Last Call Weekend : notre sélection hebdo de clips à savourer sans modération

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Luciole : « Je ne chante pas »

Le blocage, par angoisse, par maladie, par mutisme imposé. La voix, prête à se faire entendre mais qu’une barrière invisible bloque au fond de la gorge. Le cri doit se taire, les mélodies ne peuvent plus être portées par le souffle de l’artiste. « Je ne chante pas » : la page blanche du timbre vocal. L’inertie d’un exutoire condamné à l’indicible. La description parfaite de Luciole, les symptômes et peurs du désespoir de ne plus pouvoir user de l’essentiel, se délient dans chaque strophe, chaque vers. Une expérience vécue de l’intérieur : inspiration et expiration coupées, poids dans la poitrine, poumons saisis par les causes d’une clameur transformée en murmure. Incapable de jouir de son don, Luciole se sent enfermée, prisonnière d’une pièce minuscule et obscure qui ne lui ressemble pas. Elle se débat, laisse s’exprimer ses mains, ses mouvements. Cherche une solution pour combler le manque. Sa dévotion, son énergie sont admirables et effrayants ; car les raisons d’un tel état sont multiples, de la solitude aux contraintes quotidiennes, de la crainte de ne plus parvenir à écrire et dire à la perte d’un proche ou de l’amour. Étonnamment, ce soir, Luciole chante ; ou, du moins, introduit une nouvelle ampleur à sa formidable narration des tourments humains, des sensations et émotions les plus naturelles et extériorisées, malgré les murs de l’aphasie. Pour vous, elle affronte le silence et l’isolement sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Das Mörtal : « It Comes »

La mise en situation, légende contée avant les conséquences qu’elle va imposer dans le présent, est précise et implacable. De la sorcellerie au pouvoir de la soumission par l’extase et du rejet, « It Comes » se joue des faiblesses et des failles afin de posséder non seulement les protagonistes de son histoire, mais également celles et ceux qui la regardent sans pouvoir en détacher les yeux ne serait-ce qu’une seule seconde. La vocation de la musique teintée de mystère et d’ombre de Das Mörtal amplifie d’autant plus ce sentiment d’injustice et de manipulation, ainsi qu’un redoutable désir de vengeance et de protection sororale. La mise en scène, détaillée et implacable, nous immerge dans une atmosphère palpitante de série B, de même qu’au fil des bandes expérimentales dont la renaissance actuelle nous a récemment offert quelques oeuvres réellement marquantes (il suffit de voir les troublants et magnifiques Starry Eyes de Kevin Kölsch et Dennis Widmyer (2014), The Eyes of my Mother de Nicolas Pesce (2016) ou Bliss de Joe Begos (2019) pour s’en convaincre). L’angoisse progresse au même rythme qu’une inéluctable lumière rouge occupant tout l’espace, menace surnaturelle et sanguine d’une malédiction annoncée. La tentation sexuelle égoïste et la perte de la virginité ne peuvent demeurer impunis. De sortilèges en horreur frontale, « It Comes » ne nous épargne pas mais excite tous nos sens, mobilisant aussi bien notre intellect que nos sensations les plus refoulées. Un spectacle fantastique n’oubliant à aucun moment d’ancrer son propos au coeur de l’humain et de ce qui le motive ; même les fantasmes les plus inavouables face à l’injustice. Les incantations de Das Mörtal (notamment celles de son sublime nouvel album, Miami Beach Witches, sorti le 30 octobre dernier chez Lisbon Lux Records) sont à réciter en sa compagnie sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Deleo : « Going Home »

