Last Call : l’actu musicale quotidienne sans modération (2e partie)

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Otzeki : nouveau single « Fading Up (Original) »

Par saccades et syncopes, « Fading Up » s’élance et installe, lentement, sa troublante atmosphère. Tandis que l’électro satinée d’Otzeki se met en place, le passage de l’auditeur d’un état d’éveil à celui d’une transe douce et confortable s’impose de lui-même avant de sombrer peu à peu dans une stase émotionnelle durable et rassurante. L’esprit, partie infaillible et vitale du corps humain, est exposé de manière sensitive par ce nouveau titre, de ses tourments à ses rêves, de ses résistances à un laisser-aller nécessaire à sa survie. Les différents chapitres constituant « Fading Up » s’imbriquent à la perfection, alliant beats extatiques et nappes ambient permettant de se sentir en complète contemplation, sereinement, paisiblement. Le single nous autorise à nous effacer de la réalité pendant quelques minutes, à nous replier sur nous-mêmes afin de sentir notre énergie vitale reprendre sa place légitime au fil de notre existence. Quelques sons lointains finalisent l’action merveilleuse et unique à laquelle nous avons été invités ; des retrouvailles, sincères et liées à la notion même de confiance. Les bienveillances d’Otzeki sont à retrouver sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Stelartronic : nouveau clip « In Between » feat. Karafizi

Un lieu paradisiaque, où le soleil éclaire de magnifiques ruines, vestiges du passé accueillant la présence sensuelle et charismatique de Karafizi. « In Between », l’entre-deux musical, visuel et esthétique d’une forme d’art balançant régulièrement entre ses genres et ses intentions, se devra d’illustrer le sentiment de déchirement, d’étirement de la chanteuse et du compositeur. Il est d’ores et déjà impossible de dater avec précision l’ambiance générale du court-métrage, certains plans faisant penser aux bandes italiennes des années 1970 quand d’autres se font plus expérimentaux, notamment à travers l’utilisation des couleurs et des filtres lumineux. De même, l’instrumentation oscille entre pop, électro et synthwave, écrins idéaux pour porter toujours plus fort la voix de Karafizi, sa supplique, ses états émotionnels. Les deux présences s’observent en faisant mine de s’ignorer, mais dépendent amplement l’une de l’autre. La séduction peut alors pleinement s’opérer, de jour comme de nuit, dans la chaleur d’une virée dont le lendemain demeure indécis mais qu’il faudra savourer jusqu’à la lie. « In Between », la faille constante entre la recherche de l’affection et le besoin du plaisir ; deux éléments cruciaux que Stelartronic dessine avec une attention et une acuité réfléchies et communicatives. À vous de vous laisser emporter vers l’extase grâce à ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Ane Brun : nouveau clip « Closer »

Alors que nous ne sommes toujours pas remis du choc provoqué par son superbe After The Great Storm, Ane Brun prépare l’arrivée de son nouvel album How Beauty Holds The Hands Of Sorrow, prévu pour le 27 novembre prochain, grâce au single « Closer ». Transition idéale entre ses vidéos précédentes et les intentions contenues dans cet opus inédit et très attendu, le single se pare d’une captation sobre et intime, où la chanteuse et compositrice démontre à nouveau toute l’étendue de son talent, prenant à contrepied les expériences instrumentales de son oeuvre précédente en ne s’accompagnant cette fois que d’un piano. Cinématographique en diable, « Closer » est un jeu d’ombres et de lumières charriant une intense solitude, un appel au retour de l’être aimé que l’on sait loin et pour lequel larmes et regrets demeurent les uniques vestiges. L’interprétation directe et à fleur de peau d’Ane Brun donne les larmes aux yeux, cette dernière parvenant, uniquement grâce à sa voix et quelques gestes, face au micro, à transmettre les images mentales de sa complainte, ses ressentis et sa douleur. Osant se mettre en scène sans dissimuler son inspiration et ses objectifs artistiques, elle impressionne, hypnotise, fascine. Elle est sublime, dépassant la réserve du secret et nous aidant dans nos propres ruptures et malheurs. Tant et si bien que, lorsque les dernières notes résonnent, il ne reste plus qu’elle et nous. Ensemble, pour l’éternité. La muse vous attend affectueusement sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Marva Von Theo : nouveau clip « Ruins »

