[EN EXCLU] « Désobéissance onirique » de Mathieu Crouzet : fantaisie prolétaire

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Métro, boulot, fardeau ; l’ennui qui se dégage des premiers instants de « Désobéissance onirique » a l’apparence âpre et terriblement réaliste de journées de bureau répétitives et sans saveur. Pourtant, l’invitation de Mathieu Crouzet à une forme de révolte passive mais aussi amusante que jouissive a tout du remède idéal au burn out annoncé. Démonstration en trois minutes.

Tout doit être organisé, ordonné. Il faut se préparer à la masse de tâches à accomplir en sept ou huit heures de travail effectif, les fesses collées au siège, les yeux rivés à l’écran. D’une tristesse confondante et abyssale. On aligne ses outils, on se réfugie dans des habitudes complètement désincarnées. Mais la musique et les paroles de Mathieu Crouzet vont, en quelques précieux instants, inverser la tendance, et de fort belle manière. Ode à la nonchalance et à la flemme bien méritées, « Désobéissance onirique » insuffle une forme révolutionnaire et revendicatrice de laisser-aller sans avoir besoin de lever le poing. La légèreté mélodique finit par démonter, une à une, les règles sans saveur du labeur normalisé.

La poésie s’invite sans crier gare, perturbe la passivité grâce aux traits animés de perturbateurs que l’on accueille avec un grand sourire aux lèvres. Tant et si bien qu’on en vient rapidement à fantasmer la réalité de la scène dans nos open spaces aux allures de cellules à la Big Brother ou à la Brazil. Mathieu Crouzet ne va pas jusqu’à nous réconcilier avec l’ouvrage professionnel ; mais il met assez de piment doux et fort dans son déroulement pour chasser de nos esprits une pénibilité qui, sans lui, pourrait aisément être fatale.


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