NiKiT, do you count the stars at night ?

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Preuve que la musique électronique peut être aussi dansante que structurellement savante et passionnante, Radar de NiKiT ne se contente pas de répéter loops et mélodies synthétiques ; le DJ parisien y insuffle un supplément d’âme, transformant ses compositions en véritables histoires variant de la contemplation à la dévotion complète aux dieux des constellations.

crédit : Ditty Ketting

Il n’y a aucune immobilité dans les créations de NiKiT. Aucune volonté de rester face à ses écrans et machines, de déclencher les boucles et les rythmes afin de ne donner vie qu’à des répétitions, efficaces certes mais dénuées de sensibilité. C’est bien le contraire, pour être franc : Radar scrute le ciel et boit les atmosphères que ses variations de couleurs diurnes et nocturnes lui inspirent. Il saisit au vol les messages du vent, les scintillements des astres et la chaleur d’un soleil patient et réconfortant. Dès lors, ce second disque apparaît comme une série merveilleuse de phosphorescences, d’éclairs dont la cadence n’est jamais prévisible mais dont les effets sont rapides et constants. Une électro intense et limpide.

Le scanner tourne et tourne encore, saisissant au bond les messages spatiaux qui, parfois, se dessinent. Radar concentre les signaux, les comprend puis les extrapole. Le titre éponyme, entrée en matière sous forme de déclaration d’intention, indique la direction que NiKiT suivra, bien que celle-ci soit amenée à se voir régulièrement modifiée : une partition moderne, n’omettant jamais de donner un sens à ses palpitants engrenages. « Axioms » impose à la perfection ses beats simples et efficaces quand, plus loin, « Crystal Drift » offre à la robotisation de ses motifs une respiration finale audacieuse et immédiatement magnétique. Il demeure, tout au long de l’opus, une émotion sous-jacente (« Mechanics »), une envie de sculpter les tonalités et les modulations. « Sparkle Excess » est une pluie revigorante avant que « Cathodica » ne nous hypnotise grâce à ses courants alternatifs implacables. Au moment où l’aube se lève sur « Chord Shell », nos consciences s’apaisent, la plénitude succédant à la suractivité neuronale et sensitive que nous venons de traverser.

Plonger dans Radar, suivre ses trajectoires et ses déviations, est une expérience extra-corporelle à ressentir et à partager. La brillante démonstration que les arts engendrés à l’aide de la technologie ne se mettent jamais en péril lorsqu’ils sont apprivoisés et contrôlés par la clairvoyance de l’humain.

Radar de NiKiT, sorti le 9 mars 2020 en version vinyle et le 23 mars 2020 en version numérique chez Electronic Emergencies.


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