Last Call : l’actu musicale quotidienne sans modération

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Ozya : nouveau single « The Armour »

L’obscurité, les fumées âcres d’une solitude et d’un enfermement volontaires. Avec « The Armour », Ozya doit parvenir, coûte que coûte, à trouver la faille d’une carapace mentale mettant en danger l’un des êtres qu’elle aime et qu’elle souhaite, par sa présence et sa musique, aider. Dans un noir et blanc parfois jauni, rappelant le passé et ce qui a mené à cette décision d’isolement, floraisons et tunnels infinis se superposent tels l’éclosion d’une renaissance et les passages difficiles qui y mèneront. Mais Ozya ne bougera pas ; elle restera là, blottie contre la créature meurtrie. « The Armour » déploie autant de craintes que de volonté, de vulnérabilité que d’espoir. « But only you can save yourself / and I’ll stay / close to your river » ; la motivation la plus pure, la plus tenace. Ne jamais lâcher prise. Ne jamais abandonner ni rejeter. Les choeurs et les lueurs apparaissant au fur et à mesure de l’évolution ascendante du titre nous permettent d’entrevoir une brèche, un regard vers l’extérieur. L’effet se produit, s’étend et fragilise ce qui semblait impossible à détruire. Ces murs sensibles, ces douleurs et meurtrissures nous conduisant immanquablement à nous réfugier dans le silence, à clore notre existence. C’est sans compter sur ces âmes uniques, rares et confiantes qui ne veulent que notre bien. Elles sont exceptionnelles et peu nombreuses ; Ozya leur donne une voix qu’il nous est impossible de ne pas entendre. Écoutez-la tant et plus sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Hakma : nouveau clip « Always In My Heart » / Nouvel EP Always In My Heart disponible (Polyptych Limited)

Le travail de deuil. Ce passage obligé consécutif à la perte, à l’absence. Même si la majorité d’entre nous souhaiterait ne pas avoir à l’effectuer, à le traverser, il doit être vécu, à plus ou moins long terme, selon le temps nécessaire. Pour Hakma, il aura fallu de nombreux titres, des heures de composition et de retranscription sur partition d’états d’âme mais, plus que tout, de ce que le décès de son épouse a provoqué en lui. Le testament de sa présence éternelle, entre les larmes et la force de créer. « Always In My Heart », périple somnambule vers une destination inconnue orné de colères et de danses immémorielles, est d’ores et déjà un mouvement vers l’avant, une volonté inébranlable de ne pas stagner et s’achevant sur un mémorable partage spirituel et humain. L’électro emplie de sensations fortes du DJ et compositeur, les voix hantées qui la parcourent, immortalisent l’indicible, la réserve, le repli. Comme un animal blessé, Hakma s’est enfermé avec ses machines et ses traumatismes, mêlant les unes aux autres dans une oeuvre cathartique certes mais, plus que tout, baignée d’une lumière demeurant auparavant en retrait. Malgré les aveuglements nocturnes, quelques étincelles jaillissent. Il n’y aura pas de recommencement ; il y a aura ce qui doit subvenir après l’épreuve ultime, ce qui devient en conservant quasi religieusement les heures de bonheur commes celles de douleur. Sur son EP, la résilience s’élève toujours plus haut : « Overcome » trace un chemin éblouissant vers le devenir quand, plus loin, « Drama » écrit les pages épuisées mais conscientes d’une mélancolie sourde et pénétrante. Cédant sa place à « Life Goes On », dépassement de soi exemplaire et bouleversant, Hakma nous offre ce qui ressemble le plus à la preuve flagrante de l’union sacrée, seule à même de ne jamais considérer l’au-delà comme une fin en soi. Un opus intime et jusqu’au-boutiste, d’une formidable et incroyable clarté et intelligence. Soutenez dès maintenant Hakma sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Jean-Baptiste Soulard : nouveau clip « Isba » et « Cerbère » feat. Blick Bassy (Session La Blogothèque)

Impossible de ne pas sentir la vie quotidienne se déroulant sous le toit de cette « Isba » dont Jean-Baptiste Soulard nous conte les rencontres, les instants familiaux et amicaux, les traditions et découvertes. Grâce à l’appui du violoncelle, le musicien paraît visualiser les scènes qu’il décrit, les imaginer quelques centièmes de secondes avant de les chanter. Ainsi, son ode au lieu lointain se pare d’un décor unique en son genre, respectant à s’y méprendre ce que les légendes transmettent de génération en génération. Un patrimoine oral dont nous sentons également les climats, la session de nos confrères de La Blogothèque ayant été captée au milieu d’une patinoire déserte, apte à permettre au duo qui s’en empare de réchauffer l’atmosphère grâce au feu de leurs mélodies et de leur écoute. Appelant à l’échappatoire et à la douceur d’un soleil éclatant, en plus d’offrir au spectateur les voies de chemins de fer d’une destination qui nous semble réellement familière, c’est en extérieur que « Cerbère » nous laisse pénétrer dans un monde ouvert gagnant davantage en sérénité et en bien-être. Le rythme accélère en mesure avec les battements de nos coeurs, les sensations se font plus fortes, plus frémissantes sur nos peaux hérissées par le plaisir du moment présent. En deux chapitres complémentaires, Jean-Baptiste Soulard et Blick Bassy traversent les saisons et les habillent d’une incomparable poésie et présence humaine. Retrouvez les hymnes naturalistes de Jean-Baptiste Soulard sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Accalmie : premier album Semaine de huit jours disponible