Les jouets ont-ils une âme ? Sont-ils les vecteurs d’émotions uniques que les enfants transmettent via les histoires inventées grâce à eux ? Partant du périple d’un robot cherchant à retrouver sa demeure et ceux qui l’attendent, « Going Home » nous interroge sur notre propre désir d’exister, soit dans des lieux imprégnés de nos énergies, soit auprès d’êtres et d’objets qui nous façonnent et nous définissent tels que nous sommes réellement. Il suffit d’un manque en apparence anodin pour que tout bascule, que la vie ne suive pas le cours qui lui est destiné. Il suffit d’une main que l’on ne trouve pas dans l’obscurité, d’un regard que l’on nous ne rend pas, pour sombrer dans les méandres d’une existence ne nous appartenant plus. Et, plus que tout, il suffit de ne plus être curieux pour nous égarer et laisser passer les émerveillements de nos journées éphémères. Deleo a su parfaitement illustrer son clip par la puissance douce et réconfortante d’une musique variant les atmosphères, de la pop au folk en passant par des instants quasiment silencieux, des accords lents et essentiels à l’interrogation que suscite, dans nos esprits, une scène en particulier ; mais qui ne sera jamais la même pour chaque individu. Enfin, un visage, un sourire. Des retrouvailles sobres et émouvantes, n’ayant besoin d’aucune exagération scénaristique ou picturale. Home is where the heart is ; un proverbe qui, grâce à Deleo, prend réellement tout son sens. Les charmes discrets de Deleo vous attendent sur leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Scott Garred : « Dementia/Blue »

Musicothérapeute depuis maintenant plus de quinze ans, Scott Garred a travaillé dans de nombreuses institutions psychiatriques, des hôpitaux ou encore des prisons. Son sujet de prédilection : savoir ce qu’il se passe dans le cerveau de personnes soumises à la maladie neurologique, à la folie ou à toute forme d’addiction. De rencontres en expériences personnelles, le songwriter s’apprête à sortir la synthèse musicale de ses recherches, Scott Songs Vol.II, le 20 novembre prochain. En préambule, « Dementia/Blue » est un poignant témoignage du soulagement de la souffrance et de la solitude que les maux infligent à leurs victimes. Une motivation cérébrale et humaine dépassant la douleur, l’oubli et les troubles psychiques. Pour Scott Garred, la plus grande guérison se situe dans la possibilité de renouer avec son imagination et ses souvenirs, grâce à l’art. D’électriser les connexions neuronales afin de fair renaître le plaisir, même temporaire, d’une promenade, d’une enfance heureuse, d’une baignade. « Dementia/Blue » se focalise autant sur les symptômes que sur les remèdes : l’isolement devient peu à peu choral, entraînant les réminiscences existentielles propres à soulager tous ces patients malheureusement livrés à eux-mêmes. Une oeuvre poignante, un parcours de vie que beaucoup n’auraient pas le courage d’emprunter. Scott Garred porte en lui l’espoir unique et éblouissant d’un miracle entrant enfin dans le domaine du réel. Découvrez tous ses engagements sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Venus VNR : « Le Frunkp [COVER ALPHONSE BROWN] »

Limite, on se demande pourquoi cette rencontre n’a pas eu lieu plus tôt. Imaginez : les doux dingues de Venus VNR s’attaquant au mythe Alphonse Brown et à son « Frunkp », merveille de second degré déjanté ayant fait le bonheur des clubs et autres soirées où l’alcool permettait aux participants de considérer cette chanson comme un hymne, voire une oeuvre d’art. Et il faut bien avouer que la version originale était une réussite à laquelle il était dangereux de se frotter. Mais Venus VNR, en plus de respecter cette dernière, la fait sienne dans une folie mélodique leur convenant à la perfection. Et en profite également pour la dépoussiérer un grand coup ; car ce « Frunkp » version 2020 revêt une fougue et une électricité manquant cruellement au délire du sieur Youn. Dans un décor artisanal laissé à l’abandon, Venus VNR dynamise ce qui était, quelques secondes auparavant, totalement inerte, tout en usant des codes esthétiques et visuels du funk contemporain, gros plans aux fisheye en tête. Devant une telle débauche contrôlée, il nous faut purement et simplement admettre que l’addiction à ce nouveau cru est totale et se propage comme une traînée de poudre. On ose même parier que la cover pourrait mettre le feu aux planches de façon encore plus radicale que les excès d’Alphonse. Pour rejoindre les crises de nerf extatiques de Venus VNR, rendez-vous dès maintenant sur leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Magon : « Aerodynamic »

