Des dieux, des géants… et des hormones !

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Démarrant sur les chapeaux de roues grâce à un scénario certes convenu mais très bien huilé, Ragnarök se perd en cours de route dans les facilités mythologiques et adolescentes. Un énorme gâchis, surtout lorsque l’on sait que Netflix peut nous habituer à mieux en sélectionnant ses séries venues du Nord.

crédit : Netflix

Deux épisodes et puis s’en va… Voilà comment on pourrait résumer Ragnarök, nouveau show Netflix disponible sur la plateforme depuis le 31 janvier dernier. Car, en plus de se prendre les pieds dans le tapis de la facilité, l’histoire finit par s’éterniser sur des thèmes essorés au fil des ans, de la métamorphose hormonale des jeunes générations à l’environnement, en passant par une réappropriation post-Avengers des légendes norvégiennes. Tout ça finit par sentir la récupération à plein nez, ce qui est un reproche fondé quand on peut, tout de même, admirer la qualité de son premier tiers. Mais un départ en trombe ne fait pas forcément un spectacle digne d’intérêt ; la preuve…

Cruelle illustration de cette thématique massacrée sur l’autel des dieux et des géants (de l’audiovisuel, peut-être ? Ou de la demande de teenagers en mal de sensations fortes, d’insinuations sexuelles et de causes écologiques très distantes de la réalité ?), Ragnarök avait tout pour plaire : une ville où les rivalités et les écarts sociologiques sont très bien représentés, des personnages assez antinomiques pour être crédible et, surtout, une remise des compteurs à zéro des héros pourfendus par Disney and co. À ce titre, le spectateur écarquille les yeux devant l’intelligence d’une première et d’une seconde parties évitant intelligemment les écueils et devenant, par là même, captivante. L’ultime minute de l’épisode 1 est sûrement l’une des plus marquantes et risquées que l’on ait pu voir dans un feuilleton visant majoritairement le public lycéen. Quelle déception alors de voir les scénaristes ramer avec leur sujet et les acteurs (à l’image de Magne, le personnage principal, monolithique en diable) ne plus du tout croire en leur potentiel. Ce n’est donc pas aujourd’hui que l’on va remplacer Chris Hemsworth dans le rôle de Thor… À moins qu’une saison 2 viennent rehausser le niveau ? Ce serait assez simple, finalement…


Ragnarök d’Adam Price. Disponible sur Netflix depuis le 31 janvier 2020.