Last Call Weekend : notre sélection hebdo de clips à savourer sans modération

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The Cribs – « Never Thought I’d Feel Again »

L’idée de départ peut sembler étrange, voire totalement à côté de la plaque. Cependant, plus « Never Thought I’d Feel Again » avance, plus on se rend compte que The Cribs a eu une véritable idée de génie en installant son titre dans le cadre d’une émission de radio du siècle dernier, qu’elle se montre dans le grain de la caméra, le matériel qui entoure l’animateur ou encore la multitude de détails ultra soignés intégrant le spectateur moderne au centre du confort relatif de ce studio hors d’âge. Même la musique des Britanniques correspond à s’y méprendre aux expositions passionnantes de ce direct intemporel : un rock sobre et teinté de pop, transformant le show auquel nous assistons en transmission d’une fréquence nouvelle et prête à conquérir les ondes. Surtout lorsque l’on assiste aux effets produits par l’intermédiaire du DJ de la KRB, antithèse idéale et parfaite de l’énoncé de la chanson. Une dispute solitaire qui rappellera certainement des souvenirs à la grande majorité d’entre vous, lors de colères isolées et finalement inexplicables quelques minutes plus tard, notamment grâce à la conclusion du court-métrage, émouvante en diable. Plus de détails sur The Cribs et leur futur album Night Network (sortie prévue le 20 novembre prochain chez Sonic Blew / [PIAS]) via leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Puma Blue – « Snowflower »

« Why we cursing at this bloom, as our love escapes the room? » Puma Blue résume « Snowflower » en une interrogation qui, au fil du titre, résonne comme une malédiction. Celle de la solitude d’un lit vide et froid, de la dépression empêchant de se lever, de réagir. On se laisse happer par les souvenirs, par ces feuilles d’or qui nous caressent et nous replongent dans les bribes d’un bien-être trop lointain. Sous ses profondeurs trip-hop où la voix, brisée et timide, souffre elle aussi, « Snowflower » distille les douleurs de l’isolement, de l’incompréhension. Les mots se muent en éclats scintillants mais vains, en espoirs vite déchirés par un destin cruel et malingre. Désarmant de sincérité et de réalisme sous ses atours poétiques, le clip se penche au-dessus d’un matelas demeurant l’unique source de réconfort d’une vie condamnée à la tristesse et à la difficulté de se remettre de ce qui a été, tout autant de ce qui sera. Affronter les parfums résistant sur les draps, les oreillers, les vêtements ; réminiscences d’une présence disparue, d’une ère définitivement close mais que l’on n’oubliera jamais. L’amour file sous nos doigts et ceux de Puma Blue, couture fragile et sans cesse prête à se casser face aux tourments et aléas de l’oppression quotidienne, de la routine ou du deuil, imposé et cruel, forcé ou inévitable. Le bien nommé In Praise of Shadows, premier album synthétisant nos angoisses et nos reviviscences, sortira le 29 janvier prochain (Blue Flowers Music) ; pour patienter jusqu’à ce qui s’annonce comme un sommet éprouvant et magnifique d’humanité, retrouvez Puma Blue sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


DORRR – « The Future Is Now »

Son implication et ses performances au sein de The Blind Suns, de même que ses choix de vie et risques pris pour atteindre un but ultime – celui de la musique et d’un rock sauvage et libre -, exigeait de Dorota une expression plus personnelle, plus humaine ; elle nous l’offre de la plus belle et franche des manières, aujourd’hui et maintenant. « The Future Is Now » est la confession d’une femme que l’asservissement ne viendra jamais perturber, d’une figure moderne acceptant en l’embrassant et en la chérissant sa vocation indépendante, son existence débarrassée de conseils vains et de reproches inutiles. Regardant droit devant, elle épouse l’avenir comme on sourirait en imaginant, enfin, une forme de rémission existentielle bien méritée : dans ses mouvements pop subtils, notamment grâce à sa voix résonnant en nous comme celle de notre ange gardien, DORRR tisse un canevas inédit et captivant, apte à accueillir sereinement son appel universel, interrogeant les destinations et leurs motivations, tant par l’image que par le texte. La réponse est évidente, directe et risquée certes, mais nous appelle inexorablement à décider de notre sort, sans barrière psychique ni emprisonnement moral : tout se passe maintenant, ici ou ailleurs, sur la piste de danse ou au milieu des rues de tous les continents confondus. Veillant sur le bien-être et le réconfort de chacun d’entre nous, DORRR se pose en déesse d’un changement radical mais hautement libérateur. Une vocation qu’elle s’apprête à approfondir sur un premier album prévu pour début 2021. En attendant, retrouvez ses précieux conseils grâce à ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


