Last Call Weekend : notre sélection hebdo de clips à savourer sans modération

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Martin Kohlstedt : « JUL (live in a corridor) »

Il suffit d’un plan pour nous plonger dans les mélodies progressives et possessives de Martin Kohlstedt. Le cadre lui-même, ce corridor dont on ne voit pas l’issue, paraît en mouvement, s’étirant au fil de l’interprétation, du thème originel à ses variations vers les aigus puis ses retours et échanges continuels le long du clavier. L’art du compositeur et interprète se lit sur son visage : d’abord souriant, il ferme doucement les yeux, laissant ses doigts frôler les sonorités cristallines de notes félines et tendres. Tant que la caméra demeure sur lui, l’expression de ses sentiments, du prolongement de la psyché par le prisme de l’instrument, reste une vision unique, obsédante. Il y a, chez Martin Kohlstedt, un bonheur de donner vie à ses œuvres, une complicité humaine et animale entre l’homme et le piano. Un dialogue et une nécessité vitale d’être ensemble, de se parler, d’offrir autant de beautés lumineuses que de rêves lunaires et agréables à observer et éprouver. Un amour inébranlable de l’instant, de ces formes chaleureuses qui, autour de nos deux entités, tournoient et nous attirent à elles. Les songes et paroles harmoniques de Martin Kohlstedt vous sont livrés sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Dalhia : « Sublimation »

Dans les premiers instants de « Sublimation », il y a le doute, le paradoxe de ce que l’héroïne de Dalhia voudrait ressentir comme certitude face aux réminiscences de l’effet produit par la personne à laquelle ses mots s’adressent. Des polaroïds disséminés un peu partout sur son lit, l’ordinateur allumé pour une conversation entre la femme et sa conscience, un éclairage tamisé et chaleureux appelant au rapprochement physique et émotionnel. Mais, sur ces textures complémentaires et marquant parfaitement les enjeux à atteindre, la musique frappe, impose le cauchemar naissant qu’il va falloir traverser pour atteindre une forme inédite de sagesse. Lentement, le poids de l’isolement se transforme en psychose, en paranoïa incontrôlable et de plus en plus insidieuse : la sensation d’être observé et, pour nous, d’épier Angie Kellermann contre son gré. Le Peeping Tom en quête de sensations fortes, au détriment de sa victime. Ne jamais se fier aux apparences. « Sublimation » est une transition, celle d’un état de délabrement psychique à une consolidation thérapeutique des sentiments et de l’identité. La danse est convulsive, annonçant l’apparition de la bête, de la cruauté rageuse d’une vengeance ou d’une violence imposées à la brève faiblesse de notre héroïne. À partir de ces instants tétanisants, Dalhia accepte de vendre son âme au Diable, de sacrifier ses dernières volontés. Non pas pour se soumettre à nouveau, mais pour revivre ; un itinéraire sombre mais d’une incroyable efficacité et beauté. Suivez la métamorphose sur les pages FACEBOOK et INSTAGRAM du duo.


Beach Youth : « Love Yourself »

On se doute bien qu’avec de tels préparatifs, la pop de Beach Youth va nous apporter quelques rayons de soleil bienvenus en ces temps moroses ; pourtant, leur effet se voit largement amplifié aussi bien par la mise en scène elle-même, réminiscence cinématographique d’instants balnéaires simples et généreux, que par une accélération rythmique et mélodique apte à faire sourire le plus blasé et autocentré des pessimistes de base. Une virée en pleine mer nous laissant profiter du paysage, sans pour autant inciter à la nonchalance totale ; car Beach Youth nous propose d’admirer les paysages, les couleurs, les rôles de chacun. Pour créer une atmosphère sereine et rassurante, il faut se focaliser sur le but à atteindre, sans efforts surhumains certes, mais avec ce petit plus émotionnel et humain qui fera toute la différence. « Love Yourself » repose, nous invite à savourer une dernière fois la chaleur de l’été, le sable sous nos pieds et la complicité amicale des rencontres et des vacances entre amis ou famille. Une déambulation sereine, faite de plaisirs simples mais que nous pouvons ressentir, aussi bien corporellement que mentalement. Les grains sous nos orteils, l’odeur de l’iode, le sel persistant sur nos lèvres. Une journée idyllique, que les mouvements musicaux heureux et communicatifs du groupe nous offrent, cadeaux rassurants et revigorants. Les éclats scintillants de Beach Youth sont à retrouver sur leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Esparto : « Sapiens au Carnaval »

