Last Call : l’actu musicale quotidienne sans modération

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crédit photo Trafalgar : Marion Brunel Photographie

Emel : nouveau clip « Princess Melancholy » / Nouvel album The Tunis Diaries disponible (Partisan Records)

La réinterprétation de « Princess Melancholy » se devait de passer par une illustration visuelle se démarquant de l’atmosphère si particulière du magnifique album Ensen d’Emel. Sous sa nouvelle forme, le titre se fonde sur des samples et des instrumentations plus libres, plus abrupts ; il fallait donc que la musicienne, dans le rôle essentiel qu’elle joue au fil du court-métrage, véhicule cette sensation de solitude et de vide. Figurine sombre dansant au centre d’un espace laissé à l’abandon, elle amplifie la mélancolie qu’elle personnifie, nous regarde puis détourne le visage vers une présence fantomatique que nous ne verrons jamais ; à moins qu’il ne s’agisse de son for intérieur, de ses pensées comme de ses souvenirs. Il faut pourtant que tout ce qu’elle contient de négatif s’exprime et sorte d’elle, d’une façon ou d’une autre ; et c’est par le prisme des miroirs, de la multitude des âmes et de ses tourments, que la métamorphose sera possible. Douloureuse mais nécessaire, elle se réfugie alors dans un espoir auparavant insoupçonnable. La relation de la compositrice avec sa muse intime demeure constamment au coeur du splendide The Tunis Diaries, collection indispensable de relectures et de reprises que vous devez impérativement découvrir. Pour en savoir plus, rendez-vous sur les pages FACEBOOK et INSTAGRAM d’Emel.


Amina : nouveau clip « Je te quitte » / Premier EP Confidences disponible

On aura rarement entendu une telle confidence de la séparation aussi intensément qu’à travers la passion émise, mot après mot, par Amina sur l’inoubliable et traumatisant « Je te quitte ». Narratrice d’une rupture vécue sous différents angles, parlant aussi bien à celui auquel elle se confronte qu’à sa propre faiblesse et lâcheté, l’artiste brise les chaînes de l’expression musicale, appelle le poème et l’écriture romanesque et autobiographique à son secours, tandis que les constats se déroulent, lentement et patiemment. De même, les images ne mentent pas ; teintées d’un réalisme amplifiant toujours plus l’amorce d’une implosion intime, elles se fixent, comme les témoins que nous sommes, sur deux êtres cruellement emmêlés dans leurs apparences. Amina ne choisit pas ce qui va advenir ; elle s’y soumet, seule solution possible et affirmation d’une fin qui, depuis l’origine de l’amour, avait pris racine. Mais elle n’en oublie pas pour autant de comprendre et d’accepter son rôle, dépassant alors le stade des reproches et colères inutiles. C’est là toute la force de « Je te quitte » : je me mets, littéralement, hors de moi, hors de nous. Pas par rage ou désespoir ; non, simplement parce qu’il en est ainsi et que cette démarche, aussi difficile soit-elle, est primordiale. Un coup de poignard en plein coeur, certes, mais ouvrant à la renaissance et à la reconstruction. Les vérités cathartiques d’Amina vous attendent sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Frank Rabeyrolles : nouveau clip « Wait and fear »

Le voyage de Frank Rabeyrolles et de ses partenaires, réels comme imaginaires, arrive à son terme avec « Wait and fear » ; un regard en arrière orné de souvenirs, de sensations, d’impressions fugaces mais essentielles à l’identité contemplative et introspective de sa lente et inéluctable progression. Le nouveau clip, toujours réalisé par Mélanie Dagnet, apaise ses plans, photographie mentalement les paysages, les textures, les lieux visités ou entraperçus lors de secondes gravées à jamais dans nos mémoires. De contacts en danses cérémoniales, de caresses en saveurs tactiles dessinant l’ambiance d’une nature revigorante, « Wait and fear » est une pause, un espace réservé à l’abandon et à la régénération. Les déceptions du passé et les craintes du futur n’ont pas encore lieu d’être, d’enfouir l’âme du compositeur dans leurs terres insalubres et étouffantes. La nécessité de cette parenthèse poétique et ancestrale nous absorbe, nous berce. Comme pour définir une dernière fois son Impossible retour, Frank Rabeyrolles lui confie ses intentions, son testament ultime avant de reprendre la route. Celle-ci ne sera plus jamais la même, et « Wait and fear » marque la procession d’une pierre blanche sur le fil du temps et de l’éternité. Les escapades intimes de Frank Rabeyrolles se découvrent sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Trafalgar : nouveau single « Enfer » / Premier EP Paressence disponible en décembre 2020