La musique ambient n’est malheureusement pas souvent à l’honneur dans l’Hexagone ; grave lacune, tant celle-ci réserve, à son écoute, des sensations que d’autres genres ne parviennent que rarement à atteindre. Si l’on met de côté son aspect expérimental pour ne se concentrer que sur la pureté de ses essences, ce qu’accomplit remarquablement le duo havrais Accalmie avec son premier album, l’atmosphère des pistes sensitives que nous découvrons s’empare rapidement des températures et lieux qui nous entourent, ouvrant les pièces closes de nos enfermements actuels à bien d’autres décors que notre imagination met immédiatement en branle. Semaine de huit jours se lit et s’observe comme une collection de tableaux naturalistes, de bruits et nappes synthétiques ne sombrant à aucun moment dans l’artificiel mais, au contraire, parvenant à maintenir des sensations organiques et biologiques que nous sentons circuler dans chaque membre de notre corps. La luminosité de l’opus lui octroie une intense limpidité, une continuité idéale entre chacun de ses composants, qu’ils soient instrumentaux ou structurels. Accalmie est l’histoire d’une écoute constante : celles de deux compositeurs et interprètes unis dans la même sphère harmonique, et celle, plus universelle, d’une communion solennelle avec les créatures terrestres et sous-marines parcourant les paysages les plus beaux du monde. Une oeuvre éclatante et respectueuse de nos cinq sens, autant que des éléments vitaux parmi lesquels nous évoluions sans jamais les voir. Du moins, jusqu’à maintenant. Les explorations d’Accalmie sont à retrouver sur leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Holy Pills : nouvel EP Time Lapse disponible

Un élément primordial permet à Time Lapse de se démarquer du tout-venant rock hexagonal actuel : son fascinant mélange d’électricité et de soul, les émotions et ressentis corporels se conjuguant à la perfection au sein d’une musique aussi bien emplie de rage et de motivation contagieuse que d’impressions personnelles exposées au grand jour, devant une foule levée et prête à suivre Holy Pills. Des effets dont la fulgurance nous saisit sur le moment, coup de fouet savamment porté pour faire mal et inciter à la réflexion. L’art d’Holy Pills ne se contente pas d’une forme de révolution par l’harmonie, la percussion et le cri ; c’est en instillant des éléments contradictoires qu’il prend forme, se faisant tour-à-tour charmant puis, dans les secondes qui suivent, éminemment corrosif. Time Lapse voyage dans les époques et les étreint afin de s’en inspirer, créant alors la conjonction impeccable d’ères diverses et focalisées sur un carrefour crucial de l’espace-temps. On y entend la colère, le soulèvement et le désir de profiter de l’instant, sans contrainte ni opposition de quelque forme que ce soit. Un souffle de liberté n’oubliant jamais d’être patiemment argumenté, tant instrumentalement que vocalement. En entremêlant toutes ces caractéristiques, Holy Pills dépasse le simple cadre du rock revendicatif ; il lui donne un sens, une définition neuve et moderne. Les intentions profondes de ce groupe exceptionnel sont à retrouver sur leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Zola Mennenöh : premier album Longing For Belonging disponible le 13 novembre (figureight records)

Cette appartenance à laquelle tend la chanteuse et multi-instrumentiste Zola Mennenöh s’entend dans chacun des arrangements imprévisibles de son superbe premier opus, Longing For Belonging. Des appels lointains, portés par les sons d’une nature et de lieux nous semblant étonnamment familiers, où elle déploie les ailes de sa solitude et de sa patience dans des sonorités folk savamment mûries et pensées. Chaque piste ressemble à s’y méprendre à un dialogue entre l’artiste et les compagnons de route imaginaires qu’elle idéalise à ses côtés ; que cela se dissimule derrière les choeurs respectueux d’une berceuse, les accords blues d’un piano exilé ou encore les percussions improvisées d’une étape chamanique, l’album dévoile peu à peu ses intentions et tentations, tant vers l’obscurité qu’en direction d’une rassurante luminosité. Zola Mennenöh peut alors basculer d’un paradis accueillant à la peur d’un lendemain sans compagnie ni attention, dans des bruits menaçants mais irrésistiblement attirants. Les étapes de son périple, parsemées d’éclats de verre saillants et de pétales de fleurs caressants, amènent l’auditeur vers une compassion de tous les instants, ouvrant ses bras et son affection pour une créatrice considérant ses oeuvres comme le reflet immaculé et sincère de sa propre psyché. Des instants magiques et troublants, à retrouver dès maintenant sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.