Où est le punk français ? Trois groupes à découvrir d’urgence !

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Si la conquête du punk commence en Angleterre dans les années 1970, le mouvement à quatre lettres n’attend même pas la fin de la décennie pour traverser la Manche. Amarrée en France, c’est sur la scène punk que défilent les hymnes de Plastic Bertrand et de La Souris Déglinguée puis une panoplie de bandes telles que Bérurier Noir, Les Wampas, Mano Negra, Les Négresses Vertes, Warum Joe ou encore Les Sheriff. Certains ont abandonné la crête mais sillonnent toujours les salles de concerts, tandis que dans les nervures du punk germent de nouvelles têtes. Parmi elles, Structures, Rendez-Vous et The Psychotic Monks nous ont tapé aux tympans avec leur réhabilitation habile du post-punk. Ces trois-là ont tout compris aux mélanges tièdes entre lignes de basse langoureuses et riffs en ébullition, s’imposant dans le paysage musical de l’Hexagone pour le meilleur et pour le punk.

crédits : Titouan Massé pour Structures • Richard Bellia pour Rendez-Vous • Bénédicte Dacquin pour The Psychotic Monks


STRUCTURES 

La bande d’Amiens est entrée en éruption sur la scène actuelle avec Long Life, un premier EP paru en 2018, dont l’urgence des riffs permet à l’intensité d’une rage trop contenue d’exploser. En pleine tempête, les gars emploient mille mélodies pour s’extirper d’un courroux fébrile et réparer les coeurs meurtris à vif, parcourant le rythme soutenu d’une « Long Life » ou de « Dancers » jusqu’à l’épuisement. Au cours de sa quête, Structures agit par instinct et par errance. Le groupe longe des ballades au bord de la nervosité comme « Pyramids » et « Arabian Knights Club », mais ne se refuse jamais une promenade solitaire dans le tourbillon d’« Embassy ». Ceci dit, c’est avec les coups de pioche terribles de « Satellite », dont on ne se lasse toujours pas, que les musiciens bien énervés gravissent des sommets. Structures bouffe du punk dans toute sa splendeur, et parvient à en extraire l’énergie contagieuse qu’on demande et redemande sans cesse ! 

P.S. : leur prochain single est prévu pour le 17 avril, il s’appelle « Sorry, I Know It’s Late But… » et on l’aime déjà (vraiment) beaucoup. Affaire à suivre !

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RENDEZ-VOUS

Impossible de le manquer. La fine fleur du post-punk français s’appelle Rendez-Vous comme son premier EP, qui, dès 2014, révélait la ténacité infaillible de ces parisiens. Avec une voix tout droit sorti des cordes de Ian Curtis, des riffs languissants à souhait, et un rythme maîtrisé par un programme et une basse, Rendez-Vous nous renvoie à des mélodies bien connues, en témoigne leur titre « The Others ». Mais pas question de s’attarder sur un terrain connu. Les gars fabriquent leur propre navire et présentent désormais un répertoire qui recèle de morceaux hybrides, tels que « Donna », produit dans un électro moderne. Lorsque Distance, leur second EP, émerge de la brume, les morceaux s’avèrent sacrément solides et résolument plus sombres. « Distance » et « Foreseen Death » annoncent la noirceur dans laquelle s’engouffre le groupe pour donner naissance à leur premier album. Superior State voit le jour en 2018 sous les bribes d’un rock puissant et d’un post-punk explosif que Rendez-Vous n’abandonnerait pour rien au monde, et il a bien raison ! 

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THE PSYCHOTIC MONKS

Triomphe de riffs rugueux, Silence Slowly and Madly Shines, le premier album crépitant des Psychotic Monks, nous a littéralement explosé au visage lors de sa sortie en 2017. De l’effervescent « It’s Gone » au grésillant « The Bad and the City Solution » en passant par l’éclatante punk song « Wanna Be Damned », l’opus assailli par des étincelles grunge carbure à l’essence punk/rock. Pendant que des intermèdes instrumentaux hissent une atmosphère brumeuse et menaçante, la bande originaire de Saint-Ouen s’enfonce dans des morceaux traînants et ténébreux tels que « Sink » et « When I Feel », rappelant brièvement certains titres du Fragile de Nine Inch Nails. Une seule et première écoute de cet album aura suffit à nous conquérir – dès qu’elle s’est terminée, on a relancé la galette. En revanche, l’aventure auditive du second opus ne nous a pas autant ébranlé. Paru l’année dernière et loin d’être insipide, Private Meaning First contient tout de même quelques pépites comme « Confusions ». Bien qu’il faille attendre encore un peu, tout ce qu’on espère désormais, c’est prendre une dose d’énergie en live avec eux !

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