[EN EXCLU] « Russian », le mapping testamentaire de Renaud-Gabriel Pion

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Sixième et dernier chapitre des illustrations informatiques et synthétiques de Renaud-Gabriel Pion, « Russian » apparaît comme l’ultime cri spectral d’une oeuvre visuelle et sonore unique et focalisée sur les effets à long terme plutôt que sur le ressenti immédiat. Une chorégraphie de l’écran et de la ligne, matière vivante à laquelle le compositeur offre les pulsations les plus électrisantes.

Petit-à-petit, les formes transportant ces précieux extraits de l’oeuvre hybride HINTERWELT IN SILICO se voyaient sombrer dans l’absence de couleur, de signes distinctifs, de cadences permettant au spectateur d’évoluer au fil d’artifices, de courbes et de graphismes réduits à leur plus simple appareil (les cinq premières étapes de ce voyage si particulier et inédit sont à retrouver en suivant ce lien). Un décor en perpétuel mouvement, épousant les contours de la musique progressive de Renaud-Gabriel Pion, que l’immobilisme quasiment constant de « Doppelgänger » nous laissait imaginer. Mais « Russian » est une autre vibration, la rencontre de l’organique et du média, des cendres et des câbles. Les harmoniques industrielles se diluent au milieu de rythmes décalés et en roue libre, de cuivres et de vents portant en eux un souffle ultime, les mots exaltés d’une dernière définition de l’art tel qu’il a été évoqué, exploré, désincarné. Du regret à la peur de l’abandon, après ces quelques semaines durant lesquelles nous nous sommes sentis propulsés dans un multivers quantique beaucoup accueillant que notre monde actuel, nous nous abreuvons des fluides antédiluviens et futuristes de « Russian », de ses nourritures énergétiques dangereuses et chaleureuses.

HINTERWELT IN SILICO, avouant de façon sous-jacente son ambition de découvrir le monde caché de la robotique, en analyse le langage ; non pas ces codes hermétiques réservés aux ingénieurs et autres spécialistes, mais ce qu’il transmet sans attendre. L’électrocardiogramme d’une créature qui, par l’intermédiaire de six injections de substances indéchiffrables et inconnues, a enfin trouvé sa raison d’être, son identité ; celle-là même qui, en parfaite complémentarité, se retrouve dans les multiples lectures que l’on peut avoir des photographies de Renaud-Gabriel Pion, à voir ici.


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