La basculement est constant, preuve irréfutable de l’incertitude de l’être ayant décidé de partir, de fuir. « Ruins », les restes charbonneux d’une relation brutalement enflammée puis consumée, a sombré dans les ténèbres et cherche une respiration, une réponse. Marva Von Theo dessine, par les chorégraphies et les variations ininterrompues d’éclairages à la fois doux et brutaux, l’interrogation ; celle qui ne devrait pas avoir lieu d’être car, si la sincérité et l’amour avaient été de mise, rien de cela ne serait jamais arrivé. Les tonalités électroniques s’encrent d’une noirceur apte à accueillir le chant de Marva Voulgari, son regard franc et profond, tandis que les corps s’agitent et se libèrent de leurs cocons intériorisés par la grâce du mouvement. La réalisation précise de John Karabelas instaure un climat de mélancolie et de doute, une sensation froide mais bien loin de terrasser ces êtres vivants qu’il met en scène avec concentration et respect. Sous les stroboscopes des pulsions de colère et de chagrin, « Ruins » reprend son destin en mains dès qu’il confronte le coupable à ses propres crimes sentimentaux : « The ruins of your wasted life / Will lurk around everywhere ». Pendant quelques dixièmes de seconde, l’éclairage se fait plus tendre, flash d’une réconciliation de la victime avec elle-même, lorsqu’elle sait de source sûre qu’elle n’a joué aucun rôle dans le départ abrupt de sa prétendue âme soeur. Le titre se mue en une révolte ténébreuse et intime, mais s’apprêtant à investir nos fausses impressions d’avoir commis, parfois, des erreurs qui n’étaient pourtant pas les nôtres. Une consolation certes douce et violente, mais vitale. Marva Von Theo vous livre ses formidables secrets et lectures de la psyché sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Tentative : nouveau clip « Pile pâle » / Premier EP 06h37 disponible (Kwaidan Records)

Après avoir soigné les maladies vénériennes de « Chlamydia », Tentative s’attaque au sort, à la fatalité et au destin grâce à « Pile pâle », petite merveille pop dont la sensualité et les choix draconiens s’unissent à la perfection. Grâce à une image usée par les années, le rôle de l’interprète au sein de son texte et de sa démonstration se fait toujours plus dense, tandis qu’elle susurre ses intentions et leurs effets contraires, pesant parfois les conséquences d’actes dont elle refuse la maternité exclusive. Advienne que pourra ; mais pas n’importe comment. Car Tentative ne cesse à aucun moment d’avancer, se laissant emporter par les aléas de l’existence, de ses plaisirs et hasards comme de ses déceptions. C’est cette progression insatiable qui rend « Pile pâle » toujours plus excitant et motivant : sans prendre de risques, nous ne sommes finalement pas grand chose. Tout comme nous sommes incapables de lire l’avenir proche ou lointain. Pourquoi, alors, s’en préoccuper ? En trois minutes, l’évidence est là, devant nos yeux et dans l’attirance que nous éprouvons à l’idée de rejoindre la chanteuse où elle se produit, parmi celles et ceux qui ont pris la même décision qu’elle ; il est temps de dépasser les a priori et autres doutes conduisant immanquablement à la procrastination. « Pile pâle » devient le repère idéal de nos secondes d’incertitude, en plus de remédier aux effets indésirables de ces dernières. Les ambitions épicuriennes de Tentative s’ouvrent à vous sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Naomi Greene : nouveau clip « Over The Hills (acoustic version) »

Nous sommes abasourdis, contaminés par le phénomène d’une beauté évanescente qui se produit devant nos yeux. La présence de Naomi Greene, de son arrivée discrète aux prémisses de sa performance, sans attendre, s’impose comme l’une des plus belles représentations visuelles, vocales et instrumentales de cette fin d’année. Seule à la harpe, elle regarde au loin, vers l’avancée inexorable des années, de la séparation par la mort et du manque qu’elles engendrent. Appelant d’imprévisibles retrouvailles, elle laisse son timbre invoquer une prière vers l’inconnu en atteignant des mélodies aiguës aussi fluides que cristallines. La force de la captation se trouve également dans sa mise en scène, derrière la musicienne : au fur et à mesure de l’évolution de sa complainte, le jour cède sa place à la nuit, l’aube de l’existence regardant le crépuscule comme s’il ne pouvait en aucun cas empêcher ce qui doit advenir. Portant les éléments et les cycles existentiels en son for intérieur, Naomi Greene est la déesse de ce qui a été, ce qui est et ce qui sera. Elle chante l’espoir et le chagrin, la passion et la solitude. De ce fait, lorsque l’explication s’écrit en silence lors des ultimes secondes du court-métrage, notre coeur se serre et les larmes tombent, en silence. Nous sommes toutes et tous les enfants et petits-enfants de quelqu’un. Le sang de nos ancêtres coule dans nos veines et forme les créatures uniques que nous essayons de devenir de notre naissance à notre trépas. Naomi Greene définit cette filiation avec grâce, respect et délicatesse. Elle remercie et souhaite, plus que tout, croire en ce monde céleste où les voeux infinis se concrétisent. Une déclaration spirituelle poignante et saisissante. Les poésies sensorielles de Naomi Greene sont à découvrir sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.