La Boum Brute – « Diagonale du Vide (Live Session) »

Tout commence par une conviction. Celle-là même qui pousse La Boum Brute à avancer vers sa destinée, aussi solitaire soit-elle en ces temps d’enfermement. Qu’importe : « La Diagonale du Vide » sera bel et bien brisée et ne deviendra pas une fatalité, un coup de couteau dans la plaie déjà béante d’un univers artistique vidé de sa substance. La guitare hurle, profonde et lourde. Le chant s’affirme, déclame, tient le discours pensé et urgent d’une révolte face à la résignation. « Une nouvelle frontière », que beaucoup ne distinguent pas encore mais vers laquelle la cavalcade du duo va rapidement nous mener. Certains auront tendance à voir une note d’espoir trop exagérée dans la frénésie électrique de ce titre puissant et décidé ; ils auraient tort. Car, face à nos journées passées à nous morfondre, « Diagonale du Vide » remet les arguments et contradictions à plat, les écrase d’un coup de poing rageur et habille la scène d’une aura qui, minute après minute, traverse les pixels et s’ancre inévitablement en nous. L’étrangeté fascinante et fantomatique des sonorités de ce titre décidément éclatant et empli d’espoir prouve cependant que tout reste à faire, qu’il ne suffit pas de claquer des doigts pour apporter des solutions concrètes. Fendant le ciel de la peur d’un éclair foudroyant et éveillant les consciences, « Diagonale du Vide » est un météore sonore audacieux, efficace et rapidement addictif. En plus de faire réfléchir celles et ceux qui auraient trop tendance à voir, dans le futur, une insolvable fatalité. Les espoirs argumentés et indéfectibles de La Boum Brute sont à retrouver sur leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Storm Orchestra – « Call »

Un plaisir ultime avant la fin du monde. Une idée simple mais éminemment jouissive, à laquelle nous convie Storm Orchestra grâce à « Call ». Répondre à l’appel de la vitesse, d’une course libre sur le périphérique, tandis que les derniers préparatifs du confinement pointent le bout de leur nez. On saisit la caméra, on file, on ne regarde ni en arrière, ni vers les conséquences possibles de cette cavalcade qui nous fait un bien fou. « And we are running from the battleground ». Le rock résonne dans les tunnels quasiment déserts, dans le vide d’une route d’habitude surchargée. Doigt d’honneur bien pensé et respectable envers toute forme de répression par amendes et flashes interposés, « Call » est aux abonnés présents et n’hésite pas à prendre le volant pour une virée cathartique, filmée à l’arrache mais d’une incroyable fluidité. Sentant même le vent de la nuit frapper son visage, le spectateur s’enivre de l’air, des gaz d’échappement et des éclairages orangés d’ampoules fatiguées mais que l’on admire pour la première fois. Tourner jusqu’à l’ivresse. Laisser le corps, le ras-le- bol et le trop-plein d’énergie parler, éclater sous les regards solitaires de l’obscurité. Storm Orchestra crée la sortie idéale de nos enfermements à répétition. Une évasion apte à fédérer chacune et chacun d’entre nous, à nous blottir en toute sécurité à l’arrière de cette décapotable attirante et infernale. Le laisser-passer vers la libération psychique, essentielle à toute forme d’équilibre mental. Storm Orchestra vous embarque à ses côtés sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Paisley Shore – « Hunters »