« Aerodynamic » invite la différence à trouver un refuge auprès d’êtres suprêmes ravis de l’accueillir. Dans une ambiance 70’s sauvage et libérée, le nouveau clip de Magon nous met face avec une créature humanoïde solitaire que le musicien et ses partenaires convient à les rejoindre et à transcender sa condition sur notre planète. Un vent psychédélique souffle sur ces instants particuliers et ensoleillés d’un culte voué à l’acceptation de soi et à la naissance des vocations. Le voyage initiatique se transforme rapidement en transe rock permettant à notre héros de découvrir en lui-même des capacités physiques et psychiques qu’il ne soupçonnait pas, porté par les conseils de sa muse et par la dévotion qu’il ne cesse de ressentir à son égard. Les préceptes mélodiques et vocaux de Magon explosent les faux-semblants et autres oppositions mentales que la laideur et la dissemblance font éprouver à une grande majorité d’entre nous, pour devenir l’extase ultime d’un chemin corporel et sensoriel dont les effets se feront éternellement ressentir. Le long d’un dernier solo de guitare tétanisant de pureté et de génie, « Aerodynamic » accélère le mouvement et l’action, les rendant alors impossibles à contredire. Une force d’évocation et d’invocation que l’on retrouvera sur le nouvel album du musicien, Hour After Hour, dont la sortie est prévue le 29 janvier 2021. En attendant, les mantras harmoniques de Magon sont à réciter en sa compagnie sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


CocoRosie : « GO AWAY!« 

L’élection présidentielle biélorusse d’août 2020 est au coeur du nouveau clip de CocoRosie, plaidoyer à la fois visuellement violent et musicalement affirmé pour mieux exposer au grand jour la manipulation des masses et des médias sous une dictature ne voulant jamais se révéler comme telle. Après la mobilisation d’une grande partie de la population, bien décidée à dénoncer un vote truqué en battant le pavé et en s’opposant à la corruption ambiante, le symbole porté par tous ces révoltés a inspiré ce puissant hymne au soulèvement, poésie esthétique de la souffrance, de la solitude et d’une guerre sous-jacente lancée entre oppresseurs et victimes. La résonance de « GO AWAY! » devient dès lors mondiale, qu’elle se heurte de plein fouet au corps de garde extrêmiste d’un certain futur-ex chef d’État américain ou, plus proche de nous, dans le récent conflit politique mettant en péril les habitants d’un pays dont tout le monde semble totalement se moquer. Le court-métrage, porté par son langage universel, joue des peurs d’êtres résignés afin de déclencher en eux l’étincelle d’un éveil, dévotion totale à un sacrifice de la pensée unique pour les générations futures. Les figures que nous regardons nous saisissent, fantômes et morts-vivants auxquels toute conscience et tout libre-arbitre ont été ôtés. « GO AWAY! » est un mal nécessaire dont le cri et le malaise s’impriment éternellement dans nos esprits et nous appellent à rejoindre un mouvement constamment en péril. « The time has come to burn the page of the bloody history ». Pour en savoir davantage sur les intentions profondes et exemplaires de CocoRosie, rendez-vous dès maintenant sur leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Fixtures : « The Great Tequila Flood of 2000-2018 »

