Last Call : l’actu musicale quotidienne sans modération (2e partie)

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crédit photo Satellite Jockey : Lise Dua

Telquist : nouveau single « Mojo »

On peut donner des centaines de définitions au terme « Mojo », des plus intenses aux plus osées. Toujours est-il que ce qui rapproche ces nombreuses significations s’ancre sur une réalité concrète : une énergie vitale, un moteur permettant d’exprimer, physiquement ou artistiquement, les summums indescriptibles de l’inspiration. Pour Telquist, c’est tout cela et plus encore : son électro se fait sensuelle et électrique, au fil des choeurs et des beats que les samples viennent orner de désir et de soupirs. Une effervescence de tous les instants, n’hésitant pas à inviter la tendresse d’une guitare acoustique ou les distorsions lointaines d’instruments possessifs prêts à s’incruster lors de la soirée d’excès qui s’annonce. Synthétisant la force et la pulsion en trois minutes montre en main, Sebastian Eggerbauer explore toujours plus les parfums cutanés et éthyliques, les essences sucrées et hypnotiques d’un moment inoubliable, là où se côtoient la naissance du plaisir et le besoin radical de laisser s’échapper toutes nos envies et notre folie. Le clip accompagnant ce formidable single est attendu pour demain ; gageons que « Mojo » n’a pas fini de répandre ses innombrables et sulfureuses interprétations. Pour l’heure, rejoignez Telquist sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Coup de coeur : Rosie Marie

Seule au piano, Rosie Marie a interprété, durant les mois de confinement que nous avons vécus – et que nous subissons à nouveau – une multitude de home sessions au fil desquelles elle n’a jamais hésité à expérimenter de nouvelles façons de nous confier ses chansons et reprises. En plus d’être une formidable interprète dont le toucher se fait grâce et la voix se mue en caresse et en tendresse, elle imprègne ses échanges, ses concentrations et ses fantaisies d’une poésie de l’ordinaire communicant avec nos fors intérieurs. Aussi bien dans son regard que quand elle se focalise sur les touches de son instrument, Rosie Marie écoute autant qu’elle joue, attentive au moindre mouvement, aux réactions qu’elle nous incite à exposer pour elle, en toute complicité et sincérité. Tandis qu’elle s’apprête à sortir un nouvel EP, Des Fleurs, pour lequel elle a lancé une campagne Ulule (toutes les infos sont disponibles via ce lien), la compositrice nous fait partager les différents moments de la genèse du disque, régulièrement, par l’intermédiaire de ses réseaux sociaux. Ce qui nous donne irrésistiblement envie de nous replonger dans son histoire, celle d’une vision de la chanson française et de l’art cherchant constamment des complémentarités dans leurs formes d’expression, que ce soit par la danse (« MINUIT », en 2016 et « DES CORPS ÉLECTRIQUES » en 2018) ou le mouvement cinématographique lié aux gestes et aux sensations cutanées (« MÉTAMORPHOSE » en 2019). Tout l’art de Rosie Marie fonctionne par connexions, qu’elles soient harmoniques ou humaines. Ces liens invisibles qui, unis dans son esprit, dans ses attentions ou ses créations, dépassent amplement et magnifiquement le cadre trop fermé de l’enregistrement. Inviter à soi ses ouvrages précis et sensitifs, ses pages d’une autobiographie imagée et sincère, c’est accepter de voir au-delà des apparences et des formes. De ressentir une bienveillance qui, elle aussi, a besoin de la nôtre ; un cadeau que nous lui offrons sans aucune hésitation. Pour tout savoir sur Rosie Marie, rendez-vous dès maintenant sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Anoraak : nouveau single « Transatlantic »

Dans son intitulé, « Transatlantic » se montre beaucoup trop réducteur. En effet, le nouveau titre d’Anoraak ne se contente pas de dépasser les frontières océaniques de deux continents, mais bel et bien de réconcilier les cinq présents sur notre planète, dans ses audacieuses formes électroniques, ethniques et tribales. Conviant à la fête le funk, les percussions les plus dansantes et des harmonies synthétiques nous replongeant dans deux décennies de folies nocturnes, « Transatlantic » est une course folle vers le plaisir, une parade lunaire à bord d’un véhicule décapotable lancé à vive allure, tandis que les lumières de la ville se mettent à scintiller toujours plus intensément lors de notre passage. Imparable et hautement thérapeutique, le titre fait pulser nos mains et notre coeur, basses profondes et nappes sensuelles s’insinuant dans nos artères et nos muscles tandis que le piano impose son irrésistible cadence. Anoraak se lance à bride abattue dans l’interprétation de ses désirs et de sa culture en constante amplification, mettant son inépuisable curiosité au service d’un art qui ne peut à aucun moment nous laisser de marbre ou ne pas provoquer en nous les poussées d’adrénaline les plus salvatrices. D’autres monuments sonores vous attendent dès maintenant sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Satellite Jockey : nouveau single « Drôle de journée » / Nouvel album Le Week-End disponible le 11 décembre (Another Record / Créature Production / Le Pop Club Records / L’Autre Distribution)