L’impression que la boucle est bouclée s’empare de nous à la vision de « Sapiens au Carnaval », clip en forme de constat autant que de résolutions humaines que nous offre Esparto. Sur une plage déserte où subsistent quelques branches et arbres pétrifiés, Manon et Florent savourent l’instant, laissent la musique débuter puis imprégner leur progression au milieu de paysages assoiffés et accablés par la chaleur. Qu’importe : le plaisir d’être ensemble demeure, contre vents et marées. L’espèce qui nous interpelle ici a attendu des millénaires d’évolution pour comprendre qu’il ne servait à rien de revendiquer une quelconque supériorité sur l’astre qui l’a accueillie, sur une terre n’ayant pas besoin de super-prédateur dominant. Plus les paroles délivrent cette réalité, plus l’atmosphère se tend, change, se pollue émotionnellement et géographiquement. De la dispute à la découverte des déchets et résidus d’une humanité trop sûre d’elle, nous nous attendons au pire, à l’apocalypse sensorielle et planétaire. Au détour d’un bunker, cependant, tout va pouvoir changer : grâce à l’art et la communion de corps libérés, de sourires et de secondes évoqués visuellement pour durer dans nos esprits enfin ouverts à cette différence majeure. Même sur les cendres de l’effondrement social, il reste des échappatoires aussi puissantes que cet indispensable « Sapiens au Carnaval ». Esparto vous recommande ses formidables espérances sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Amazone : « Lycanthrope »

Les mains paraissent et déchirent la texture cotonneuse d’une action sur le point de se dérouler sous nos yeux sans que nous puissions nous en détourner. Un songe se transformant en cauchemar, en révélateur de l’instinct primal de celle qui le vit, en pleine conscience malgré le sommeil. La prédation d’Amazone s’insinue lentement au cœur des images, dans le sang et le confort d’un lit qui, peu à peu, se mue en prison dont on ne peut s’échapper. « Lycanthrope » ; la maladie psychique plutôt que la monstruosité fictive. La solitude et l’acceptation de notre côté primitif. Face à la violence et à la cruauté de l’acte et de l’attirance qu’elle subit sans pour autant la rejeter, la rêveuse s’immobilise, d’abord apeurée, puis curieuse. Elle observe, transformant l’agresseur en proie, le double en complément de ses manques intérieurs. Conjuguant admirablement sauvagerie et beauté, « Lycanthrope » est instinctif, filant sa métaphore du paradoxe humain dans une fascination esthétique qui ne nous lâche à aucun moment, durant cinq minutes d’intensité terrifiante et de poésie ténébreuse. Des traces de griffes mentales que nous garderons longtemps en nous. Suivez les empreintes laissées par Amazone sur leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


The Keep : « Apocrypha »

Sanguinaire et cardiaque, « Apocrypha » nous emmène dans les cellules agonisantes d’un organisme vivant en pleine mutation, non pas virale, mais affrontant les substances malveillantes percutant son hémoglobine. Tout au long de sa lente et inexorable progression, le nouveau clip de The Keep traverse les mouvements et découvertes pourpres, sombres ou lumineuses d’une naissance, la vascularisation de ses beats corrosifs et profonds se heurtant à l’éblouissement de sonorités synthétiques curieuses et menant le spectateur droit vers l’émergence d’une créature qui, pourtant, demeurera invisible et indescriptible. « Apocrypha » affronte la mort, la transcende, la dépasse afin de mener à une résurrection apte à contaminer même les plus réfractaires au principe de rédemption et de réexistence. D’une impressionnante fluidité, le court-métrage tétanise nos sens du fait de ses coups brutaux et rageurs, de ses pulsions inflammatoires et empoisonnées. On ne distinguera qu’un visage, quelques traits d’un devenir que notre imagination devra achever de tracer. Notre reflet, peut-être ? The Keep laisse ce choix draconien entre nos mains, pendant que ses dissonances et combats sonores hantent toujours nos âmes. Des cauchemars révélateurs à retrouver sur les pages FACEBOOK et INSTAGRAM de Houndstooth.


