Last Call : l’actu musicale quotidienne sans modération (2e partie)

Publié le par
crédits : Michael Jung / Jamie Rafj / Joseph Bologne

Roseland : nouveau clip « Tu n’arrêtes pas »

« Tu n’arrêtes pas » est le conte à la fois doux et cruel de la solitude, d’une dépression que l’on espère passagère mais dont les images et les saisons laissent supposer des cicatrices que le temps ne pourra jamais effacer. Le noir et blanc, mystique et dont la fluidité ou l’ancienneté picturale se retrouvent modernisées par des tonalités vert sombre, saisit chaque détail et geste, de flocons en doigts malhabiles laissant échapper les comprimés de l’évasion mentale, de ciels menaçants en regards et reflets flous, égarés. Le déchirement psychique étreint la musique et le chant respectueux et inquiet de Roseland, brûle les pictogrammes sans jamais les détériorer ou les rendre illisibles, la technique aidant à mettre en relief les scènes les plus déchirantes. Puis, une forme d’éveil, de souvenir enfoui qui, à lui seul, pourrait tout expliquer, tout débloquer. Alors que la mélodie et les instruments s’amplifient, les flashes convoquent causes et conséquences, la célébration d’une absence, d’un échec supposé sans jamais être montré. Regardant frontalement le désespoir, « Tu n’arrêtes pas » ne fait jamais aucun reproche. Il tend le miroir d’un avenir qui, si l’on n’agit pas, s’assombrira, nous glissera des doigts. Et, de ce fait, devient le plus courageux des antidotes. Roseland vous attend, les bras ouverts, sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


MOUNTAIN MOUNTAIN : nouveau clip « The Whole Picture » feat. AQUARAMA

Une histoire de décalages, de représentations qui pourraient, musicalement et visuellement, basculer aisément dans un genre tout en ayant l’intelligence de ne jamais franchir le cap. « The Whole Picture » n’est pas une affirmation ; c’est une énigme que le spectateur est invité à résoudre, déroulant ses indices au fil de mélodies pop se réverbérant sur les plans prismatiques de la réalisation de Florian Parisot. Ni psychédélique ni facile d’accès, le spectacle est une expérimentation tracée comme les cases d’une bande dessinée, de cadres précis se répondant les uns aux autres. De signaux lumineux en spirales vertigineuses, de regards en échappatoires naturelles, le clip de MOUNTAIN MOUNTAIN et AQUARAMA exploite un langage étrange, extraterrestre même, tout en le rendant accessible et en suscitant l’envie de l’apprendre, verbalement et selon la chorégraphie qu’il engendre. La lecture habile et contagieuse d’une forme fantastique et surnaturelle, hypnotisant celles et ceux qui s’y seront risqués ; pour leur plus grand plaisir. En attendant un nouvel album, AERIAL, prévu pour début 2021, tout ce qu’il faut savoir sur MOUNTAIN MOUNTAIN est dispo sur leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Live Skull : nouveau single « In A Perfect World »

Annonçant de la plus puissante des façons la sortie, le 11 décembre prochain, de Dangerous Visions, collection d’inédits, de raretés et, plus que tout, de titres enregistrés lors d’une Peel Session datant de 1989 (le tout chez Bronson Recordings), « In A Perfect World » démontre que les New-Yorkais de Live Skull parviennent, au fil des décennies, à porter un regard vrai et intense sur le monde qui les entourent. Dans des décors sociaux et architecturaux où règne un pesant nihilisme, le groupe lance à corps perdu ses guitares aux mélodies noise tétanisantes, ses basses fondatrices d’une ère nouvelle et un chant empli d’espérance suite à l’isolement de l’être humain durant plusieurs mois, le single se prend un constat cru et violent de plein fouet puis assume une raison d’être que l’on n’osait plus attendre de la part de personne. Il est alors incroyable que l’un des représentants les plus éloquents de la No Wave se fasse porteur d’une lumière certes encore obscurcie par d’insistantes ténèbres, mais dont l’énergie contamine, petit-à-petit, les recoins et rues désertes qu’il fréquente et entend faire renaître. Quasiment quarante ans après ses premières décharges, Live Skull n’a jamais été aussi vivant. Rendez-vous sur leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM pour être témoins de la résurrection.  


Kiwi Jr. : nouveau clip « Undecided Voters »

On tient bel et bien l’illustration parfaite des débats présidentiels à venir outre-Atlantique, et c’est la nouvelle signature de Sub Pop qui nous l’offre avec ironie et un sens aigu de l’absurde. Les natifs de Toronto Kiwi Jr. se plaisent à regarder, du coin de l’œil, ce qui se passe de l’autre côté de leurs frontières, mettant en scène la débâcle annoncée d’une confrontation entre deux jockeys dont les faits et gestes sont épiés tant par le public que par les médias. Le grand finale se jouera sur un champ de course, laissant le hasard décider à la place de celles et ceux qui sont appelés aux urnes ; une forme d’injustice démocratique emplie d’un réalisme où le grotesque et la revendication se font de l’œil pour mieux se foutre sur la tronche. Avec de tels représentants, comment voulez-vous choisir ce qu’il y a de mieux ? Kiwi Jr. pose la question sans jamais baisser sa garde, au fil d’un rock mélodique amplifiant toujours plus les clichés mis à mal d’une politique devenue aussi spectaculaire que ridicule. Premier album attendu en 2021 ; pour surveiller les garnements, rendez-vous immédiatement sur leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Hermon Mehari : nouveau clip « Dreamscapes » feat. Hugo LX

En plein isolement géographique et humain, Hermon Mehari a souhaité mettre en musique ses rêves et divagations émotionnelles et mentales, profiter de la vacuité pour donner naissance à un album, A Change For the Dreamlike, dont la sortie est prévue le 13 novembre prochain (MIRR/L’Autre Distribution). Avouant lui-même que l’énergie créative dont il débordait se devait d’aboutir à une œuvre qu’il souhaitait collective, il s’est entouré notamment du pianiste Tony Tixier et, pour ce sublime « Dreamscapes », du DJ Hugo LX, ce dernier confiant ses nappes frémissantes et rythmes épidermiques au jeu subtil et émotionnel du trompettiste. « Dreamscapes », tourné en Italie, va encore plus loin qu’une représentation de la place infime de l’humain au cœur de la beauté naturelle qui l’entoure. Il ouvre l’imaginaire, insuffle la vie à des lieux que l’on ne pourrait soupçonner ou même reconnaître sur n’importe quelle carte postale ou cliché glané ici ou là au fil d’errances sur la Toile. Du spectacle émanent une chaleur, une confidence qui nous rassurent, tandis que la lenteur sereine de la piste instrumentale dépeint ce que le compositeur a reconnu dans les tréfonds de son inspiration. Quand admiration rime avec respiration. Pour tout savoir sur Hermon Mehari, rendez-vous sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.