« Hunters » est précieux à plus d’un titre. D’une part, il impose Paisley Shore comme l’une des figures du rock mélodique les plus envoûtantes de ces dernières années. La chanson en elle-même charrie son lot d’émotions fortes, de chants et d’invocations prédatrices par lesquelles il nous est aisé de nous laisser griffer puis capturer. Mais, plus que tout, le clip projette un idéal impossible à dater, des visions spectrales et passéistes auxquelles le groupe offre une seconde vie, une dernière chance. Appelant la simplicité d’un quotidien où règne l’innocence et le bien-être, la réalisation de Gabriel Vibert alterne éclairages tamisés et paysages citadins ensoleillés, presque éblouissants. Devant ce mur libérateur, Paisley Shore dévale les ruelles, passages étroits et places surpeuplées, laissant résonner la bande originale ultime de moments saisis sur le vif mais destinés à l’éternité. Les deux médias s’unissent à la perfection, dualité idéale de la liberté et de la quête inassouvie d’une sortie de soi-même, d’un partage et d’une communion avec autrui, celles et ceux que l’on croise et qui évoluent autour de nous, respirant le même air et souriant face aux mêmes plaisirs. La synchronicité d’un bonheur simple, certes compliqué à atteindre actuellement mais aucunement irrémédiable. « Hunters » est en liberté ; à nous de le laisser nous capturer afin de mieux bouleverser nos idées reçues et déceptions habituelles. Paisley Shore prolonge la magie sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Lubiana – « Be… (podcast) – #1 Introduction »

Lubiana nous avait déjà ouvert les portes de ses sources de bien-être à travers un journal vidéo datant de quelques mois mais parfaitement ancré dans ses motivations, ses choix existentiels et les étapes l’ayant menée à la concrétisation de son premier opus. Avec « Be… », elle augmente toujours plus son potentiel d’attraction et de confidence, conviant nos âmes à une forme spirituelle subtile et parfaitement transmise par sa voix et sa sagesse. Podcast très éloigné des méthodes de relaxation les plus communes, « Be… » n’est pas à proprement parler une quête psychique de la pleine conscience ou du soulagement des tourments ; c’est une rencontre, un échange, une conversation intime et intérieure. Ici et maintenant, le verbe « être » se dévoile selon l’importance qu’il revêt pour la musicienne. Il n’est plus une action, il est une vocation, un but à atteindre mais que chacune et chacun contemplera selon ses propres désirs et ambitions. Pour ce faire, il est inutile de vouloir se placer au-dessus des autres, d’imposer une rivalité qui deviendra vaine et contrariera l’avenir autant que la volonté. Qu’a-t-on finalement à perdre lorsque l’on embrasse ses forces et ses faiblesses, le tronc émotionnel qui parcourt notre corps du mouvement musculaire aux contorsions, convulsions et expansions de l’âme créatrice ? Les éléments de réponses de Lubiana sont passionnants, mesurés, définis sans fard ni exagération. Ils SONT, en tant que tel. Nous pouvons les attraper, les observer, nous en imprégner. Elle nous les transmet de cœur à cœur, en un geste tendre et attentionné. « Be… » sera un chemin parsemé de doutes et de révélations, de soleils et de lunes, de lumière et d’obscurité. Mais qu’il est doux et fantastique de pouvoir l’emprunter en compagnie de Lubiana. Tout ce qu’il convient de savoir sur cette première étape est à retrouver et à méditer sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


INDOLORE – « Naive in Love »

