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FREAK INJECTION : nouveau clip « Cold Song (KLAUS NOMI Inspiration) »

Madeleine de Proust pour les uns, découverte impressionnante pour les autres, la version de « Cold Song » que nous offre FREAK INJECTION ne laissera personne indifférent. Et surtout pas celles et ceux qui, comme l’auteur de ces lignes, ont eu la chance de découvrir, au début des années 1980, la réinterprétation de la composition originelle d’Henry Purcell par Klaus Nomi, extraterrestre à la voix inégalée et figure éternelle de la prise de conscience du fléau alors à peine murmuré qu’était à cette époque le SIDA, maladie l’ayant trop vite emporté. La performance de FREAK INJECTION, en plus de rendre hommage visuellement et vocalement à cet inoubliable artiste, se pare d’une instrumentation complexe, mêlant metal, synthwave et indus afin d’apporter un support harmonique parfait pour le chant de Charlie Red. Ce sont donc bel et bien trois époques qui se télescopent à travers ce « Cold Song » : la musique baroque, le lyrisme froid et puissant de la fin du siècle dernier et une vision contemporaine respectueuse et admirable de ses illustres prédécesseurs. À tel point que l’on comprend rapidement qu’il n’y avait que FREAK INJECTION pour parvenir à ce résultat et redorer les blasons mélodiques complexes et inspirés de ses sources d’inspiration, le temps de trois minutes hypnotiques et nous laissant aussi heureux que dévastés. Retrouvez dès maintenant la majesté psychotique du projet sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Tenuta Mocajé : nouveau clip « 2 39 »

L’insomnie de Tenuta Mocajé se transforme en contemplation aussi bien qu’en illumination. Grâce à des accords imprévisibles, des successions instrumentales cheminant aussi bien vers la pop que dans la direction des expérimentations psychédéliques de la fin des années 60, « 2 39 » met tous les atouts de son côté pour devenir la forme d’expression idéale des pensées multiples parcourant l’interprète. Tandis que la ville dort, lui regarde les difficultés et les libérations possibles, s’interroge sur ce qui est permis ou non, sur les formes classiques de bienséance habituelle prenant, en quelques minutes, beaucoup de plomb dans l’aile. La délicatesse de la composition, son apparence mystique que l’on peut pratiquement toucher s’impose peu à peu dans nos idéaux désuets et nos principes usés ; sans craindre les conséquences de sa reprise de pouvoir sur lui-même, sans colère mais avec sensibilité et respect, Tenuta Mocajé regarde l’aube se lever et, surtout, provoque la rencontre et l’échange au lieu d’attendre qu’ils soient déclenchés par la fortune ou le hasard. « 2 39 » plaide dès lors pour un accueil d’autrui, une incitation à ne pas se soumettre à la solitude forcée ; ce qui nous aide à enfin sortir de nos prisons mentales et émotionnelles. Tenuta Mocajé vous guide vers ce but ultime via ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Norig & No Gypsy Orchestra : nouveau clip « Dzelem Dzelem »

Quelques préparatifs, rapides. Le vent, de plus en plus fort, prêt à s’emparer de l’action, à en devenir le moteur naturel. Un regard, une attente. Au coeur d’un noir et blanc d’une beauté intemporelle, « Dzelem Dzelem » commence presque brusquement ; mais il nous semble pourtant qu’aucune attente n’est nécessaire. Que les mélodies tziganes de Norig & No Gypsy Orchestra ont besoin de se mettre en mouvement, d’accompagner l’histoire, le conte merveilleux et incantatoire dont nous ne venons d’admirer que l’enjeu. La chanson est une supplique, une danse merveilleuse entre la tradition et la modernité, entre la technologie et l’humain. Un combat qui nous laisse hors d’haleine, suspendus à ces plans focalisés sur les tissus, les soies, les vêtements. L’affrontement aurait pu être blasphématoire ; il est cependant une lutte pour la survie de l’individu, du couple, d’un amour fou que les regards biaisés des écrans et des caméras peuvent, d’un instant à l’autre, détruire et réduire au silence. De ce fait, la seconde partie de « Dzelem Dzelem » est bouleversante, s’approchant autant du sacrifice que de la libération de l’être adoré. Les mains sont la vie, seules aptes à la donner ou à l’ôter. L’âme subsistera malgré tout, dans un dernier regard, une symbiose finale incandescente. Norig & No Gypsy Orchestra ne cesse de peindre une oeuvre littéraire et contemporaine hors du commun, dont les chapites précédents sont à découvrir dès maintenant sur leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Alice Animal : nouveau clip « Tes éléphants roses »

