[EN EXCLU] Dans le sillage de « La Baleine Bleue » de Miegeville

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Les vestiges du souvenir, du passé que l’on désire graver dans la mémoire affectueuse, amoureuse et collective, se marient aux couleurs musicales et visuelles du magnifique « La Baleine Bleue », duo passionné entre Miegeville et Candice Pellmont. Une offrande bouleversante tandis que nous commençons toutes et tous à retrouver, aussi difficilement soit-il, nos proches et celles et ceux dont nos existences dépendent.

Elle est ce fossile exposé aux regards des curieux, des enfants ou des adultes, des scientifiques ou des férus de culture. Dans l’inconscient collectif, la structure osseuse de « La Baleine Bleue » nous rappelle cette masse imposante accrochée au plafond d’un musée, dominant la foule et le monde de sa puissante stature. Pour Miegeville, elle se mue en une oeuvre beaucoup plus intime, en une toile encore vierge et qu’il se décide à peindre en compagnie de Candice Pellmont. Exposant ses enjeux avec finesse et intelligence, le musicien transforme le duo en vocation, avant que l’âme ne quitte le corps et que le fantôme de l’être ainsi immortalisé n’erre sur les terres infinies du monde et chante au creux de l’oreille de celles et ceux qui voudront bien l’entendre. La composition est un passage de témoin, de génération en génération. Un testament intense de l’énergie vitale, celle qui nous murmure ses secrets lorsque nous sommes enfants et qui nous porte au fur et à mesure de notre destinée.

Mais « La Baleine Bleue » est également un avertissement ; si nous ne prenons pas soin de notre espèce et du monde dans laquelle elle évolue, nous sommes immanquablement voués à l’extinction. Si nous ne racontons plus ces légendes et faits réels que nos ancêtres ont contribué à faire perdurer pour nous, autrement qu’à travers nos écrans désincarnés, tout est échec. Au contraire, Miegeville démontre que chaque action se passe ici et maintenant ; et résonnera continuellement dans l’espace et l’univers infinis et précieux de l’humanité. En axant son propos sur la conservation naturelle d’un organisme en voie de disparation, il nous alerte sur l’égarement de l’esprit, des sensations et des sensibilités au mépris de notre essence même. Un plaidoyer auquel on se raccroche quand le sol se dérobe sous nos pieds, et qui pourrait bel et bien changer à jamais notre vision solitaire et isolée de la réalité. Voire, par un heureux hasard qui n’en est pas vraiment un, nous ouvrir aux autres et à leurs bienfaits.


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