INDOLORE est l’expérience ultime de la solitude. Pas du repli sur soi, évitant tout contact avec autrui ou l’extérieur, tout parasite sonore ou humain qu’il serait possible de croiser ou d’entendre. C’est, au contraire, une recherche, une exploration de l’innocence créatrice, de ses prémisses et du parcours qu’elle impose ou révèle. « Naive in Love » aime la ville : Berlin, créature polymorphe dont chacun tombe littéralement amoureux en explorant ses rues, ses vestiges, ses réminiscences, ses mouvements diurnes et nocturnes. Elle est la muse d’INDOLORE, la raison et la motivation d’une chanson respectueuse et hantée, obsédée par celle qui happe le compositeur et interprète, son esprit, sa créativité. Visuellement et artistiquement, la cité transfigure l’individu, lui parle par l’intermédiaire d’un saxophone envoûtant, d’une obscurité jamais totale mais réservant une infinité de scènes surprenantes, captées à vif et bousculant les sensations du promeneur en quête de l’essence absolue du lieu. « Naive in Love » est l’histoire d’une rencontre, d’un contact physique et émotionnel intense, profond et, parfois, sauvage. Il est une possession, un tourment, une conjonction de deux êtres faits pour se parler et entrer en symbiose. Deux timbres ne devenant qu’un, hybridation parfaite et sensible d’entités ayant l’incomparable chance de s’aimer sans que personne ne vienne les en empêcher. INDOLORE vous ouvre les portes de ses bouleversements sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


ABSOLEM – « Syd Cosmos at CPU Studio »

L’ampleur et la perfection quasi géométriques de « Syd Cosmos » se révèlent dans toute leur splendeur grâce à cette captation live dont l’atmosphère s’accorde totalement à la performance et aux mélodies et harmonies progressives d’ABSOLEM. Cependant, qualifier la musique du groupe de math rock serait très éloigné de la réalité : tout au long de cette démonstration de force hypnotique et inéluctable, la sensation d’assister à un échange dépassant les frontières de la pure et simple interprétation, à un respect humain et instrumental frôlant le mysticisme, demeure l’émotion primaire de ce lieu perdu dans l’espace mais dont les éclats nous parviennent au fur et à mesure de leur intensification. Voluptueux et colérique, enflammé et caressant, « Syd Cosmos » se nourrit de celles et ceux qui lui donnent vie, se love confortablement dans les langages complémentaires de la guitare, du saxophone, de la basse et de la batterie. Nul besoin de calculer ou d’intellectualiser un art qui, pourtant, contient par essence une complexité inséparable de ses effets ; il convient simplement de se laisser porter, entre accélérations et ralentis, entre méditations spontanées et courses psychiques vers la démence sensorielle et le soulagement moral. La réalisation scrupuleuse et détaillée de Stéphanie Artaud accorde un regard essentiel à l’immortalisation de ce moment unique, de ces six minutes charriant la frénésie et l’ambivalence d’une identité qui nous ressemble, emplie de doutes, de rage et de repos. Les fils patiemment tissés sur l’ouvrage évolutif d’ABSOLEM sont à découvrir grâce à leur page FACEBOOK.


Kazy Lambist feat. Glasses – « Twitch »

En plus d’être un émerveillement spontané et inattendu, chaque objet, chaque atmosphère climatique contribue à transformer « Twitch » en une rencontre, une découverte à la fois innocente et intense d’un environnement précis, isolé mais en constante mutation. Le nouveau clip de Kazy Lambist et Glasses transforme les deux musiciens en créatures émerveillées par ce qui les entoure, ces décors isolés et solitaires dissimulant des trésors visuels disséminés au cœur de chaque plan magnifiquement mis en scène par Jean-Charles Charavin et Hugo Jean. « Twitch », monde virtuel du hasard et de la fortune, de l’oracle et de la distinction parmi les milliers d’êtres humains s’y arrêtant sans véritablement le contempler, imprègne son désert virtuel de sources régénératrices, de substances liquides rafraîchissant ceux qui y sont enfermés. Pas contre leur gré, cela dit ; cette redécouverte est volontaire et amplifie d’autant plus l’impact de l’électro suave et sensitive de la chanson elle-même, merveille de poésie contemporaine ne sombrant à aucun moment dans les périls d’émotions trop appuyées. Les formes éclatantes se répondent, invitent le souvenir lors de secondes gravées sur pellicule puis éclatent en mettant les éléments naturels en mouvement. Un trip solaire et réparateur, revigorant tant pour l’âme que pour nos corps passifs et fatigués. Lazy Lambist vous accueille sur ses terres atypiques par l’intermédiaire de ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Alban Claudin – « Dandelion »