On est en droit de se demander combien de milliers de litres de Tequila se sont abattus sur les terres de Fixtures durant ces dix-huit années de catastrophe tout sauf naturelle, au regard d’un nouveau clip plongeant le groupe dans une énergie organique mettant en fonction aussi bien leurs capacités cérébrales et artistiques que leurs instruments eux-mêmes. « The Great Tequila Flood of 2000-2018 » a des parfums d’inondation programmée, à travers une pop savoureuse et éthylique que l’on aime consommer sans aucune modération. À l’état sauvage et uniquement perturbé par la présence d’une tempête en devenir, cataclysme divin ou écologique (on ne le saura jamais vraiment, et c’est tant mieux), Fixtures déroule son ultime poème au genre humain, son conte à dormir debout arrosé d’alcool fort et dont les effets sont étonnamment agréables. Une légèreté que l’on n’aurait pu soupçonner en lisant le titre de la chanson, nous attendant alors à un monument d’ironie et de second degré qui n’aura pourtant jamais lieu. Au contraire, la musique que nous savourons pendant un peu plus de six minutes, ainsi que sa représentation champêtre, ont toutes les qualités requises pour profiter pleinement des instants offerts par l’apocalypse liquide énoncée plus haut. N’hésitez surtout pas à écouter l’histoire narrée par Fixtures, en attendant leur nouvel EP, Weak Automatic, prévu pour le 4 décembre prochain. Pour patienter, resservez-vous un verre en leur compagnie sur leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Andréel : « Les gens qui chantent »

La nonchalance absurde du nouveau clip d’Andréel a ceci de particulier que l’on ne ressent jamais un rire déplacé prenant la place d’une admiration totale pour les risques visuels que l’artiste a su intelligemment aborder afin d’illustrer son léger et délicat « Les gens qui chantent ». Des scènes d’un quotidien somme toute classique, mais rapidement dépouillées de leur banalité pour en faire des micro-événements uniques en leur genre, des actes colorés et délirants s’ancrant à la perfection dans le timbre et l’écrin musical du compositeur et chanteur. C’est bien simple : s’il nous était permis de traverser l’écran et de rejoindre les anti-héros qu’il projette, nous le ferions sans aucune hésitation, de la ménagère trompée façon vaudeville aux deux touristes prenant des selfies sur leur barque, encombrées par une bouée rose géante donnant tout le piquant nécessaire au décalage du moment. Tout ce joli petit monde va rapidement voir sa quiétude chamboulée par l’amour sirupeux que leur susurre doucement Andréel, le confort d’une vie rangée devenant la source d’une perte totale de raison jouissive en diable. En chaque personne sifflotant ou fredonnant gaiement sommeille un psychopathe en puissance ; mais qui cache admirablement bien son jeu, surtout lorsque ce dernier est dissimulé d’une aussi belle et innocente façon. L’hygiène de vie parfaite d’Andréel vous livre ses secrets sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


KLON : « West »

La musique de KLON est un exemple capital de folie douce et contagieuse, de calme et de tempête entrelacés dans une passion fusionnelle à laquelle rien ni personne ne peut s’opposer. À ce titre, « West » est un souvenir mental d’une beauté mélodique et esthétique totale, invitant le spectateur à comprendre et analyser, avant d’en sentir les effets à l’intérieur de lui-même, l’état dans lequel nous retrouvons les musiciens, la sueur perlant de leurs fronts et les visages couverts de paillettes. À cet instant, tout bascule et nous replongeons dans l’extase d’une fête extraterrestre impossible à interrompre. Prenant conscience de la chance unique qu’ils ont entre les mains, KLON nous incite à savourer encore plus que de coutume cette action nimbée de lumières éclatantes et d’ombres protectrices, d’embrasser ces visages maquillés et étincelants, le long de merveilleux ralentis chorégraphiques. La tentation augmente au fur et à mesure de la progression de « West », de la suggestion intime et intense que l’on ne peut refuser. Une poésie onirique pop et new wave qui, à l’intersection de la réalité et du rêve, revêt les apparences éclatantes d’un baptême, d’une renaissance. Cette scène, imprévisible et d’une profondeur inégalable, nous saisit sans crier gare, expliquant les élévations corporelles et spirituelles auxquelles nous venont d’assister. Ainsi grâciés et porteurs d’un message nouveau et paisible, KLON s’éveille et prend la route dans un final nous rappelant les courts-métrages évanescents de Pink Floyd et les incomparables oeuvres visuelles du regretté Storm Thorgerson. Ce qui place le groupe parmi les figures à suivre dans les mois et les années à venir, sans conteste possible. Pour tout savoir sur eux, rendez-vous sur leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Hermon Mehari : « A Conversation With My Uncle/Eritrea ft. Peter Schlamb »

