Last Call : l’actu musicale quotidienne sans modération

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crédit photo Cancre : Rod Maurice

River into Lake : nouveau single « Bounced » / Nouvel EP The Crossing disponible le 4 décembre (Humpty Dumpty Records / L’Autre Distribution)

La forme de rejet que raconte River into Lake à travers « Bounced » pourrait ressembler à un désespoir accru par la routine du quotidien, un sentiment fort d’incapacité à agir ou réagir face à l’imprévu. Mais plus le titre s’expose, plus il fait office de formidable bouleversement des habitudes : dans ses formes progressives et par ses sonorités synthétiques et rythmiques en constant décalage, il brise les tendances à l’auto-privation de nos propres habiletés à rebondir, à voir dans le désarroi autre chose que le gouffre insurmontable de la perte de repères professionnels, personnels et sociaux. « Bounced » assure une transition impeccable entre ce qui pourrait étouffer l’individu et ce qui, à l’opposé, lui donne une énergie que rien ne peut terrasser. Ses éclats de claviers épousent les contours lumineux du chant de Boris Gronemberger, l’union de ces éléments permettant de regarder au-delà du marasme et de la résignation. En quatre minutes extatiques et côtoyant les sommets de la perfection lyrique et instrumentale, River into Lake introduit le futur The Crossing faisant montre d’une écriture précise et aérée, doublée d’une composition et d’arrangements idylliques dont on ne cesse de s’imprégner. Pour en apprendre davantage sur le chef-d’oeuvre à venir des Bruxellois, rendez-vous sur leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Cancre : nouveau single « Face au vent » / Premier EP Face au vent disponible le 20 novembre (Upton Park)

Rompre les habitudes. Les regarder face à face, sans baisser les yeux malgré les picotements et les larmes que nos paupières grandes ouvertes ne peuvent soulager. Il faut du courage, de la conviction pour affronter le changement, pour oser le manifester librement, quitte à s’isoler du commun des mortels. Cancre ne mérite aucunement sa place de dernier de la classe ; le trio aurait même tendance à habilement inverser la tendance. « Face au vent » délivre un rock dont les bourrasques verbales sont autant de conseils et de règles à respecter pour, enfin, se sentir exister. Des mots chassant, en un souffle puissant, les amitiés tout sauf sincères, les petites voix insidieuses ayant réponse à tout et nous orientant inexorablement vers la perte de notre identité. Cancre ne se contente pas de suggérer : il démontre, comme le problème mathématique et humain auquel il est confronté, que un plus un ne font pas forcément deux. Qu’il est vital de multiplier les sensations, les expérimentations, les épreuves et les plaisirs pour que le sang batte encore plus fort dans nos veines. Irrigant nos cerveaux et nos motivations profondes, « Face au vent » est un formidable et respectueux affront que l’on aime clamer au visage des esclaves si nombreux de règles désuètes et infantilisantes. Le premier EP du groupe arrive la semaine prochaine ; prenez d’ores et déjà les décisions qui vous sauveront la vie en allant fréquenter nos sales gosses préférés sur leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Spang Sisters : nouveau clip « Eddie Murphy »

La passion selon ses formes les plus imprévisibles ; pour autant, « Eddie Murphy » (nous n’essaierons même pas d’expliquer ce titre, partie encore plus essentielle du mystère ambiant) met une grande claque à la vision commune des relations et des couples partant rapidement à la dérive, car se focalisant sur des principes usés jusqu’à la corde. La pop bercée de R’n’B et de rock de Spang Sisters, douceur nacrée entourant ses héros du jour, permet à l’action de ne jamais verser dans l’absurde et de démontrer une remarquable émotion malgré sa mise en scène regardant fixement les règles de l’absurde. Ici, une saucisse vit son quotidien comme si de rien n’était, avant sa rencontre décisive et fulgurante avec un bâtonnet de poisson pané ! Cependant, « Eddie Murphy » s’émerveille au fil de ses idées créatrices et sensibilise nos personnalités à une simplicité de l’instant qui nous manquait cruellement. La tendresse innocente de nos protagonistes, leurs sauvetages respectifs d’une routine pesante et encombrante, en font les idoles de nos journées futures, les exemples à suivre dès que la séduction s’insinue entre nous et l’être désiré. Une merveille d’inventivité scénaristique et musicale, basculant rapidement vers l’exemplarité artistique la plus totale. En guise de finale, le making of accompagnant le générique est la preuve irréfutable de tenir là une oeuvre certes décalée, mais terriblement attachante. Spang Sisters vous propose de rencontrer leurs doubles oniriques sur leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Troisième Dessous : nouveau clip « Les oubliés »