La curiosité est trop forte : il nous faut savoir ce que représente, pour Satellite Jockey, cette « Drôle de journée » encore plus mouvementée que son titre ne le laisse entendre. Musicalement, la chanson passe d’une nonchalance reposante et ensoleillée à une précipitation des événements, imprévisibles et pourtant passionnants à vivre. Une bascule harmonique du psychédélique au soft rock, en douceur mais sans omettre de moduler l’interprétation et les sensations que cette dernière provoque en nous. Le canevas mélodique permet dès lors de se focaliser sur un thème qui nous est, à toutes et à tous, très familier ; le destin et ses fantaisies quotidiennes. Le temps s’inverse, les nouvelles affirment le pli que ce dernier prend au fur et à mesure de l’illusion et de sa forte réalité. Un retour en arrière où les besoins dansants du soir se subsituent à la paresse matinale, tandis que Satellite Jockey nous incite à comprendre ce phénomène nécessaire au bon déroulement de ses événements. Rappel à l’ordre autant que correction des imperfections, « Drôle de journée » s’adresse à celles et ceux que les regrets rongent continuellement, rendant réalisable ce qui ne l’est d’ordinaire jamais. Saisissons notre chance avant qu’il soit trop tard ; pour ce faire, rendez-vous sur les pages FACEBOOK et INSTAGRAM de nos musiciens quantiques.


TOO MANY KIDS : premier EP TOO MANY KIDS disponible

Au départ, cette fulgurante impression de détenir entre nos mains brûlantes une sensation rock mélodique bercée d’influences US utilisées savamment et à bon escient. Puis, petit-à-petit, TOO MANY KIDS révèle ses secrets, ses risques et aventures structurelles que beaucoup d’entre vous ne vont certainement pas voir venir. Car tout l’art du groupe repose sur ce que l’on n’attend pas, ce qui pulvérise la construction d’une piste par le biais de détails semblables aux ligaments reliant les parties d’un seul et même corps. Que ce soit à travers des choeurs fantomatiques, une précipitation urgente et inattendue ou la progression rythmique d’abord lente puis débridée de cinq minutes de plénitude électrique, l’opus fait montre d’une solidarité parfaite entre ses différents créateurs. Se risquant parfois au punk sans jamais en amplifier les écarts de conduite, ce qui aurait eu pour conséquence de dénaturer l’oeuvre dans son essence même, TOO MANY KIDS a fui la cours de récréation et ses encombrants bambins pour s’enfermer dans un local isolé de toute influence extérieure et laisser ses impulsions se construire lentement, patiemment. Le résultat est échevelé et amplement communicatif, porté par une production précise et ne laissant aucune note ou transition sur le carreau. Un véritable miracle, l’aubaine pour celles et ceux qui, en ces temps de confinement, ressentent le besoin de sortir de leurs gonds tout en conservant une certaine forme de dignité ; du moins, l’espace de quelques secondes. Les génies possédés de TOO MANY KIDS vous attendent dès maintenant sur leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Heeka : nouveau clip « Elsewhere » / Premier EP Black Dust disponible le 27 novembre (Koala Records)

6400 images. C’est ce qu’aura nécessité la réalisation du tétanisant « Elsewhere », court-métrage habité par la pesanteur existentielle et une forme inédite de violence contenue, réalisé par Heeka elle-même durant le premier confinement. C’est bien simple : il est impossible de sortir indemne de l’oeuvre intègre que représente le clip, de ses fulgurances visuelles où l’intime se construit autour d’une noirceur de l’âme quasiment palpable et triturant notre imagination jusqu’au point de rupture. Musicalement, « Elsewhere » laisse monter la fascination et l’angoisse, les choeurs masculins portant à bout de bras la narration possédée d’une artiste transformant sa musique en une expérience extrême baignée d’interrogations, de colère et d’auto-flagellation auxquelles il est définitivement temps de mettre un terme. Trouver un ailleurs, une libération. Fuir pour enfin exister, consumer la prison intérieure de la dépendance humaine, liquide et chimique. « Elsewhere » est un choc total, l’affirmation d’une créatrice se dévouant corps et âme à son exorcisme et à la confidence qu’elle nous en fait, sans prendre de gants ou nous ménager. Notre réaction, tout d’abord épidermique, finit par devenir addictive, à son tour ; car oser de telles formes d’expression, sauvages et impulsives, relève autant du risque que du génie pur. En attendant impatiemment Black Dust, disponible dans une quinzaine de jours, tout ce que vous voulez savoir sur les fantasmes ténébreux et révélateurs d’Heeka et à découvrir sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.