Dogs For Friends : « Make It Your Own »

« Make It Your Own » est une performance inoubliable. La conjonction d’une recherche identitaire fardée par un maquillage imposant mais ne dissimulant à aucun moment les traits qu’il recouvre, par des lentilles de contact opaques valorisant le regard de La Gouvernante. La mise en scène préparatoire du spectacle qui s’annonce à nos yeux colle au plus près de son personnage, de son caractère, de sa réelle personnification. D’abord en retrait, la musique de Dogs For Friends accompagne les pas et mouvements de cette créature androgyne que nous ne pouvons quitter des yeux. L’échange est d’une ténébreuse beauté, les paroles narrant la possibilité de s’exiler de soi-même par la violence d’un acte impardonnable tandis que l’image, entre couleurs ternes et noir et blanc profond, impose dans sa lenteur une concentration et une rédemption salvatrice de tous les instants (« I could escape myself / Yeah I could kill myself / But I won’t »). Il n’y a aucune débauche, aucune exagération au cœur de « Make It Your Own » ; simplement, l’état des lieux d’un humain que l’on observe dans son élément, dont les danses et les ambitions spontanées fascinent par leur magnifique justesse. Une spirale solitaire mais qui, par notre présence de l’autre côté de l’écran, se transforme en exposition surréaliste et magique. Une œuvre que l’on ne peut cesser de scruter, de deviner, d’explorer. Dogs For Friends vous convie à ses amitiés étonnantes et sincères sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Cabane : « easily we’ll see » – Laura Etchegoyhen remake » (Lyric Video)

Reprendre « easily we’ll see » et ses arrangements de cordes, de guitare et de voix sans autre instrument que le chant était un défi méritant d’être relevé, pour un résultat d’une beauté à couper le souffle. Laura Etchegoyhen, portée par les mélodies ciselées de Cabane, se dévoue dans toute sa splendide intimité au cœur d’une performance multiple, ancrée dans les teintes nacrées et délicates de timbres évoquant cette communauté que le titre de la chanson suppose (« I can see on your skin more than a a thousand pearls »). Les détails contés sur la piste originelle se chargent de significations, de définitions complémentaires alors que les harmonies se trouvent à la perfection et résonnent les unes pour les autres dans une cohérence malicieuse et sensible. « easily we’ll see » version remake n’est pas une relecture ; il est bel et bien un éclairage spontané et nouveau de la poésie qu’il vénère et tient à valoriser, à remercier par sa passionnante lucidité, sa rêverie immortelle et éternelle. La rencontre évanescente de deux âmes unies dans les nuées célestes d’une formidable symbiose. Cabane vous offre bien d’autres frissons sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Senbeï : « You’re Fine (Official Visualizer) »

Difficile de s’attaquer à l’un des moments phares du Eraserhead de David Lynch, et pourtant…. Peu de temps après Chelsea Wolfe, c’est au tour du producteur et beatmaker Senbeï de tenter sa chance, ce qu’il parvient à accomplir avec une dextérité tout simplement géniale. La profondeur collégiale en progression constante de ce nouveau titre lui offre une lumière qui, dans les œuvres qui l’ont inspiré, ne faisait que transparaître sans jamais éclater ; or, « You’re Fine » transforme le Paradis en lieu réel et quasiment palpable, en accueil imaginaire où les voix et les intensions s’éclairent dès que l’on y pénètre. Le rythme souple et sensitif de Senbeï lui permet d’apposer, lentement et avec concentration, les pièces maîtresses d’un travail d’orfèvre, invitant sonorités universelles et intercontinentales, nappes douces et caressantes, paysages sonores abattant toutes les frontières terrestres. Une méditation par-delà le temps et l’espace, puisant aussi bien dans notre for intérieur qu’au fil de spiritualités ayant traversé les océans et les siècles. L’extase et le contact, éphémère mais puissant, d’un nirvāṇa se matérialisant affectueusement dans nos esprits alors que nos doigts le frôlent enfin. Les révélations de Senbeï vous attendent dès maintenant sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Saigon Blue Rain : « Live at Hespebay 2020 »