Le décalage volontaire entre l’interprétation d’Alban Claudin et l’environnement qui l’entoure a tout de la schizophrénie créatrice, de la solitude de l’interprète et de l’artiste dans un monde qui ne lui ressemble pas. Figure égarée au cœur du tumulte, le pianiste n’est cependant à aucun moment troublé par la frénésie de ces corps dansants et souriants, portés par l’ivresse du moment et la légèreté d’une existence libre de toute chaîne. Alban Claudin est celui que l’on ne voit pas mais qui va tout déclencher, le Cupidon dissimulé dans les mélodies de l’être humain et poussant chacune et chacun aux gestes les plus tendres et attentionnés. Par effet d’écho, « Dandelion » s’insinue parmi les âmes en quête de réconfort et de passion, distille sa mélancolie comme l’essence motrice et impulsive d’une volonté spontanée. Un baiser, un regard, une caresse, un partage ; le musicien laisse couler son breuvage dans les veines d’individus oubliant leur tristesse et leurs illusions perdues durant quelques heures méritées et en communion totale. Lui demeure impassible, visage figé ; mais il sait que, sans son jeu, sans sa place centrale, rien ne pourrait exister, ici et maintenant. « Dandelion », œuvre instrumentale minimaliste et émouvante, transforme la célébration immédiate en heures durables, en vies changées pour un temps certes indéterminé, mais qui nous paraît bien parti pour durer très longtemps. Le fantôme éternel du souvenir et de l’impact sur celles et ceux qui, intimement, accueillent tendrement et respectueusement l’incomparable cadeau qui leur est offert. Les charmes intérieurs d’Alban Claudin vous appellent dès maintenant sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Laura Clauzel – « Female REVISITED – Acoustic session »

La condition féminine exprimée par Laura Clauzel sur « Female » était d’ores et déjà terriblement réaliste et éprouvante. Sans jamais exagérer un seul instant son poème d’une déchéance contre laquelle la bataille fait rage, la musicienne y inscrivait cependant toute l’énergie du désespoir, la narration d’une vie sacrifiée au creux d’un texte cruel, immédiat et juste. Dans sa version acoustique, grâce au format piano-voix, le poème se mue en une anecdote dont la valeur universelle n’est plus du tout à prouver : Laura Clauzel, regard fixe et imprégnée de ses mots et de l’accompagnement attentif d’Olivier Bostvironnois, affirme la révolte par l’intermédiaire du miroir de son âme. La cruauté du destin, la soumission au fantasme s’amplifient lors de secondes certes éprouvantes, mais éminemment nécessaires ; car la définition de ce mal social trop souvent omis, de manière volontaire et disgracieuse, méritait l’implication totale de Laura Clauzel, de celle qui combat toujours plus les dérives d’un monde porté par les luttes de pouvoir politiques ou intimes. En multipliant son visage et ses chœurs, lors de secondes hantées par le cri de toutes ces créatures abandonnées et méprisées, l’artiste saisit le flambeau d’une condition à revoir de toute urgence. Une stature terrassante, écrasant avec douceur et conviction les ultimes vestiges de principes qui, depuis longtemps, nous donnent la nausée. Laura Clauzel est l’oracle testamentaire de ce qui a été et de ce qui doit être ; à nous de la suivre, tel qu’elle et ses fantômes le méritent. Retrouvez-la dès maintenant sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Olvo feat. Mr.Clasik – « Working All Day »

