Last Call : l’actu musicale quotidienne sans modération

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crédits photos : Marie Planeille / Kilian Van De Water / Jeremy Harrell / Rachel Craft / Donald Milne

Mustang : nouveau single « Memento Mori »

Au premier abord, Mustang semble apaisé, reposé après trois années d’absence, diverses rencontres artistiques et une tournée outre-Manche en compagnie de Blondie. Mais si l’on se concentre sur les paroles de « Memento Mori », le lendemain de fête est beaucoup plus noir et amer que ne le laissent imaginer les paroles de ce nouveau single. Résigné à la disparition, à la mort en tant que fin en soi, et ce malgré des instrumentations légères et autres choeurs célestes et angéliques, le décès est inéluctable, n’annonçant absolument rien de concret ou même de spirituel au-delà du souffle ultime. La viande froide règne ici, pour une dernière fois, avant l’adieu irrémédiable et le travail à venir des vers et autres dévoreurs de chairs. Six minutes non pas de désespoir, mais d’une réalité qui, même si elle se montre sombre, n’en est pas moins vraie. Loin de vouloir provoquer, Mustang étale sans ménagement les faits, pratiquement de façon scientifique et chirurgicale. « Il vaut mieux se faire une raison / Ne pas chercher d’explication » ; ce qui a l’important mérite d’être clair. Tandis que nous sommes nombreux à penser ceci tout bas, certainement par honte ou pour ne pas froisser, Mustang y va sans prendre de gants. Ce qui fait de « Memento Mori » la définition musicale parfaite du néant; sans pour autant que celui-ci soit à un seul moment gonflé de sarcasme ou terrifiant. Ou comment abréger le travail de deuil en étant implacablement franc. Les joies inépuisables de Mustang vous attendent sur leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Mula : nouvel EP Pinyin danse disponible (DOWN)

Les premières phrases de Pinyin danse sont motivantes, surtout lorsque l’on comprend que celui qui les prononce a certainement vécu beaucoup plus de souffrances et d’expériences que nous. Pour rendre hommage à ce héros extraordinaire, le disque s’ouvre sur un downtempo dont les sonorités se font profondes et tentaculaires, invitant à leurs côtés des arrangements et instrumentations issus de continents différents. Voyage le long de la planète, dans un ciel où les frontières n’ont aucune importance, l’opus se pare tout d’abord de deux remixes de « René Swing », l’un dans des teintes plus cristallines, l’autre invitant chacune et chacun à une célébration inattendue dans les caves obscures de lieux souterrains à la fois accueillants et uniques. Second inédit, « Pinyin Danse » s’extasie devant les foisonnantes nuits orientales, leurs lumières resplendissantes et l’attraction de clubs ouverts jusqu’à l’épuisement de ses invités. Un tire à la dynamique irréprochable, source de plaisirs interdits et de mouvements grâcieux et libres, auquel son remix apporte une touche de sensualité supplémentaire et en parfaite adéquation. Mula parvient ainsi, en cinq titres, à maintenir une énergie considérable et communicative sans avoir besoin de prouver qu’il est capable de sélectionner et offrir des bonheurs et tentations auxquels nous ne pouvons absolument pas résister. Il vous attend pour de nouvelles soirées félines sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


exposé : nouvel ablum excès disponible

Âpre et d’une noirceur abyssale, le nouvel album des Lillois d’exposé s’imprègne des paradoxes de paroles parfois optimistes, mais qu’ils s’amusent consciemment à noyer dans un rock acide et en perpétuelle combustion. De questions existentielles dont les réponses sont évidentes à des éclaircissments revêtant les allures de drames prêts à se fracasser sur les murs du quotidien, excès dérobe le sol sous nos pieds et nous plonge dans la lave corrosive d’une musique impitoyable, rugueuse et fragmentée. Une forme de rock alternatif sombrant littéralement dans la folie quand les guitares se font lascives, tenant des notes désespérées sur une longueur prête pour l’ombre infinie qui se présente à elles. Le chant, incantatoire et désabusé, se pare de bribes expressives amplifiant le sentiment de malaise constant de l’opus, cette tension qui nous donne autant envie d’en profiter au maximum pour exorciser nos démons intérieurs que de retenir du mieux possible nos nausées et troubles mentaux. exposé est la forme guerrière et dévastatrice ultime du peu de résistances psychiques dont nous pouvons encore faire preuve ; car, après son écoute, même les plus tenaces seront conscients des drames et manipulations dont ils sont les victimes consentantes. Un clair-obscur funèbre et sans pitié, pour lequel nous vous conseillons de vous préparer psychologiquement ; car ses effets secondaires vont vous hanter pendant très, très longtemps. Les masques mortuaires d’exposé sont à admirer sur leur page FACEBOOK.