Il est des témoignages qui vous marquent à vie, vous saisissent sans crier gare pour rester ancrés dans vos souvenirs et votre expérience. La conversation d’Hermon Mehari avec son oncle, chacun répondant à l’autre soit par la voix, soit par le son de la trompette, cherchant ainsi une adéquation familiale et filiale entière et saine, est bouleversante de vérité et d’intimité. Racontant la souffrance que le père d’Hermon a endurée afin de pouvoir fuir ses terres érythréennes, l’oncle transmet un patrimoine oral que son neveu reprend grâce aux mélodies de son instrument. Cette source originelle de culture et de narration sera la racine immuable de la seconde partie de la vidéo, « Eritrea », conte magnifique et communicatif de l’art permettant d’emplir le drame d’une imprévisible joie. Face à cette famille dansant devant nous, tandis que les paysages d’Erythrée défilent et s’étendent à perte de vue, nous ne pouvons que nous incliner devant le respect total qu’Hermon Mehari insuffle à ce diptyque inspiré et testamentaire, le vibraphone de Peter Schlamb amplifiant les effets intimes des confidences d’un musicien sachant qu’il doit tout à ce que ses prédécesseurs ont accompli, contre l’adversité et la résignation. Figure libre et passionnante d’une jeunesse sensibilisée aux conflits raciaux quotidiens, Hermon Mehari diffuse subtilement son message fédérateur, notamment grâce au formidable A Change For The Dreamlike sorti le 13 novembre. Vous pouvez dès maintenant rejoindre la voie qu’il trace pour nous tous via sa page INSTAGRAM.


INGRINA : « Jailers (live) »

Vestiges d’une tempête que personne ne pourra oublier. Restes consumés de prisons de chair qui, on l’espère, ne seront plus que de lointains souvenirs. Pourtant, les geôliers veillent. L’orage gronde toujours, emplit l’air qu’INGRINA s’emploie à purifier au moyen d’une électricité statique empêchant la foudre de tomber à nouveau. Les mouvements élémentaires, les particules fines et vicieuses de l’isolement nous guettent, flottent autour des musiciens, les menacent sans jamais les ménager. « Jailers » est un torrent de révolte, un cri ultime avant le coup de grâce. L’impatience rageuse face à la passivité d’un monde en équilibre instable, où la nuit ne cesse de prendre ses aises et d’affirmer son autorité. Les projections lumineuses sont aussi rassurantes que prédatrices, les fulgurances instrumentales ont l’énergie d’un désespoir quasiment mortifère. Même le chant se fait parfois discret, se murmure pour ne pas éveiller la bête, qu’il finit cependant par invoquer. « Jailers » chronique la destruction des idéaux et la victoire de l’aliénation des corps et des esprits, tandis que nous prenons enfin conscience de notre déchéance, de même que du rôle que nous y jouons. Les dix minutes de performance inoubliable d’INGRINA marque au fer rouge nos esprits blessés et déliquescents, tentant à perdre haleine de faire renaître nos mouvements émotionnels et intellectuels. Une tragédie lente et inexorable prenant rapidement l’allure d’un tsunami libérateur. Avant la sortie du très attendu Siste Lys le 27 novembre prochain, les constats et révolutions d’INGRINA sont à retrouver sur leur pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


November Ultra : « Soft & Tender »

