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Robin Schlochtermeier : nouveau clip « Amethyst »

Compositeur anglo-allemand de musiques de films et de documentaires, Robin Schlochtermeier se lance dans l’aventure d’un premier album solo en n’hésitant pas à volontairement égratigner les obligations illustratives de ses travaux précédents. Spectral regorge d’une multitude de détails que d’autres formats n’auraient jamais pu accueillir, ce qui démontre la focalisation extrême du créateur face à ce nouveau défi. « Amethyst » ouvre la voie à l’univers nuageux et minimaliste que nous pouvons dès à présent savourer, nimbant ses bases ambient de décorums imprévisibles, de finitions quasiment maniaques et de pierres précieuses finement ciselées. L’art unique du mouvement et de la stagnation confondus, de l’immobilisme du corps et de l’esprit tandis que leur environnement se précipite, s’agite autour d’eux. fort d’une avancée ininterrompue, « Amethyst » voyage au gré des sources nécessaires à son plaisir, entraînant l’auditeur dans cette quête d’une infaillible perfection. Les trésors enfouis de Robin Schlochtermeier vous appellent depuis ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Rio Vero : nouveau clip « Dark Waters »

Un isolement volontaire, afin de ressentir les effets des substances usées et abusées pour tromper l’ennui et oublier, quelques instants ou éternellement, le poids du monde et des relations. Le message délivré tout au long de « Dark Waters » est limpide, risquant sa salubrité mentale et sa solitude durant les cinq minutes d’une confession intime et intense. Dans ses échanges hip-hop et mélodiques rappelant les tentations d’un retour à la normalité et les convictions à suivre sans faiblir, Rio Vero inscrit ce que deviendra, visuellement parlant, cette quête des retrouvailles avec soi-même. Sans visage ni expressivité, la créature humanoïde que nous suivons a choisi l’exil, les terres menaçantes et attirantes de lieux désertés par l’humanité. Par-delà les nuages ou face aux éléments naturels, du feu à l’eau, de la terre au vent, Rio Vero laisse son personnage mental expérimenter les conditions extrêmes de la délivrance. Elles seront pénibles, difficiles, quasiment impossibles à supporter. Mais, au bout du compte, elles changeront à jamais le maître de ces landes hantées par l’absence. Une danse exaltée, l’apparition monolithique finale de l’objet de culte et de rédemption ; « Dark Waters » ne se noie à aucun moment, nous incite et respirer et sentir les énergies qui, autour de nous, seront les seules à même de nous sauver. Un court-métrage intense et apte à nous apprendre comment exister, pleinement. Rio Vero vous attend au sommet de ses accueillantes montagnes sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Myles Sanko : nouveau clip « Rainbow In Your Cloud »

La soul exposée par Myles Sanko avec « Rainbow In Your Cloud » se nimbe d’une brume épaisse, le long d’un chemin de montagne désert où, seul, le musicien avance droit vers nous. Lieu atypique pour ce genre d’illustration cinématographique, il demeure pourtant essentiel à la déclaration sentimentale de l’homme qui se dresse, ici et maintenant. Les éclats instrumentaux du titre traversent, sans que l’on s’en rende immédiatement compte, le brouillard environnant. La présence de Myles chasse les pensées négatives, le froid transperçant et susceptible de s’emparer de nous au sein d’un tel contexte naturel et climatique. Figure angélique transfigurée par sa fonction actuelle, il se dirige vers les êtres égarés et tristes que nous sommes, laissant paraître un soleil lisible dans son regard et ses mouvements. Les chœurs et cuivres de « Rainbow In Your Cloud », mélodies célestes apportant un mysticisme teinté de possible tout au long du court-métrage, amplifient l’effet produit par l’être de chair et d’émotion qui, sans baisser les yeux, nous amène à ses côtés. L’âme d’un passionné dont la grandeur s’amplifie au contact d’une nature auparavant hostile, mais dorénavant accueillante et nourricière. Quatre minutes de réconciliation intime aux conséquences se prolongeant des heures durant. N’hésitez pas à remercier Myles Sanko sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Baby Queen : nouveau clip « Want Me »

