Last Call : l’actu musicale quotidienne sans modération

Publié le par

Alice Animal : « Making my dream electric guitar with Wild Custom workshop » / Nouvel album Tandem le 28 mai 2021 (Alessandra Records)

Le rapport de l’artiste à son instrument de prédilection est primordial, d’autant plus au fil des époques désincarnées et chargées d’artifices que nous traversons depuis des années. Il est unique, personnel, symbiotique. Il transcende la matière et les effets. Une union charnelle et amoureuse, que retranscrit parfaitement Alice Animal dans ce making of de sa guitare faite sur mesure par l’équipe de Wild Custom. Sous le regard de sa sœur Julia, la musicienne participe, n’hésite à aucun moment à s’imprégner de la gestation de l’objet amené à devenir une partie inséparable d’elle-même. La voix est sobre, respectueuse. La réalisation s’emploie à narrer les étapes, les regards, les gestes précis, sans exagération mais avec une profonde humilité. Au fil de ces cinq minutes authentiques, les sons, les formes, les expressions visuelles et mélodiques participent à la construction d’un couple que rien ni personne ne pourra dissocier. Par cette alliance, « Finir à L.A. » se savoure tel le commencement d’une ère inattendue et d’ores et déjà captivante. La beauté et l’animalité se sont enfin réconciliées après d’éclatants combats. Et ça ne fait que commencer. Alice Animal vous révèle sa métamorphose sur FACEBOOK et INSTAGRAM.


Thomas Monica : nouveau clip « MOLY » / Nouvel EP ULYSSE le 18 juin 2021 (Modulor)

La solitude ancrée dans le noir et blanc et les fumées fantomatiques de « MOLY » confronte Thomas Monica à ses propres démons, à l’absence d’une figure maternelle qui, telle la substance apte à libérer le voyageur égaré, va l’aider à transformer la réalité subie en un futur beaucoup plus maîtrisé. Le nouveau single de l’auteur/compositeur/interprète est dur, aride et sec, sans pour autant mettre le spectateur mal à l’aise. Car la puissance narrative qui se dégage de ces quelques trois minutes nous rappelle que nous ne sommes pas faits pour errer sans certitude ni repère dans le monde actuel, dans l’isolement forcé d’une humanité confrontée au repli et à l’enfermement. Thomas Monica érige un pont entre l’insularité intérieure et les quelques ouvertures qui se présentent, durant d’essentielles secondes, au creux d’une lumière, derrière un rideau que l’on a cependant peur d’ouvrir ou de l’autre côté d’un mur ou d’une fenêtre auparavant inaccessible. Les rythmes attentifs et tendres de « MOLY » sont chargés d’un espoir que l’on ne peut lâcher une fois qu’il s’est retrouvé à portée de nos mains et de nos esprits. La confidence comme discours universel ; un exploit qui nous donne les larmes aux yeux. Thomas Monica vous raconte son odyssée sur FACEBOOK et INSTAGRAM.


KOMOREBI : nouveau clip « Voorpret » / Premier EP Ici le 21 mai 2021 (In The City / Sony ATV / Wagram Music)

Le désespoir et la dépression habitent le caractère principal de « Voorpret », cette femme paralysée à l’idée de se lever et d’obéir à l’attirance de l’extérieur. La bande-son oscille entre les saccades et une atmosphère en étirement constant, entre l’attraction et le refus de dépasser cette insupportable attente. Pourtant, les mélopées instrumentales et vocales de KOMOREBI sont impossibles à rejeter, à ne pas considérer comme essentielles dans l’éveil qui s’annonce. « Voorpret » est une renaissance face à la peur, une acceptation de la chaleur et des énergies revigorantes du renouveau. Une poésie musicale et humaine dont la pudeur et la simplicité visuelles recèlent l’espérance et la vénération d’une échappatoire inattendue, d’une lueur dans les ténèbres d’un esprit emprisonné au plus profond de sa paralysie psychique. Ici s’apprête à nous entraîner vers la merveilleuse éclosion de son cocon. Pour en savoir davantage, retrouvez dès maintenant KOMOREBI sur FACEBOOK et INSTAGRAM.