Après les paroles, les actes. D’ores et déjà, Alice Animal avait rééquilibré les forces en présence sur son single « Tes éléphants roses », remettant à plat les belles paroles et autres intentions édulcorées et vides de sens et de sensations. Mais on savait qu’elle ne pourrait pas s’arrêter là. Qu’il fallait impérativement reprendre le dessus, joindre le mouvement aux mots, déjà forts, d’une chanson ayant perdu volontairement toutes ses illusions. Sous ses airs de road movie libérateur, le court-métrage est assoiffé, cannibale, demandant la chair contre la chair. Une forme de catharsis, de purification par le sacrifice de la menace et de la manipulation. Sous une chaleur accablante, Alice Animal est une femme en quête de liberté, parcourant les routes d’un célibat qui, on le sait, lui sera bien plus bénéfique que toute liaison erronnée. Pour y arriver, elle doit utiliser son véhicule comme source d’exultation, de colère, de larmes, de séparation des pulsions et de la raison. Car, sans ces sensations, elle n’arrivera pas à accomplir le geste final, racine du départ et du renouveau. Le grain de l’image impose « Tes éléphants roses » en spectacle didactique, en preuve cinématographique d’une indépendance revendiquée et méritée. Ce qui nous donne encore plus envie de suivre Alice Animal, de respecter ses risques et périls autant que ses succès. Commencez dès maintenant via ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Sofia Portanet : premier album Freier Geist disponible (Duchess Box Records)

L’esprit libre que porte Sofia Portanet à travers Freier Geist revêt des allures de séparation de l’âme et du corps, une recherche identitaire dans des sonorités musicales abruptes et directes, des rythmiques découpées et assemblées au fil d’une course que rien ni personne ne pourra arrêter. Malgré sa jeunesse et la gestation toujours difficile d’un premier opus, la musicienne allemande affirme une identité forte et volontaire, propice à véhiculer sans hésitation ses poèmes de l’ordinaire, les histoires qu’elle découvre en observant ses semblables autour d’elle et en comparant ses idéaux aux impressions qu’hommes et femmes transmettent dans leurs attitudes et leurs paroles. Les tonalités synthétiques de Freier Geist amplifient la virtuosité vocale de leur invocatrice, âmes respectueusement conservées dans les éprouvettes de dix titres tentant toutes les expériences possibles et imaginables, jusqu’à un « Racines » en langue française dont la prière humaine est d’une majesté et d’une humilité devant lesquelles on ne peut que s’incliner. La conclusion du disque, pourtant bercé par des intentions rock et new wave évidentes, bouleverse sa définition et son essence : il ne suffit pas de vouloir raconter les victoires et défaites de l’existence, qu’elles soient les nôtres ou celles de nos partenaires de détresse et de joie. Il faut les nourrir, les écrire sur le parchemin éternel de l’évolution et de l’Histoire. La maturité de Sofia Portanet est admirable et vénérable ; son oeuvre replace l’individu au centre d’un univers auquel il paraissait de plus en plus étranger. Retrouvez dès maintenant la sagesse de la compositrice sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Worst DNA : nouveau clip « Comatose » / Nouvel EP Polaroid disponible

L’image, l’action se couvrent de parasites rapidement entraperçus, de figures électriques et fantomatiques prenant, au fur et à mesure de la mise en scène de « Comatose », une importance capitale. Il semblait difficile de donner une interprétation visuelle rendant parfaitement justice au titre de Worst DNA, celui-ci se terminant par un « What is the price to pay? » dont la réponse était auparavant impossible à définir. C’est pourtant ce que fait Domino Dos Santos sur ce court-métrage gris et froid, où les visions et les interrogations s’enchaînent, charriant l’incompréhension et la peur. Répétition d’une boucle infernale dont il est impossible de s’extraire, « Comatose » dérange, effraie et transforme les déserts urbains en sources d’apparitions spectrales dont les effets sont proprement tétanisants. Confrontation violente et étouffante appuyée par le rock sombre et intense de Worst DNA, l’oeuvre déploie ses ailes noires au-dessus de sa victime toute désignée, de ses erreurs et des comptes qu’elle se doit de régler avant de totalement disparaître. En quelques minutes, « Comatose » redéfinit le mythe du Purgatoire, lui offrant des décors et une personnalité dont le réalisme n’a pas fini de nous marquer et de conserver un impact durable sur nos propres existences ; autant que sur les quelques années, jours, heures, minutes ou secondes qu’il nous reste à vivre. Toute la dimension obsessionnelle de l’art de Worst DNA est à retrouver sur leur nouvel EP Polaroid, ainsi que via leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.