen épidermique, une caresse prête à devenir piquante et irritante sur nos peaux meurtries. « Les lilas » impose la compositrice dans le cercle très fermé des auteurs focalisés sur le sens et la narration, sur l’importance de chaque syllabe et sensation au coeur du processus d’écriture. Chaque nouveau court-métrage est une métamorphose : pour celui-ci, à travers la co-réalisation de Peter The Moon et Anne-Laure Etienne, Rosemarie exprime avec un naturel poignant les conséquences imprévisibles de la vie, de la passion et de la manière dont celle-ci, lorsqu’elle ne fonctionne que de façon unilatérale, s’effrite. Les fleurs ne fâneront cependant jamais ; elle témoigneront, éternellement, de ce qui a été.

Les symétries du visage et des décors, ces recherches d’une mue, d’un cocon imposé par le destin puis des silences aptes à renaître, enserrent notre attention sur Rosemarie, sur son regard fixé sur nous, tendre et implorant. Elle transmet la tristesse et la résignation, elle fait de chacun de ses gestes un progrès, un pas en avant. Le paradoxe entre enfermement et évasion dans une nature accueillante, tout en traînant derrière elle le poids de la peine, est fulgurant. Actes et paroles d’un avenir imprévisible mais demeurant ouvert à ce qui doit être, « Les lilas » parfument nos âmes, nos enfermements sur nous-mêmes, nos solitudes. Et laissent s’évaporer une beauté sensitive nous redonnant les forces nécessaires à la conclusion d’un cycle et au commencement de celui qui se doit de lui succéder, toujours plus intensément.


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