Léo Lalanne fait son cinéma

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Pépite de la pop française aux mots justes, Léo Lalanne a sorti son premier EP Allen au printemps dernier (lire notre chronique). Avec son titre hommage à Ginsberg, le disque caresse la Beat Generation et brosse, morceau par morceau, le portrait d’un jeune homme en proie au doute. Convaincu que seule la poésie est un remède à l’existence fébrile, Léo traque paroles et images en veillant à l’esthétique. Il dévoile trois films qui l’inspirent (très) fort.

crédits : Christophe Ideal

Les Ailes du Désir

de Wim Wenders. Avec Bruno Ganz, Otto Sander et Solveig Dommartin. (Allemagne, 1987)

Léo Lalanne : Les Ailes du Désir est un chef d’œuvre d’une poésie inouïe, le réalisateur allemand nous plonge aux côtés de deux anges, survolant le ciel berlinois. Le reflet d’une époque, d’un mal-être, à travers le cœur d’un être qui n’est que compassion face à ces hommes parfois pétris de tristesse et mélancolie. « Why am I here, and why not there? », ou encore « Time will heal everything; but what if time is the illness? » sont des répliques d’une justesse rare, qui font de ce film un testament humaniste bouleversant. Nick Cave y fait une apparition lors d’un concert, une raison de plus pour ne pas passer à côté. 


L’Enfer

de Henri-Georges Clouzot. Avec Romy Schneider et Serge Reggiani. (France, film inachevé. En savoir plus ici)

Certainement ma plus grande référence esthétique, L’Enfer propose des tableaux expérimentaux hors du temps où l’image est reine. Partiellement tourné en 1964, ce film reflète le désir perpétuel d’innovation, de recherche que Clouzot nourrissait au travers de ses œuvres. Il joue de l’image, comme on jouerait des paroles, à coups de reflets, de couleurs et d’illusions visuelles. Nous y faisons d’ailleurs référence dans le clip d’Allen, réalisé par Christophe Ideal, L’Enfer était aux côtés du photographe Thomas Ruff, l’une de nos inspirations principales.


Le Sang d’un Poète

de Jean Cocteau. Avec Enrique Rivero et Elizabeth Lee Miller. (France, 1930)

Jean Cocteau est une icône à mes yeux, au même titre qu’Allen Ginsberg. L’ensemble de son travail est une source d’inspiration perpétuelle, il m’a nourrit, il m’a donné goût aux mots et à l’image. Il me colle à la peau, jusqu’à mes tatouages, deux de ses dessins. Choisir un de ses films est une tâche extrêmement difficile, il y a OrphéeLa Belle et la Bête et bien d’autres. Le Sang d’un Poète est une œuvre libre, l’histoire d’une statue douée de vie. On y retrouve une poésie plastique, une façon unique de faire du cinéma, de bousculer les médiums d’expression souvent rigides. J’admire son audace, son avant-garde, qui font de lui un artiste intemporel. 


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