Tout est douceur sur ce poignant et caressant « Soft & Tender » : la puissance des émotions, les gestes de tendresse et d’affection, les matières visuelles que l’on sent même sous nos doigts et sur notre peau. Entourée d’éléments de voyance, November Ultra ne conçoit pas un avenir se lisant dans les cartes ou les cristaux ; elle laisse parler son coeur, son attirance et son désir pour l’être aimé, sans que le destin ou le sort ne viennent s’interposer. La délicatesse instrumentale et vocale du titre en fait un écrin de velours pour la réalisation sensitive d’Élisa Baudouin. Le charme rêveur de cette ballade que rien ne peut troubler, ses idées esthétiques toutes plus admirables les unes que les autres, ainsi que l’étreinte qu’elle délivre contre nos corps enfin rassurés offrent une multitudes de visions oniriques, de songes devenus réalité le temps de quelques arpèges et échanges choraux. Une atmosphère chaude et cotonneuse, bientôt mue en une fulgurante illumination solaire lors de ses derniers instants, quand le chant espagnol transperce les quelques nuages encore présents et métamorphose November Ultra en diva éblouissante, reine d’instants éternels demeurant aussi bénéfiques qu’un baume apaisant sur nos meurtrissures affectives. Tout comme elle, nous ne serons jamais plus seuls. November Ultra vous tend les bras sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Great Mountain Fire : « The Way »

« The Way » parvient à davantage brouiller les pistes que nous sommes en droit d’attendre de la part de Great Mountain Fire, une semaine avant la sortie de Movements. Ni pop, ni soul, ce nouveau titre s’amuse à distiller des ambiances sucrées et ensoleillées, portées par la limpidité d’un chant nous montrer la voie nécessaire afin de sortir de nos torpeurs quotidiennes et de saisir cette indicible chance de prendre la route vers un ailleurs encore inconnu. Les arrangements se multiplient comme les décors que nous parcourons en compagnie du groupe bruxellois, dans des mélodies de synthés vintage savoureuses ou des basses et rythmiques traçant l’itinéraire que nous allons pouvoir suivre sans réfléchir. Une ode au plaisir des sens et aux mouvements corporels, un sourire audacieux et bénéfique que l’on sent prendre racine sur nos visages et dans nos coeurs. « The Way », le passage rédempteur de l’ombre à la lumière, nous assiste dans notre reconnaissance d’une issue existentielle auparavant insoupçonnable. Une innocence tout sauf simple, car ancrée dans la réalité d’instrumentations savantes et dont les merveilles ne nous lassent à aucun moment. Il nous tarde de découvrir le long format de Great Mountain Fire le 20 novembre prochain ; d’ici là, suivez les guides spirituels sur leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


The Smoking Pistols : « A322 »

Tandis que la nuit charrie son lot de mouvements, de véhicules et d’individus noyés dans une masse indistincte, « A322 » nous guide à travers les travées d’une cité certes en pleine effervescence, mais dont les anonymats humains s’y croisant ont quelque chose de mélancolique et de désincarné. Heureusement, The Smoking Pistols arme son rock d’une identité où chacune et chacun d’entre nous pourra puiser sa propre reconnaissance, visage accueillant et soniquement irréfutable au creux de l’obscurité environnante. Interprétant son titre dans l’ambiance de couleurs chaudes et presque suffocantes, le groupe regarde les âmes s’égarer dans les rues impersonnelles puis s’installe, même en esprit, au centre de cette ville certainement pas préparée à ce qui l’attend. La folie imprégnant « A322 » se lie bientôt à un caractère sensuel dissimulé derrière sa prison de verre, produit de consommation ne méritant en aucun cas d’être considérée comme telle. Déclaration inflammable d’une affection bien particulière, l’hymne charnel de The Smoking Pistols fait voler la vitre en éclats et surveille de très près les nombreux prédateurs à même de désincarner leur potentielle victime. La sauvagerie instrumentale et vocale maîtrisée de nos interprètes déploie un réconfort inattendu pour celle qui, en secret, devient l’objet d’un désir profond et respectueux. Le chasseur, ainsi mis en fuite, peut rapidement devenir la proie d’une incontrôlable colère. Une question d’honneur sur laquelle il ne faut surtout pas titiller ceux par qui la libération physique et psychique arrive. Forts d’un EP éponyme sorti le 10 novembre dernier, The Smoking Pistols n’ont pas fini d’asséner leurs projectiles à la face d’un monde pris par surprise, pour le meilleur. Tout ce qu’il convient de savoir sur eux est disponible sur leur page FACEBOOK.