The Buttshakers : nouveaux single et live video « Back In America » (Underdog Records)

The Buttshakers ne s’est absolument pas assagi depuis la sortie de Sweet Rewards il y a de cela trois ans. Pour preuve, « Back In America » est un brûlot social fascinant malgré ses apparences soul chaleureuses et sensuelles. La personnification de tout un courant humain vu à travers le prisme d’un art mélodique caressant est une petite révolution en soi, d’autant plus quand le regard et la voix de Ciara Thompson nous transpercent et nous conditionnent à une conception inédite de la place de l’individu au cœur d’un continent uniquement parfait sur papier glacé. Brisant les promesses trop idéales pour être sincères et fissurant le vernis usé d’espoirs réduits à néant, « Back In America » se positionne en tête d’un cortège révolutionnaire, dont les armes sont les mots et les émotions. D’une force invocatrice hors du commun, le nouveau single des Lyonnais ne se contente pas de nous interroger sur l’effondrement d’un pays ; il bâtit des bases nouvelles et nettement plus stables que celles qui l’ont précédé durant des siècles. Un bijou harmonique et revendicateur que l’on se doit de s’approprier et de transmettre aux générations présentes et à venir. Rejoignez The Buttshakers sur FACEBOOK et INSTAGRAM.


Francoeur : nouveau clip « Je suis un homme (Zazie cover) »

Une blancheur immaculée apparaissant comme un retour à l’innocence, au respect de la chanson symbolique et puissante à laquelle Francoeur s’attaque. Est-il possible de retrouver l’espoir dans une humanité qui, de jour en jour, paraît courir à sa perte ? La rencontre entre Zazie et la musicienne se fait humblement, presque pudiquement : un décor minimaliste, une boucle de harpe prête à porter la voix, quelques lumières disséminées ça et là. La transmission émotionnelle s’accomplira ailleurs, dans les gestes, les regards, les arrière-plans enneigés d’une saison morne et vide. La représentation de Francoeur est théâtrale, tenant autant du mime que de l’intermède d’une pièce infinie et dont les actes se succèdent implacablement. Malgré le froid et notre paralysie musculaire, nous nous sentons bientôt respirer en regardant l’héroïne se soustraire à son propos avant de le multiplier, de l’amplifier, tant au niveau sonore que représentatif. La peinture émouvante et éternelle d’une lueur dans l’abysse, d’un retour à la surface que l’on envisage enfin, sous les flocons de nos désillusions. Francoeur vous offre sa chaleur sur FACEBOOK et INSTAGRAM.


Lendemains Versinthés : nouveau clip « Créatures magnétiques »

Il y a quelque chose d’éminemment chamanique dans la musique de Lendemains Versinthés. Au-delà du folk, l’art se métamorphose dans ses répétitions mélodiques, ancre le lyrisme éperdu d’une complainte au creux de l’isolement et de l’attirance provoquée par ces « Créatures magnétiques » qui, invisibles ou révélées, dansent autour de nous, dans les éléments naturels, au fil des ondes vaporeuses de l’astre terrestre. La poésie nous ensorcelle au gré des images, des plans fugaces et à peine éclairés de jours et de nuits de prières païennes et de désirs assumés et révélés au plus grand nombre. Ces élans profonds et surannés veillent tendrement et silencieusement sur nous et sur l’interprète elle-même, muses dont l’influence et la présence sont essentielles à la naissance d’une figure divine inspirant fascination et attraction. Il n’est pas nécessaire de complexifier le langage féerique alors introduit ; ce dernier se suffit à lui-même et ouvre un incroyable champ des possibles, une promesse de jours et de veilles augmentant à l’infini notre potentiel sentimental et psychique. Succombez aux charmes venimeux de Lendemains Versinthés sur INSTAGRAM et SOUNDCLOUD.