L’auteur de ces lignes n’avait pas eu l’occasion de parler de Saigon Blue Rain depuis bien trop longtemps, tant le projet mérite largement d’être placé sous le feu des projecteurs. Grâce à cette captation live, il est dorénavant possible de réparer un redoutable affront, et de la plus belle des manières. Car le groupe a bien grandi depuis ses débuts, épousant son rock gothique en lui insufflant une identité supplémentaire dépassant la redite. Ainsi, les premières secondes du spectacle nous immergent dans des sonorités plus apaisées, dont les énergies à la fois sombres et immaculées se mélangent comme les teintes de peintures aptes à tracer les traits de l’action que nous regardons. Et c’est bien cet éblouissement qui nous fascine immédiatement, nous happe et ne nous laisse plus lui échapper. La réalisation accorde autant d’importance à la performance qu’à son contexte, les deux s’unissant dans une démonstration totale, une dualité des ténèbres et de l’éclat amplifiant la démonstration de force de Saigon Blue Rain. Habiter ainsi l’espace et le temps, l’événement s’écoulant sans ennui et les forces énergétiques se mettant implacablement en place au milieu de ces murs épais et finalement rassurants et accueillants, n’était pas chose aisée ; mais le concert, variant ses ambiances et dynamiques afin de ne jamais lasser ou égarer le spectateur, vaut tous les longs-métrages documentaires d’un genre mésestimé et cependant indispensable à nos psychés tourmentées. Saigon Blue Rain invoque un univers parallèle où il règne en maître incontesté, rassurant nos peurs en nous permettant de les apprivoiser et de les comprendre. Un set astral et multi-dimensionnel qu’il est impossible d’oublier ou de ne pas revoir, encore et encore. Pour tout savoir, retrouvez Saigon Blue Rain sur leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


spill tab : « Santé »

« Je me suis habituée ». Tout au long de « Santé », spill tab regarde l’image qu’elle projette depuis ses débuts, les comparaisons physiques et artistiques auxquelles elle est constamment confrontée. Sauf que la grande force de « Santé » se devine dans le fait de prouver que les a priori n’ont strictement plus rien à voir avec la réalité des faits, qu’ils la concernent, elle, ou s’adressent à nous. Les déformations vocales, les éclairages cinglants et les postures de la musicienne dialoguent autant avec l’être aimé, celui que l’on adore faire souffrir pour éprouver son attachement, qu’au quidam lambda essayant tant bien que mal de séduire sur des bases totalement obsolètes. L’ambiance émanant de ce nouveau clip est elle-même usée, fatiguée d’images mille fois répétées et projetées sans aucune mesure. « Santé » prépare à une métamorphose, laisse retentir les voix intérieures en mode ras-le-bol, les moqueries et conclusions de principes n’ayant absolument plus lieu d’être. En détachement complet avec ces formes artistiques et sociales, spill tab se démarque une nouvelle fois de ses congénères, non pas en les regardant de haut mais, au contraire, en leur inculquant un minimum d’humilité qui ne fait aucun mal à prendre en considération, surtout quand elle est exposée de manière aussi fine et naturelle. Plongez dans l’univers incroyablement mature de spill tab via ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Trevor Sensor : « These Dark Days »

L’avenir que nous propose Trevor Sensor au travers de « These Dark Days » est très loin d’être radieux ou encourageant. C’est bien simple : on se croirait revenu en pleine crise de 1929, entre familles à la rue, individus mourant de faim et, plus que tout, une guerre à venir dix ans plus tard presque jour pour jour. Sur des accords et arrangements folk rock beaucoup plus optimistes que les mots qu’ils mettent en valeur, le clip demeure inactif, laissant défiler les paroles façon lyric video sans aucune réaction du musicien, ce dernier semblant n’avoir que faire de ce que sa propre bande son déroule implacablement. Une nonchalance pouvant sembler scandaleuse pour certains mais qui se révèle pourtant beaucoup plus intelligente qu’elle n’y paraît : et si cette figure je-m’en-foutiste, c’était nous ? Planqués derrière nos écrans et ne nous révoltant que par commentaires interposés, sans jamais nous engager pleinement dans des causes en valant pourtant largement la peine ? Et si nous étions à l’origine de ces jours sombres ? Loin de porter une accusation facile et risquée, Trevor Sensor étale sur le bureau de son mal-être les faits communs d’une société en perdition, ne respectant ni sa descendance, ni son prochain. « But I know we take for granted / Every single sunrise » ; dès l’évocation de cette habitude, la colère monte d’un cran dans le chant possédé du songwriter, dans l’instrumentation prête à imploser si rien ne se passe. Tous aux abris, ou tous aux armes ? Question ouverte à laquelle il va bien falloir que nous répondions un jour ou l’autre. Heureusement, tout cela n’arrive que de l’autre côté de l’Atlantique… Vraiment ? Éléments de réflexion sur les pages FACEBOOK et INSTAGRAM de Trevor Sensor.