L’implication totale définie par Trafalgar sur son single « Enfer » relève aussi bien de la ténacité que du sacrifice ; deux éléments essentiels à l’amour, celui qui se doit de tenir malgré les marées hautes et les vents contraires, qui demande un effort, une compréhension, une attention de tous les instants. Prêt à se consumer pour l’être adoré, l’interprète dessine les contours d’une chanson non pas innocente et facile mais, au contraire, bien plus compliquée à mettre en oeuvre qu’elle n’y paraît. La douceur de sa musique prend le temps de contempler, d’avancer au fil des découvertes, des signes que personne ne regarde mais qui font toute la différence. La tendresse et ses manifestations humaines et naturelles s’entrelacent, se confondent mais ne se dirigent que vers une seule et même issue : le don, entier, du soi, de la conscience et des sentiments. Désarmant de sincérité et de dévotion, « Enfer » se fait l’exemple d’une complémentarité que rien ni personne – et surtout pas les autres, comme il l’exprime si bien en les acceptant dans le tumulte de l’existence en couple – ne pourra blesser, écorcher ou tarir. Des liens tissés et serrés sans douleur mais, à l’opposé, pour protéger du dehors, des agressions et du mal-être. Trafalgar poursuit ses explorations des caractères les plus purs sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


DAMIEN : nouveau clip « Business Angel » / Nouvel album Satan & Eve disponible (Ultimisme)

Le rapport de dépendance et d’amour/haine qui imprègne « Business Angel » pourrait paraître révoltant, machiste ou se dirigeant tête baissée vers un banal raccourci du rapport homme/femme. Mais toute la subtilité de DAMIEN tient, d’une part, dans l’évocation des biens matériels désuets que sa belle lui réclame et, d’autre part, l’attirance qui, elle, demeure inébranlable. Le fruit défendu ne sera jamais exposé, la tendance à la différence d’âge et à la plèbe courtisant la bourgeoisie demeurera sous-jacente mais formidable à contempler dans les détails qu’elle montrera (les pantoufles, les lunettes de soleil, la lenteur et l’épicurisme face à la folie de vivre, quitte à ce que ce soit aux dépens d’autrui). Il y a une ironie à la Gainsbourg sur ce nouveau single : pas uniquement musicalement ou verbalement, mais plus que tout dans la façon d’observer une tendance sociale et de la positionner face à ses dérèglements et faiblesses. Il va suffire d’un détail, amené sans crier gare, pour inverser les rôles, montrer qui tire les ficelles et pour quelles raisons ; dès lors, tout est limpide et la violence de la révélation transforme « Business Angel » en vengeance lente et manipulatrice. Par un sourire et un acte de soumission d’une incroyable simplicité, la relecture du court-métrage se fait totalement contradictoire par rapport à ses intentions fondatrices. La perfection du sadisme et de la mise en place de règles faites certes pour être transgressées, à condition de savoir qui est en face de nous ; peut-être le Diable en personne ? Réponse sur les pages FACEBOOK et INSTAGRAM de DAMIEN.


The Horse With Wild Eyes : nouveau clip « The Devil on my back »

Sous les paysages que la caméra suit lors des premiers instants de « The Devil on my back », le spectateur sent la terre trembler, les éléments noirs se faisant rapidement avides d’une émergence d’abord douce, grâce aux accords, arpèges et lignes de basse de The Horse With Wild Eyes, puis de plus en plus urgente. La brume devient fumée, vestige d’un autre monde s’apprêtant à nous sauter au visage, à reprendre ses droits. Tapi dans l’obscurité, le Diable a attendu son heure pendant des siècles ; il est temps. Possédant les musiciens dans leur interprétation instrumentale et leur chant, il guide ses imprécations, les impose et les concrétise tandis que la lumière se fait de plus en plus rare. Une sensation prégnante de prédation s’empare de nous, visuelle bien entendu mais, plus que tout, viscérale ; de créatures terrestres alliant vie et mort à une symbolique religieuse rapide et centrale dans la lecture païenne du titre, « The Devil on my back » se mue en une malédiction qu’il nous faut accepter, la résurrection de figures antéchristiques que l’on retrouvera non pas dans une personnification humaine, mais au détour d’un sentier, dans le cadre rassurant d’une forêt ou d’un ciel protecteur, dans les mélodies d’un banjo réconfortant et d’harmonies vivaces et éclairées. La menace, inoffensive lors de sa performance, demeure omniprésente. The Horse With Wild Eyes se garde bien de montrer les conséquences du retour du Malin ; car ce dernier revêt plusieurs formes que notre imaginaire poussera à nous hanter. Un hymne narratif dont les tonalités traditionnelles sont aussi palpitantes et habitées que les odes éternelles des élus malheureux de trop célèbres crossroads. Le charme venimeux émanant des créations de The Horse With Wild Eyes est à retrouver sur FACEBOOK.