Baby Queen continue son ascension au moyen de choix artistiques audacieux et imprévisibles. Pour « Want Me », elle se métamorphose en maîtresse de cérémonie emplie d’optimisme, tandis que ses paroles sèment le doute sur le résultat d’une telle exposition. Couleurs disco, tenues bariolées et scintillantes, scène de bal de promo : la musicienne met en scène sa propre élimination de la pensée et des émotions de l’autre, avec ironie et un brin de masochisme contrôlé. « Want Me » respire le désir entrelacé avec l’échec, l’attraction en lutte avec le rejet. Les styles visuels s’enchaînent, cinématographiques et parfaitement ancrés dans leurs mouvements musicaux (le noir et blanc des propos en français est irrésistible). Malgré ses innombrables efforts, nous sentons que tout va mal finir, que la colère l’emportera sur l’espoir. Ce paradoxe fascinant et maîtrisé imprègne l’œuvre entière de Baby Queen, ses vidéos comme son magnifique EP Medicine. Sauf que ce nouveau tableau frénétique épouse sans aucune mesure la dualité psychique d’une compositrice et femme ne voulant sombrer ni dans les regrets, ni dans la dépression de lendemains qui déchantent. Les deux couleurs opposées de son tempérament nous explosent en plein visage pendant quatre minutes de folie à la fois douce et aliénée. La preuve irréfutable de sa domination grandissante et sans commune mesure dans le monde artistique actuel. Répondez à l’attraction de Baby Queen sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Fredrika Stahl : nouveau clip « Rescue Me »

Mélange puissant de chamanisme, de sorcellerie et d’art wiccan, « Rescue Me » transporte Fredrika Stahl au cœur d’une nature capable de soigner ses traumatismes et peurs primales, invitant sur son chemin et dans sa quête intérieure les délaissés de l’existence. Au fil d’une réalisation unissant les mouvements amples d’individus liés à la forêt et à ses énergies organiques, puis quelques plans plus serrés au fil desquels les visages rayonnent face à un feu libérateur, le court-métrage ne fait aucune différence entre les caractères et personnalités qu’il convie à ce bal fantastique et envoûtant. En grande prêtresse elle-même soumise aux doutes et aux incertitudes de sa fonction artistique et humaine dans l’incessant torrent du monde, la musicienne suédoise amplifie les danses et contemplations de ses créations au fur et à mesure des réponses qu’images et sons nous apportent, parallèlement aux vocations naissantes que nous ne pouvons qu’admirer et défendre. Un culte païen dont les percussions nous entraînent au cœur des éléments fondateurs de la vie elle-même, réunion nocturne et miraculeuse de disciples destinés à devenir les prophètes de miracles dont il nous tarde de contempler les effets. Abreuvant nos soifs et nos vœux irrépressibles de connaissance, Fredrika Stahl transforme son introspection en illumination, afin de mieux rayonner dans les heures et les jours suivant la souffrance utile et sa scrupuleuse exploration et exhortation. Ses captivantes prières sont à découvrir et méditer dès maintenant sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Roboy : nouveau clip « Notre enfer »

La décrépitude de l’être humain peut parfois être liée à des causes que beaucoup considéreraient comme insipides ou indignes de l’importance qu’elles prennent. Pour Roboy, tout part de la mort d’un petit chat, cet événement a priori anodin transformant son existence en calvaire solitaire, le musicien devenant un mort-vivant que plus rien n’anime. Et, sous ses atours de conte cruel ironique et bercé d’humour noir, « Notre enfer » nous fiche une trouille de tous les diables. Alors qu’il se décompose sous nos yeux, Roboy laisse sa colère éclater, sa folie nous exploser en pleine figure, chair et sang nous percutant sans avoir besoin d’être frontalement montrés. Rien ne peut calmer la douleur, à part peut-être une autodestruction programmée et inévitable. L’ultraviolence sonore de « Notre enfer » finit par devenir contagieuse, s’insinuant dans nos esprits avec le vice et le sadisme d’un virus dont les ravages seront nombreux et irréversibles. Le lieu commun – la perte d’un petit être vivant comme il en arrive plusieurs fois par jour dans le monde entier – massacre à grands coups de guitares et de rythmes saturés les résistances psychiques non seulement de sa première victime, mais de celles et ceux sur lesquels il se répand, huile noire de la dépression et du chagrin éternel. L’enfer, c’est les autres. Sauf qu’ici et maintenant, c’est une communauté, une voie sans issue où nous nous engouffrons aux côtés de Roboy. Ses doutes et désespoirs se prolongent, pour les plus solides d’entre vous, sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.