Kwoon : « Last Paradise »

Le jour se lève. Une scène immortalise le dessin aux atours propagandistes d’une révolution en marche. Des ruines, des bâtiments encore fumants. Bienvenue dans « Last Paradise », dernier bastion encore debout d’une civilisation ayant fini de sauter au bas du précipice. Quelques accords d’orgue, des percussions marchant en rang afin de motiver celles et ceux qui demeurent là, poings et drapeaux levés. Kwoon livre, en un minimum d’outils mis à sa disposition, des effets terrassants. L’appel est solennel, la survie est incertaine, mais la liberté dépend de l’impact que l’œuvre aura sur les consciences. « Last Paradise » est martial et solennel, collectant patiemment les énergies vives de tous ces anonymes tombés ou toujours vaillants face au pessimisme et à la lâcheté. Un cri collectif, quelques secondes avant la fin, et le titre revendique une forme universelle de ralliement, d’unité. Jouant autant sur l’émotion que sur l’imparable constat qu’il dresse, Kwoon déstabilise les fondations dorénavant ébranlées d’un ordre mondial qui, pour peu que tout le monde accepte de s’ériger contre lui, peut d’ores et déjà commencer à trembler. Retrouvez les bouleversantes allocutions de Kwoon sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Morgane Imbeaud : « Je ne vous oublierai jamais »

Toutes les créatures de la Terre que nous croisons, qu’elles soient animales ou humaines, retiennent en pleine conscience ou sans le vouloir notre présence. Elles absorbent une partie de nous qui demeurera gravée ou s’atténuera avec le temps, infime impact dans le cosmos où nous ne sommes finalement que des invités. Morgane Imbeaud épouse ce sujet délicat et auquel beaucoup auront du mal à croire avec « Je ne vous oublierai jamais ». La mélancolie instrumentale et vocale du titre illumine ces dixièmes de secondes anonymes, ces résidus existentiels qui, mis bout à bout, forment une chaîne unique de souvenirs enfouis, de contacts sans avoir ne serait-ce qu’à frôler les écorces ou les épidermes. Il faudra le passage d’ici à l’au-delà pour provoquer une étincelle, laisser scintiller une étoile dans nos esprits obscurcis. Celle-ci sortira du néant et son effet, magique et immédiat, nous portera jusqu’à ce que notre tour arrive. Nous sommes toutes et tous, dans ce monde, à travers nos espèces, les astres prêts à briller d’un univers n’oubliantjamais tout ce qui lui donne la vie. Céleste et infinie, la voix de Morgane Imbeaud efface les différences et déclenche le processus bouleversant de la gratitude. Des poèmes vivants et intimes qu’elle vous livre sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Under Old Trees : « Citadel »

La mission dont est investie l’héroïne de « Citadel » devient rapidement la nôtre. Ses gestes, son regard, sa conviction immuable à aller de l’avant nous fascinent et, par cet effet subtil et puissant, nous entraînent dans ses pas. De même, Under Old Trees libère ses manuscrits musicaux selon les découvertes de notre alchimiste et magicienne, rendant le décalage évident entre la modernité instrumentale et l’ancienneté de l’époque depuis laquelle l’histoire nous est contée. Une découverte vitale se prépare, la réalisation d’un fantasme scientifique ou surnaturel. Les substances sonores et visuelles nous conduisent dans une direction inconnue, mais dont on sait qu’elle bouleversera l’ordre établi dès les premières minutes du court-métrage. De même, l’équilibre sera rompu, et de la plus intense des manières : en jouant sur la dualité de l’âme humaine, sur l’occultisme face à la vérité ultime, Under Old Trees parsème sa composition d’élans d’une fracassante rapidité, n’hésitant pas à frôler les intentions du metal sans cependant y plonger radicalement, ce qui aurait eu pour seul effet de nuire à la mise en scène. La bataille vers l’illumination fera rage pendant plus de cinq minutes, avant de s’achever sur un ultime plan supposant une suite dont nous espérons goûter les bienfaits le plus rapidement possible. En atttendant, « Citadel » s’injecte dans notre imaginaire et y dépose une myriade de sensations inédites, de celles qui provoquent inévitablement une parfaite addiction. Ses effets sont à découvrir et apprivoiser grâce aux pages FACEBOOK et INSTAGRAM du groupe.