« Perdu d’avance » : Renarde déconstruit le destin

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La résignation. Celle qui nous oppresse depuis maintenant un an, qui s’est immiscée dans nos vies pour des causes médicales et sanitaires. Sans doute le meilleur moment pour Renarde afin de sortir Courts Métrages (le 12 mars prochain chez Nuance Records / Kuroneko), collection artistique majeure d’interrogations humaines en décalage avec l’actualité, sans pour autant la rejeter. Un regard différent mais éminemment révélateur des capacités autant que des dérives individuelles, comme nous le montre le caractère désabusé de « Perdu d’avance ».

Un clip dont l’implacable narration, les ralentis appuyant solitude et désillusion nous marquent et nous rappellent de nombreux instants d’isolement intériorisé auxquels nous avons tous, un jour ou l’autre, été confrontés. « Perdu d’avance » peut se lire autant comme une suite de saynètes distinctes les unes des autres que tel l’équivalent d’une histoire, d’un futur entrevu au cas où les mauvais choix seraient faits à un instant T. La musique de Renarde, plus légère que les thèmes visuels qu’elle illustre, permet de les amplifier, de les laisser s’imposer d’eux-mêmes le long de plans minutieusement dessinés et mis en scène. L’équilibre précaire entre ce qui est et ce qui pourrait se produire est constant, d’un réalisme n’omettant cependant jamais une certaine forme de poésie et d’exutoire dans la violence des sentiments et des effacements du Soi.

La liberté est une histoire de générations, de transmission. D’erreurs à ne pas communiquer, à ne plus reproduire. Dans ses ultimes secondes, « Perdu d’avance » transforme sa définition en opposition, éclaire l’avenir là où aucune sortie ne semblait à même de se voir concrétisée. Et si tout cela n’était qu’un songe ? Si, dans une dimension pas si éloignée de la nôtre, le reflet de nos années de galère et d’indifférence se déformait pour engendrer des sourires enfin retrouvés et embrassés ? Renarde y croit, ce qui l’a d’ailleurs poussé à accomplir un petit miracle durant la gestation de Courts Métrages, long et passionnant travail étalé sur un an et demi et dont nous vous reparlerons dans quelques semaines. En attendant, « Perdu d’avance » est une victoire, une vraie. De celles qui bouleversent l’establishment existentiel de nos quotidiens passifs.


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