Les traversées solitaires de Roseland

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Il peut parfois être nécessaire de regarder en arrière pour dresser le bilan d’une existence commune. La progression de l’âge, ses tourments, ses regrets. Avec « Old », Roseland décrit à la perfection le constat à la fois nostalgique et résigné d’une séparation, de ses causes et de ses conséquences.

Les reflets de la vie intérieure de Roseland, dessinés sur les écrans d’une vie à deux, sur les réminiscences de gestes ayant alors une toute autre valeur, hantent les couloirs labyrinthiques de « Old ». Semblant surgis d’une autre époque, de réseaux impersonnels mais pourtant magnifiquement tracés, ils nous incitent à progresser, dans la semi-obscurité, dans la découverte de ce qui demeure à jamais révolu. Même les mouvements mélodiques d’Émeline Marceau, seule et inspirée lorsqu’elle nous apparaît, foudroient par leur mélancolie latente.

À travers les instantanés sans âge de ce clip aux éclats usés, Roseland contemple ce qui aurait pu être et ce qui n’est plus. « Nobody will know we just wanted to draw a line under our time » ; une ligne parallèle, hors des sentiers battus et des convenances. Un trait noir émotionnel, infini, que les douceurs et impulsions électriques de ce tourmenté et décisif « Old » malmènent juste assez pour le rendre précieux et mimétique. La résilience sublime et lacrymale d’un désespoir qu’il faudra, coûte que coûte, surmonter.


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