Last Call : l’actu musicale quotidienne sans modération

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crédit photo Thérèse : Thomas Daeffler

Lepil : nouvel album Lapin Lapin disponible

Le repos du guerrier : si l’on en croit Lepil dès l’introduction de son nouvel album, il est temps de poser ses bagages et de prendre le temps de se détendre un peu. Du moins, si cela est autorisé, ce qui n’a pas l’air d’être toujours le cas. Bien au contraire. Lapin Lapin est une course contre la montre, une manière artistique de récupérer ce qui a été égaré sur le bas-côté des routes empruntées par le musicien au fil de ses compositions. Les instruments se posent autour de la poésie charnelle du songwriter, d’une litanie en solitaire ou à plusieurs voix. L’esprit de conviction s’engouffre dans ce qui peut être après avoir pris les regrets et désillusions en pleine figure, mariant habilement rock et pop selon les convictions à affirmer ou à ne plus se dissimuler à soi-même. Fin du romantisme et de la rébellion, achèvement de personnalités usurpées à d’autres mais ne lui correspondant absolument pas, scrutation des relations amoureuses futiles au microscope afin de mieux s’en inventer de nouvelles, plus vraies et sincères ; toutes ces résolutions et révolutions internes passent par un opus immédiat, écrit et composé dans ce qu’on suppose être une forme d’urgence hautement bénéfique. Pour se rendre compte que la pause initiale aura été de courte durée ; il en faut davantage à Lepil, infatigable narrateur d’histoires masculines et féminines brutales mais tellement irrésistibles et lucides.


Artik : nouvel EP The Robots of Dawn disponible (Ohm Resistance)

Les basses désincarnées entament une odyssée science-fictionnelle ne nous lâchant pas durant la demi-heure que dure The Robots of Dawn, illustration musicale parfaite des travaux littéraires d’Isaac Asimov. Entremêlant les atmosphères nocturnes et urbaines d’une cité berlinoise solitaire et les visions du père de Fondation, Artik déploie les artifices de mouvements cyberpunk, de rythmes en adéquation avec les illusions glaciales et déshumanisées d’une civilisation sombrant lentement dans le vide industriel et mécanique de sa propre perte. Noir et annonciateur d’un genre nouveau, l’opus invoque des puissances supérieures dissimulées dans leurs tours de cristal, des populations vêtues de lambeaux de tissus et crevant de faim, une répression constante de la machine régnant sans conteste sur l’individualité. The Robots of Dawn est une épreuve, mais qu’il convient d’aborder comme le message neurotransmetteur qu’elle est réellement : dans ces percussions de chaînes de productions et ces nappes ambient laissant entrevoir une lumière certes artificielle, mais toujours présente, il existe une forme inédite de diction de la morale, une éthique que l’on croirait disparue mais qui ne demande qu’à s’épanouir. Et si, au final, les circuits les plus complexes contenaient en leurs processeurs les clés d’un langage encore hermétique, mais source de libération ? Et si le cerveau pouvait, en étant augmenté, dépasser la résignation et la soumission ? Ce sont ces impulsions que l’oeuvre d’Artik insuffle en nous, sérotonine chimique apte à réanimer nos consciences inertes. Tout ce qu’il convient d’apprendre à ce sujet, afin de vous extirper de votre torpeur, est à retrouver sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Luciphiya : nouveau single « Goliath »

Le nouveau single de Luciphiya est un combat de l’humain face au divin ; une lutte incessante de pouvoir, entre l’humilité d’un chant innocent et curieux et les errances terrestres et célestes de déités cherchant par tous les moyens à empêcher toute forme d’évolution. C’est d’ailleurs ce qui distingue la synthpop de la musicienne d’une forme quelconque de gothique trop appuyé ou paraissant évident lorsque l’on s’immerge dans son art ; lui tient dans la narration grâce à des formes instrumentales où luttent l’organique et l’artifice afin de mieux se compléter l’un l’autre. Un pouvoir magique, le résultat hypnotique et obsédant d’une alchimie parfaite et savamment dosée, tandis que l’enfant de la nuit conjure le mauvais sort et impose sa présence à n’importe quelle heure du jour et de l’obscurité. Astre lunaire veillant sur nous et influençant nos faits et gestes, Luciphiya continue de s’approprier les énergies terrestres et les mystères de sciences occultes amenées à la révélation de plaisirs que certains considéreraient comme interdits, alors que ces derniers assureront à n’en point douter notre ultime salut. Pénétrez dans son antre grâce aux portes dérobées de ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Rosie Marie : nouveau clip « 2H du Mat »

