MaMA festival : l’émergence française envahit le Bd Rochechouart

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Des découvertes, des confirmations, des dizaines d’aller-retours entre Le Trianon et La Cigale, on vous fait le récit de 3 jours au MaMA festival.

Chaque année, au milieu du mois d’octobre, un drôle de ballet prend place à Paris. Entre Le Trianon et Le Moulin Rouge, des centaines de personnes déambulent. Ornés d’un pass autour du coup, ils arpentent le boulevard Rochechouart à longueur de journée, avant de se rassembler le soir dans les salles de concerts du quartier. Cette année, nous nous sommes glissés au milieu de cette chorégraphie pour prendre le pouls de l’émergence française des musiques actuelles françaises à la sortie de la crise sanitaire. Récit de 3 jours intenses de MaMA festival.

Après une bonne journée de rendez-vous et de conférences sur différents thèmes (« Défendre le pop-rock en France, le rôle des médias », disponible en ligne), il était temps vers 19h de rejoindre La Cigale. LAAKE, à l’album « Orchestraa » chaleureusement accueilli en 2020, ouvrait le festival. Il n’y a pas de meilleur écrin que cette salle, ses balcons, son show de lumières sophistiqué pour mettre en valeur le spectacle offert par le pianiste. Dans son style néo-classique à la Nils Frahm teinté d’électro, et accompagnés par des musiciens sur scène aux cuivres et aux cordes, le musicien a subjugué toute l’assemblée.

Après une petite pause, il était temps de rejoindre l’historique salle des 3 baudets. Il est difficile de poser un adjectif sur la musique et les chansons de TERRIER, et c’est peut-être pour ça qu’on l’aime tant. Quelque part entre le rap, le rock, le slam et le post-punk, ses chansons transmettent avant tout des émotions puissantes. On l’avait découvert sur une grande scène de festivals en pleine journée à Grenoble. L’atmosphère intimiste de cette fois-ci nous a permis une nouvelle découverte de sa prestation.

Le lendemain, c’est à la machine du moulin rouge que nous avons rendez-vous. Lulu Van Trapp a pour mission de réveiller tout le monde de son apathie post-conférence avec sa pop virevoltante. Les parisien ont bien vite rempli leur objectif, avec 45 min de groove, énergie rock et bonne humeur. Leur concert se clôture sur un bain de foule pour la chanteuse, partie faire le show sur les escaliers en face de la scène. Le public, déjà bien connaisseur des chansons du groupe est ravi.
Il est tôt dans la soirée, mais la salle est déjà bien remplie. Les fans de rock se sont données rendez-vous ici ce soir.

Quelques heures plus tard, retour devant la même scène. Les gens ont tous convergé vers la même salle pour le concert de Structure, l’un des plus attendus du week-end. Le quatuor d’Amiens a gardé l’aura d’un groupe mémorable en live, même pendant toutes cette période de pause, crise sanitaire oblige. Pourtant, avec un EP et deux singles sortis, le phénomène aurait pu s’essouffler. Loin d’être le cas, les prestations de Structures marquent durablement, et laissent les spectateurs emportés par la rough wave, leur marque de fabrique entre le punk rock et la cold wave. Ce soir-là ne fait pas exception. Le groupe déroule une setlist déjà connue par cœur par les fans les plus investis et rallume une énergie collective brûlante encore trop peu constatée dans les concerts depuis la rentrée. On aura pris un plaisir fou à renouer avec ces sensations du live d’exception.