« Fire » : MADAM enflamme les déserts urbains

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L’essence cataclysmique d’une colère grondant sous l’acier et le caoutchouc. La présence possédée de trois musiciennes dédiant leurs âmes et leurs veines emplies de lave à un genre parfaitement maîtrisé et libre. La corrosion instrumentale et vocale de « Fire » déclenche les éruptions sensorielles ultimes de chaque être humain se retrouvant piégé sous ses pluies acides et ses corps dévorants.

Un décor crasseux, à la limite de l’industrie explosée et annihilée par le modernisme virtuel. Tout est question de messages sur « Fire », qu’ils soient écrits en lettres nerveuses le long des coutures de vêtements trop immaculés pour ne pas demander à être salis, ou apparaissent rageusement et furtivement dans le cadre d’une caméra frénétique et en ébullition. Cependant, MADAM ne sombre à aucun moment dans le no future, dans la rébellion facile et exagérée. Au fil de la captation, la rage est latente, patientant dans les architectures moribondes et la gomme usés des pneus.

De carcasses vides en trop-plein d’énergie humaine, le rock affirmé et fédérateur du trio toulousain donne vie à l’inanimé. Tandis que les décibels grondent et remplacent, comme un exutoire sacerdotal, les grondements des moteurs et des chaudières, le spectateur sent les relents familiers et oubliés de la sueur et de l’incendie, les creux et bosses du sol en jachère où son énergie va, en compagnie du trio, ravager toutes les faiblesses et soumissions. Une sauvagerie urbaine et tertiaire dont on se délecte à l’infini.


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