L’énoncé que Troisième Dessous déroule avec « Les oubliés » est implacable. Anonymes en tous genres, victimes collatérales de conflits meurtriers ou personnes rejetées par la société pour des raisons tout sauf logiques (aliénation mentale, pauvreté, la liste est malheureusement longue) ; les images et les mots véhiculent, sur un ton aigre et tristement passif, ces individus mis au ban d’un monde moderne ne sachant pas quoi faire d’eux. Et s’en moquant un peu, pour être honnête. L’impact des plans et irrévocable, d’une violence inouïe et démontrant, sans avoir besoin d’exagérer la réalité, la stupidité de considérations que tout le monde connaît mais que personne ne critique réellement, par crainte d’étouffement ou de représailles. Troisième Dessous illumine les consciences en les percutant de plein fouet, jouant des projections multicolores et archives vidéos comme on décrypterait un ouvrage obscurantiste empli de sagesse et de colère. Face au mépris et à l’aveuglement, « Les oubliés » se soulèvent à travers le rock mécanique et subversif d’un trio qui, en regardant autour de lui, voit de ses propres yeux que tout est sur le point d’exploser ou d’être réduit en cendres. Une tension continue, parcourant les quatre minutes de ce brûlot affirmé et comptant les cartouches des martyrs auxquels on a même ôté l’assurance de vivre. Mais continuons à nous détourner d’eux et à changer de trottoir ou retourner nos vestes, afin de ne pas avoir l’air de nous apitoyer ou de comprendre leur détresse… Bienvenue dans le nouveau millénaire. Troisième Dessous vous invite à remettre en question les convictions que d’autres ont décidées pour vous sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


BUL : nouveau clip « Paradise » / Nouvel album Simon disponible (GreenPiste Records / L’Autre Distribution)

Il y a un élément décisif qui rend la musique de BUL immédiatement accrocheuse et passionnante à explorer : cette façon que le trio a de ne rien dévoiler sous des formes qui nous semblent pourtant familières, mais au coeur de mélodies iridescentes et à haut pouvoir de dépendance et de fascination. « Paradise », exemple frappant de ce que l’album Simon réserve, en est la preuve irréfutable : malgré son titre pourtant optimiste, les musiciens évoluent dans de ténébreux monochromes, dissimulant en partie leurs interventions vocales et instrumentales. Le titre est un appel venu des profondeurs de la solitude, une pépite indie pop attendant d’être comprise et écoutée à sa juste valeur. Ciselé jusque dans ses moindre harmonies, « Paradise » démontre une capacité d’écriture et de composition qui, dans un genre souvent employé de manière trop aisée, fait office de petite révolution sonore et lyrique. De mains sortant de l’ombre au dédoublement des figures et des plans, le court-métrage déforme, en trois minutes, une réalité issue de l’imagination et des pensées les plus audacieuses et accueillantes de BUL, surtout lorsque le timbre devient électronique et désincarné pour mieux reprendre le pouvoir sur la passivité. Une merveille nous incitant à nous libérer de nos idées noires et autres soucis ancrés dans la négativité, à exulter au lieu de pleurer. Ces pierres précieuses se prolongent au fil d’un opus parfait en tous points, dont nous vous reparlerons très rapidement. En attendant, sortez de vos solitudes et apprenez à connaître BUL en les retrouvant sur leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


La Vérité Avant-Dernière : premier EP La Vérité Avant-Dernière disponible (Fifth Section Records)

L’énergie sombre et sans rémission du désespoir. Le bruit immuable de l’enfoncement mental, de l’illusion devenue enterrement de nos ultimes forces psychiques. La Vérité Avant-Dernière nous laisse anticiper le pire, dans un avenir proche ; sans prendre de gants, le projet franco-américain nous projette au visage les boues saumâtres de quatre titres nihilistes jusqu’au bout de leurs ongles sales et ensanglantés. Une morsure d’une rare violence, clamant ses dépressions et révolutions sur les ruines pathétiques d’un monde effondré et comptant ses victimes. Mais l’illumination, si tant est qu’elle puisse exister dans ce marasme où nous nous embourbons implacablement, demeure omniprésente au coeur de clameurs invocatrices ; quelle sera la finalité après la destruction ? Lorsque les guitares s’emplissent d’harmonies aiguës, que basse et batterie martèlent leur marche en avant et leurs appels à sortir des décombres, La Vérité Avant-Dernière révèle un pouvoir de transfiguration nous empêchant de totalement annihiler nos pouvoirs intérieurs. Un hurlement mobilisant toutes nos dernières capacités, unissant les ultrasons aptes à reconstruire malgré le néant qui nous entoure. Froid et démoniaque, l’opus ne se morfond pourtant pas et réussit à insinuer, dans nos âmes blessées et à vif, ses pénétrantes incantations, entre cruauté et résilience.