Bizarrement, nous avons tendance à être totalement en adéquation avec les solutions radicales qu’apporte Olvo pour échapper au poids du travail quotidien. Enfermé dans un carton d’où il semble ne pas pouvoir s’extraire, étouffé par les corvées et la productivité faite reine, il assène cependant, et de façon rapide et indiscutable, sa réelle façon de penser. Pour celles et ceux qui oeuvrent comme des chiens, il va simplement suffire de se laisser porter par la pause bien méritée de « Working All Day », le clip s’amusant à démonter un par un les clichés d’un capitalisme axé sur la consommation et les esclaves qui la produisent. Un doigt d’honneur qui fait du bien à voir, mais qui n’est pas sans risque ; on imagine déjà le Ministère du Travail en train de porter plainte contre une rébellion activiste qui, si elle n’est pas rapidement jugulée, mènerait à la révolution. Alors, pourquoi voulons-nous tellement rejoindre les rangs que guident Olvo et Mr.Clasik ? Peut-être parce que « Working All Day » dit tout haut ce que même les plus assidus aux corvées pensent tout bas, et se posent en mur indestructible évitant le burn out et l’explosion humaine sous la forme d’une violence qui, pour le coup, serait alors incontrôlable. On préfère largement le « Fuck this shit, I’m your dog but not your bitch » du duo et le vent qu’il met aux représentants d’une économie radicalement à côté de la plaque. Quitte à en faire des t-shirts et des banderoles à mettre et porter lors de notre prochaine embauche. Levez le poing en compagnie d’Olvo sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Chiara Foschiani – « Queen of Disaster »

Tandis que le single espérait pouvoir sortir de la malchance et de l’ironie du sort, le clip de « Queen of Disaster » met lentement en place cette échappatoire tant attendue pour Chiara Foschiani. Qu’elle soit portée par les chorégraphies de trois nymphes attirant auprès d’elles les êtres les plus désespérés ou cette figure n’osant pas sortir de chez elle malgré l’attraction du dehors, le clip prolonge les intentions de la chanson originelle et ne se contente à aucun moment d’une pure et simple mise en forme du propos. Preuve que l’œuvre se doit d’être en évolution constante, sa peinture du désespoir et de la fatalité croise un nombre précieux d’issues toutes plus attractives les unes que les autres. Figure centrale de cette renaissance par la lumière et la danse, notamment grâce à la perfection détaillée de la réalisation de MEPHISTO, Chiara Foschiani s’impose en muse de la liberté et du mépris de la passivité. Sans croiser les regards, elle bouleverse les corps, les âmes, les certitudes ne reposant sur rien de tangible. « Queen of Disaster » et son alter ego masculin échappent, l’une grâce à l’autre, à la fascination du pire. La dernière image, sublime et quasiment religieuse dans sa représentation de l’amour suprême, conclue l’aventure d’un titre si proche de nous qu’il nourrit nos vaisseaux sanguins et motivent nos muscles. Pour tout changer et embellir, du mieux possible. Suivez les merveilles prodiguées par Chiara Foschiani sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Fuzz – « Mirror »

Vous pénétrez dans un monde étrange, où les fantasmes organiques de David Cronenberg vous propulsent droit vers un Enfer peut-être trop familier à votre goût. Bienvenue de l’autre côté de « Mirror », révélation rock électrique et dérangeante de Fuzz, évocation sans distance inutile de la possession de l’homme par un nombre croissant d’artifices finissant par remplacer ses propres organes vitaux. Tout est source de désincarnation, d’observation du moindre geste jusqu’à pousser l’individu à sa propre perte et à une inéluctable décrépitude. Conscient du paradoxe qu’il se doit d’instaurer au milieu de l’horreur ultra réaliste des images qu’il déploie, Fuzz transforme ses figures musicales et collectives infernales en solutions radicales pour échapper à la déchéance. Une seconde naissance afin de survivre au cauchemar, à grands coups de riffs, de chant compulsif et de rythmes fracassants. Abattant les roches fragiles d’un couloir naturel menant droit vers les salles étouffantes du Malin, « Mirror » dévoile ce qui aurait pu être et ce à quoi il faut échapper, coûte que coûte. Une prison mentale, une aliénation des humeurs et des émotions qui, si elle n’est pas contrée à temps, fera courir un grave danger à ses potentielles victimes ; dont nous faisons partie, n’en doutons pas. Ce qui explique pourquoi le titre de Fuzz nous révulse et nous passionne en trois minutes, sans que la première impression ne se distingue à aucun moment de la seconde.


