Last Call : l’actu musicale quotidienne sans modération

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crédits : Raphaëlle Albane/Tom Bornare/DR

Nana Adjoa : premier album Big Dreaming Ants disponible aujourd’hui (Bloomer Records)

Son récent clip « National Song » nous avait subjugués par sa beauté et sa justesse d’écriture et de mise en scène, plaidoyer culturel et artistique destiné à devenir universel et à réunir les âmes perdues que nous sommes au sein de nos frontières trop restrictives. Pourtant, à l’écoute de Big Dreaming Ants, la sensation est toute autre ; en effet, le premier opus de Nana Adjoa prend une dimension supplémentaire dans sa capacité à joindre l’aspect artisanal de sa réalisation à la perfection instrumentale et vocale qu’elle étend, lentement et consciencieusement, sur dix titres enregistrés dans son propre studio et dessinant les visages, habitats et habitudes des créatures matériellement et professionnellement passives que nous sommes mais qui, contre toute attente, rêvent, de jour comme de nuit. De bribes harmoniques en inventivité structurelle, la compositrice invite une foule de détails, arrangements et surprises sur ce disque en mouvement constant, aussi bien bercé par de lents effluves électroniques que par l’humanité des chœurs et des cordes. Sa voix, elle, assure une continuité sous forme de monologue, d’errance spirituelle qu’elle confesse sur l’inoubliable « Every Song », déclaration d’intention dont nous ne nous remettons toujours pas. Une œuvre à part, forte et intense, qu’on ne cesse d’écouter pour en savourer les secrets les plus sensitifs et exceptionnels. Pour en savoir plus, retrouvez Nana Adjoa sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Broken Waltz : nouvel album A Mysterious Land of Happiness… le 13 novembre (Beast Records/L’Autre Distribution)

Deux nouveaux opus, rien de moins ; c’est ce qui nous attend de la part de Broken Waltz dans les mois à venir. Premier chapitre d’un diptyque laissant planer les prémisses d’une apocalypse annoncée, A Mysterious Land of Happiness… déroule son bulletin d’informations obscures et sans espoir à travers des sonorités crépusculaires, un rock lorgnant vers le boogie ou regardant droit dans les yeux rougeoyants du diable pour se confronter à ce destin qu’il a choisi pour nous. La voix est râpeuse, créature sortie de terre au croisement de deux routes désertes, là où la promesse faite au Malin s’est incarnée dans treize offrandes venimeuses et complexes. Parfois amer et cru, parfois en lévitation et racontant les lieux et présences masculines et féminines dont il trace l’inéluctable destin, le disque nous émerveille afin de mieux nous trahir dès qu’il sort les lames effilées du meurtre qu’il conçoit comme ultime issue de secours. Des ténèbres qui, sous leur aspect malveillant, nous rassurent et nous confrontent à notre psyché la plus inavouable, à nos plaisirs charnels et monstrueux les plus mordants. Il nous tarde d’entendre le bien nommé …And Disasters, prévu pour avril 2021. En attendant, retrouvez la folie contagieuse et implacable de Broken Waltz sur leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM. Et, pour patienter, petit retour en arrière avec le hautement recommandable « Get Away » des défunts – et maintenant ressuscités sous un autre nom – Buck.


Sinaïve : nouveau clip « Éternel Retour »

La ville européenne dans toute sa plus pure décadence, celle que les médias dissimulent sous les apparats d’une cité occupant une position centrale dans une Union en délabrement. Sinaïve soigne le grain et le montage de sa déambulation sarcastique et désabusée, cheminement fatal au cœur de l’intention de cet « Éternel Retour » aux allures de serpent se mordant désespérément la queue. Entrecoupé de plans incrustés des musiciens, comme pour rappeler leur place dans ce marasme où l’on a trop tendance à les oublier, le clip nous confronte à une pesante solitude, à un abandon qui ne voudra pourtant jamais être avoué par le commun des mortels. S’achevant sur une beauté inattendue, une luminosité troublante mais tristement éphémère accompagnée des notes nues d’un orgue épuisé et à bout de souffle, le titre nous prépare à l’arrivée prochaine de Dasein (sortie le 23 octobre chez Buddy Records), brûlot cathartique et foudroyant qui risque de longtemps faire parler de lui. On vous en retouche quelques mots dans les semaines à venir ; d’ici là, foncez vous fracasser le corps et l’esprit sur les pages FACEBOOK et INSTAGRAM du groupe.


Dad Is Playing Machine : premier EP The Mist disponible demain (en partenariat avec Araki Records)

À l’écoute de The Mist, on serait tenté de penser que le duo n’en est en fait pas un ; en effet, la complexité instrumentale du premier EP de Dad Is Playing Machine est telle qu’on n’ose imaginer les heures de travail intensif accomplies par les deux musiciens lyonnais. Le résultat est d’une incroyable beauté et d’une richesse émotionnelle hors du commun : de contrepoints en rythmes décalés et mathématiques, de voix brumeuses en claviers donnant une impulsivité surréaliste et éthérée à l’ensemble, l’opus s’écrit au fur et à mesure de ses impressions et sensations, de ses vibrations intérieures, de ses regards à travers les fumées naturelles d’une terre déserte mais où plane un émouvant espoir. Un tableau périodique des éléments qui, lorsque nous sommes en contact direct avec eux, nous rappellent que nous existons, là où la pluie et le soleil nous éveillent et nous réconfortent. Des plaisirs simples, parfois mélancoliques, souvent nécessaires à la pleine conscience de cette œuvre intense et essentielle. Pour en savoir plus, rendez-vous sur les pages FACEBOOK et INSTAGRAM du projet.