Somerset Drift

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L’Enfer est pavé de bonnes intentions ; mais quand il se déchaîne sous les coups rugueux et épais du rock abrasif d’October Drift, il revêt un pouvoir d’attraction contre lequel il est inutile d’essayer de fuir. Certainement la claque de ce début d’année, qui laisse sur nos oreilles une empreinte indélébile. Le pire, dans tout ça ? C’est qu’on y prend méchamment goût !

crédit : Ania Shrimpton Photography

Tout disque débutant par un larsen ne peut être foncièrement mauvais. Une règle d’or, pour ne pas dire une évidence ; mais dans le cas des Anglais d’October Drift, il s’agirait plus du scintillement d’une lame assassine avant les premiers coups au cœur. D’acteur, l’auditeur devient victime consentante, emporté par les sonorités âpres que charrie Forever, Whatever, premier album d’ores et déjà culte, à n’en pas douter. Au bord de la frénésie et de la possession, le groupe aime surprendre, sous de faux airs de pistes sonores calculées d’avance. Ainsi, quand tout commence à s’agiter, il est déjà trop tard ; on plonge, tête baissée. Avec une délectation coupable.

La section rythmique enflamme le paysage mélodique, toujours plus intensément, dans un incendie rock incontrôlable. Les flammes de « Cherry Red » dévastent tout sur leur passage, à commencer par notre résistance rapidement vaincue devant une telle maîtrise noise. Plus loin, « Just Got Caught » disperse une mélancolie latente qui nous arrache quelques larmes inattendues ; et bouillantes, bien évidemment. Ce paradoxe amplifie d’autant plus la radicalité de « Cinnamon Girl », aux impulsions grunge contrôlées et audacieuses, l’hymne éponyme « Forever Whatever » (qui nous hante depuis sa première écoute) et les brûlures émotionnelles d’un « The Past » nous laissant seuls, hagards et perdus, tout en sachant pertinemment qu’on risque fort de réitérer l’expérience dans la minute qui va suivre.

Un fracas d’une redoutable beauté, une merveille distordue et dont les chœurs nous saisissent par leur intensité baignée de tragédie et de colère. October Drift nous promet de belles heures de spleen et de pétages de plombs ; les deux n’étant pas forcément incompatibles…

Forever Whatever d’October Drift, sorti le 14 janvier 2020 chez Physical Education Recordings.


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