Elias Dris – « Endless Summer (Live From The Garden) »

Le vent observe Elias Dris puis, peu à peu, nous rapproche de lui. Installé sur la passerelle d’un abri de fortune, baigné par la lumière d’un soleil discret, le musicien se lance vers les incertitudes de l’été sans fin qu’il se doit d’illustrer par sa voix et son jeu. Il est le témoin et le représentant d’une saison bientôt à l’agonie, cédant sa place à des heures plus froides et des jours plus courts. Mais, pour l’instant, il amplifie l’attraction de l’atmosphère régnant autour de lui, autour de nous. Seul au clavier, Elias Dris embrasse les éléments naturels, les fait siens. Sa voix attire l’astre, nourrit fleurs et arbres d’une sève qui les aideront à survivre quelques jours supplémentaires. La performance est unique, bouleversante. Elle glisse tendrement contre nos peaux, impose un silence réparateur et rédempteur. Épris de voyage et de libertés créatrices, Elias Dris n’a pas hésité à s’offrir quelques minutes de plénitude solitaire, de récupération émotionnelle et créatrice tandis que plus rien ne s’agite, que tout s’incline devant sa beauté et son lyrisme. Le maître d’un lieu éphémère, mais qui conservera une place inébranlable en nous, afin de patienter jusqu’aux prochaines heures illuminées et bienveillantes d’un futur « Endless Summer ». Retrouvez les poèmes naturalistes et sublimes d’Elias Dris sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Spectrale – « Le Soleil »

L’art de Spectrale réside avant tout dans les textures, sous toutes leurs formes imaginables. Celles, acoustiques, d’un post-rock bien plus élaboré que le genre aurait tendance à l’exiger, s’axant davantage sur l’émotion et la complémentarité des instruments qui le constituent. Celles, visuelles, d’un clip où le destin, la clairvoyance et la condition humaine s’expriment par un rapport continu de l’ombre et de la lumière, par la captation de surfaces lisses, cutanées ou rugueuses, le temps tournant sur lui-même sans notion d’âge ni de continuité. Celles, enfin, de visions en noir et blanc constituant une œuvre plastique complète, tant harmoniquement qu’esthétiquement. « Le Soleil » est une suggestion de l’astre, une imagination de ce que serait la vie sans sa présence. Tout au plus peut-on en deviner ses éclats ternis par le biais d’un manche de guitare, d’un regard, d’une carte retournée. Signe astrologique et cartomancien, il focalise tout le court-métrage autour de son absence, sa puissance ne demeurant pour autant jamais oubliée. La splendide chaleur instrumentale composée par Spectrale s’enflamme seconde après seconde, les yeux des musiciens scrutant l’obscurité afin d’y faire naître le miracle d’une vie pour laquelle les mélodies et réponses des interprètes se substituent à la photosynthèse naturelle. Jusqu’à la lueur, aveuglante, bienveillante. Spectrale use de son don d’invocation des éléments pour mieux nous y plonger, nous apporter de quoi survivre au-delà des ténèbres. Tous ces signes sont à découvrir sur les pages FACEBOOK et INSTAGRAM de cet incomparable projet.