The Sideshow Tragedy : nouvel album After the Fall disponible (Spaceflight Records)

The Sideshow Tragedy est passé à deux doigts du drame. Entre épuisement professionnel et inspiration en berne, le duo texan a failli brûler ses dernières cartouches sur quelques titres de ce nouvel album qui, dans son ensemble, paraît aussi bien proche d’une descente aux Enfers que d’une renaissance. After the Fall se retourne et contemple le chemin parcouru, ses joies et ses peines, de même que les mois ayant précédé sa capture sur microsillons ; le doute, la légitimité et l’envie imprègnent neuf titres donnant tout ce qu’il est possible de délivrer dans un rock hors d’âge magnifiquement interprété et arrangé. À tel point que l’on finit par se dire que la souffrance a eu l’effet cathartique parfait pour engendrer une oeuvre fiévreuse, dépassant largement les 40°C corporels tolérables et laissant libre cours à ses visions artistiques et inspirations roots. De l’entrée rythmée de cuivres belliqueux en funk bruitiste et choeurs obsédés par l’engagement total, humainement et musicalement, de Nathan Singleton et Jeremy Harrell, l’opus nous embarque pour une traversée du Styx que nous ne sommes pas prêts d’oublier. Se confrontant au reflet cerné de regards presque éteints, le duo a saisi de plein fouet l’image que le miroir terni des années lui exposait, avant de le comprendre et d’en diffuser, dans cette oeuvre unique et cosmopolite, les saveurs d’eaux-de-vie régénératrices et cathartiques. Un retour phénoménal et poignant, brûlant et sensible. The Sideshow Tragedy vous expose ses actes et paroles d’une expérience unique sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Teenage Fanclub : nouveau clip « Home (single edit) » / Nouvel album Endless Arcade disponible le 5 mars 2021 (PeMa / Merge Records)

À l’aube de la sortie de leur très attendu dixième album, les membres de Teenage Fanclub se sont réunis, le temps d’une session illustrant leur nouveau single, au Leith Theatre d’Edimburgh, cadre idéal pour davantage infuser la croissance exponentielle du plaisir fourni par cet extrait dont la légèreté et l’insouciance n’ont strictement rien d’un hasard. Plutôt que de se laisser emporter par le pessimisme ambiant de ces derniers mois, nos musiciens ont préféré conserver la ligne directrice de leurs opus précédents, tout en l’amplifiant considérablement afin de réchauffer le paysage social et écologique qui nous entoure. « Home » rassemble en son sein toutes celles et tous ceux qui répondront à l’invitation, attendant patiemment les premiers rayons du soleil pointant derrière de lourds nuages gris afin de célébrer en extérieur la résurrection du monde moderne. L’énergie souriante qui se dégage de la performance nous ferait presque oublier le vide entourant le groupe, celui-là même que nous comblons par notre présence derrière l’écran. Une incitation à nous réjouir de temps certes difficiles, mais qu’aucun virus ou aucune crise économique ne viendront ternir ou étouffer. C’est aussi ça, Teenage Fanclub : un optimisme non pas vain, mais du domaine du possible et du quantifiable. Ces élans positifs sont à savourer dès maintenant sur leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Blood Wizard : nouveau clip « Breaking Even » / Nouvel album Western Spaghetti disponible le 5 mars 2021 (Moshi Moshi Records)

Savoir prendre des risques et sortir des sentiers battus de ses expériences précédentes ; c’est ce à quoi s’emploie Cai Burns, frontman du très respectable combo punk Kagoule, avec ce « Breaking Even » délaissant la saturation pour une forme de douceur et d’émerveillement totalement inattendue. Bien que le timbre du chanteur laisse toujours entrevoir une propension à l’agitation, le court-métrage et sa mise en musique ont considérablement baissé le volume ambiant, permettant au spectateur de profiter d’une atmosphère vaporeuse dont les allures de prêche à destination du monde entier sont aussi savoureux qu’envoûtants. En moins de trois minutes, Blood Wizard établit les fondations d’un futur album qui, comme son nom l’indique, ira voir aussi bien du côté des pionniers américains du siècle dernier que de leurs représentations culturelles diverses et variées. En odeur de sainteté, Burns s’achète une formidable conduite grâce à « Breaking Even », ballade folk rock dont les mélodies le transforment en prêtre habité corps et âme par le destin qui l’attend. Funeste ou maudit, on ne peut pas encore le dire ; mais, dans tous les cas, il est certain qu’il ne laissera personne indifférent, surtout après une entrée en matière aussi sincère qu’osée et jusqu’au-boutiste. Les aventures de Blood Wizard sont à suivre sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.