Il est souvent difficile, voire impossible, de résister à l’attraction des corps et des esprits, au désir qui peut apporter autant de plaisir que de souffrance. La dualité de l’âme humaine confrontée à ce phénomène est au coeur de « 2H du Mat », nouveau clip de Rosie Marie jouant sur les réminiscences et leurs conséquences, autant que sur leurs complémentarités. Le manque et le souvenir forment un piège dans lequel il est toujours bon de tomber ; un jeu cruel sans être malsain, un combat des sens et du sentiment que l’on pourrait croire perdu d’avance mais qui fait bel et bien partie intégrante de nos apparences et de nos identités. Cependant, même lors des divisions scénographiques du court-métrage, Rosie Marie n’apparaît jamais sous deux formes différentes, ne suppose à aucun moment une schizophrénie amoureuse qui s’éloignerait de son intégrité. Au contraire : elle accepte, sans fard, sans hésitation. Elle se regarde dans le miroir, invite le fantasme à engendrer le réalisme poignant et sensuel d’une union, même éphémère ou idéalisée. Ce venin que l’on aime sentir dans nos veines quand les effluves des heures achevées se rappellent à nous, qui nous donne le tournis et mélange délicieusement la jouissance et la mélancolie. Il existe et demeure ; pourquoi le rejeter ? Sans masochisme ni envie de douleurs inutiles, Rosie Marie saisit la muse de nuits d’insomnie et l’enlace, la serre contre elle. Elles sont deux, elle est une. Unique. Entière. Rosie Marie vous attend dès maintenant sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Thérèse : nouveau single « Chinoise ? »

On ne va pas revenir sur les nombreuses et vaines polémiques lancées par quelques agités du bocal en mode vénère lors de l’apparition du COVID-19 il y a maintenant un an ; au mieux méritent-ils notre mépris, au pire, notre haine de leur bêtise crasse. Toujours est-il que ce phénomène d’enragés par écrans interposés a eu le mérite de pointer du doigt une forme de racisme ayant tendance à ne pas être mise en avant à travers les médias : celle dont souffrent les communautés asiatiques, axées sur des préjugés totalement éculés pour peu que l’on y accorde un minimum d’importance. Celle, silencieuse, d’êtres humains subissant injures et rejets sans que leur parole puisse être entendue. Ces dernières semaines, Thérèse a enfin pu favoriser l’apparition, sous les projecteurs, de cette terrifiante chronique de la vilénie franchouillarde à 2 de QI. Illustration magnifique et maligne du phénomène, « Chinoise ? » n’y va pas par quatre chemins et se joue des clichés et des images d’Épinal antédiluviennes afin de crier sa revendication intelligente et directe. Celle qui aurait pu se faire manipuler par les intégristes autoproclamés d’une nationalité que l’on sait pourtant pluriethnique balance sans détour son ras-le-bol, sans agressivité ni violence mais avec un choc électrique qui, c’est certain, a mis bon nombre d’abrutis sur le carreau. Ou comment tazer verbalement les crétins en toute discrétion et de manière radicalement imparable. Rien d’étonnant à ce que « Chinoise ? » connaisse un succès amplement mérité au niveau national et international ; Thérèse y va, sans se retourner ni se détourner. Suivez-la et militez à ses côtés grâce à ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


The Twin Souls : nouveau clip « Ch Ch Chewa »

Des onomatopées bien connues mais qui, sous les doigts et le timbre de The Twin Souls, deviennent subitement extraterrestres. Un son fulgurant, des images percutant nos rétines et s’y insérant sans que l’on puisse lutter un seul instant. Tandis que l’année 2020 semblait dénuée de sens et condamnée à la passivité et au défaitisme, « Ch Ch Chewa » vient réveiller les endormis de tous poils, les autocentrés de la complaisance dans la résignation et les dépressifs d’un jour en mode inactif. Nouvel EP et single dévastateur et contagieux ; les jumeaux nous ravissent, dans tous les sens du terme. Une véritable mandale qui remet les idées en place et envoie voler en éclats la glace paralysante d’heures grises et froides. L’excitation provoquée par deux créatures en marge d’un monde au ralenti et qui, sans hésiter, ne veulent à aucun moment se laisser emporter par les vagues incessantes de la morosité. Qu’ils soient en train de jouer ou personnifient les entités d’un autre monde immobiles et observant nos réactions, The Twin Souls déploient leurs courants hormonaux brûlants et volcaniques dans nos veines et nos chairs flétries, sans que cela paraisse déplacé ou vain. Que celui qui demeure immobile devant cette incandescence sonore et visuelle de quelques trois minutes se lève ; rien qu’en faisant ça, il aura de toute façon perdu. Une pure merveille d’extase insatiable et revigorante. Une renaissance, tant pour les artistes que pour nous. The Twin Souls vous enflamment les sens sur leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.