Stop the Schizo – Studio Live Session

Une demi-heure en compagnie de la relève du rock mélodique à consonnances 80’s, ça vous tente ? En ce qui nous concerne, nous prenons le pari que vous allez rapidement succomber à Stop the Schizo ; ce qui est d’ores et déjà acquis de notre côté. Le groupe bulgare nous offre un concert admirablement filmé et dont la fluidité met toujours plus en valeur des compositions efficaces et intenses, de l’introduction au clavier au mystérieux et progressif « Dragoman ». Au fil d’arrangements subtils et de solos toujours parfaitement amenés et jamais démonstratif, en passant par les transitions synthétiques d’un univers en décalage total avec le monde connu, cette live session sans temps mort se savoure et communique une énergie à laquelle il est impossible de résister bien longtemps. Immersion totale donc, surtout grâce à l’implication de tous les instants de musiciens profitant du cadre du studio pour expérimenter la performance en faisant tomber les murs du lieu afin de nous y intégrer en nombre croissant. L’arrivée des cuivres augmente davantage la puissance d’une captation anthologique et ne négligeant aucun détail, prouesse visuelle et sonore qu’il convient de respecter et saluer à sa juste valeur. En guise d’adieu, « Exit Music », entièrement au piano, poursuit même après ses ultimes résonances un admirable impact émotionnel, démonstration ultime des facettes éblouissantes et infinies de Stop the Schizo. Pour en apprendre plus sur leurs essences et leurs talents, retrouvez-les dès maintenant via leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Oginalii – « Pendulum »

Des figures contradictoires, spectres de l’ombre et de la lumière menant un combat acharné pour conquérir la psyché de leur victime. De la possession à la fascination, « Pendulum » instaure un climat tendu, prêt à céder à la violence d’une révélation tragique. Chorégraphie du désir et de la terreur, le nouveau clip d’Oginalii expose ce que l’on ne peut voir sans se focaliser sur les arrière-plans, sur l’indicible devenu palpable et tétanisant. Les fantômes des musiciens, âmes errantes au cœur d’un décor naturel entre ciel et enfer, résistent tant bien que mal à la séduction funèbre d’une créature capable de les mener rapidement au bord de l’abîme d’une inexorable perdition. Les éléments se déchaînent, la puissance du titre se déploie avant que tout se referme et que la capture du peu d’innocence qui nous aide à survivre soit totale, impossible à contourner ou fuir. Sous les éclats solaires de sa présence, l’apparition a vaincu, brisé les ultimes barrières de la rébellion et de la fragile protection de la pensée et de l’émotion. Victime du drame de cette inexorable attirance, la chanteuse s’efface, se brise, se volatilise sous le drapé de ses hantises et de ses obsessions. La voyance et le destin ont fait leur choix et assouvi leurs pulsions mortifères. « Pendulum » règne en maître incontesté de l’angoisse et de l’envoûtement, ses effets paralysant nos organismes pendant six minutes tétanisantes. Immergez-vous dans les profondeurs abyssales de l’art d’Oginalii grâce à leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Fhin – « A Song with my Dog (live from Grandma’s) »

C’est à un moment étonnant que nous convie Fhin à travers « A Song with my Dog ». Loin de l’hommage certes sincère mais banal aux compagnons qui ont partagé nos instants agréables ou pénibles de l’existence, le musicien s’attarde sur l’absence difficile de son chien, mais transforme également cette dernière en présence éternelle grâce à la magie des samples et aux harmonies qu’il construit autour de ces derniers. D’une voix commune, animal et humain créent la symbiose de l’amour incomparable qui les lie, de cet attachement que des années d’échanges ne peut jamais altérer. Exprimé de cette façon, le principe peut paraître simple, voire vain ; mais « A Song with my Dog » témoigne tout simplement d’une relation, d’une dépendance et d’une tendresse auxquelles on n’accorde jamais de réelle définition, sous peine de passer pour de ridicules cœurs d’artichauts. Au final, ne finirait-on pas par s’en moquer ? L’éloge funèbre de Fhin est tellement beau et respectable que l’on se fiche bien du qu’en-dira-t-on qui, pour le coup, peut aller cracher son venin ailleurs. Le fantôme immortel que le compositeur invoque se montre à nous, dans sa plus pure et affectueuse innocence. Une émotion directe et à fleur de peau, dont la mélancolie est radicalement communicative. Pour en savoir plus à propos de Fhin, rendez-vous sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.