Last Call : l’actu musicale quotidienne sans modération

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crédit photo Alice Animal : Yann Orhan

13th Hole : nouveau clip « Blood and Pain »

Si les habitudes ont la vie dure, pourquoi ne pas venir la leur pourrir un peu ? Se lever le matin, se brosser les dents, affronter la journée comme la précédente, sans fin. Sauf que le protagoniste de « Blood and Pain » s’apprête à pénétrer dans un monde parallèle risquant de lui ouvrir les yeux de la plus étrange des manières. Les allures punk rock de 13th Hole s’incarnent dans ces lèvres qui vont hanter notre individu, tout d’abord étonné et se croyant en proie à une hallucination, pour comprendre que rien n’est et ne sera plus comme avant. La litanie que constitue le titre, entre routine et souffrances, emporte le spectateur face au spectacle de sa décrépitude et essaie tant bien que mal de ranimer son cœur d’ores et déjà épuisé et mourant. « Blood and Pain » est une course contre la montre et luttant face à l’ascension fulgurante de la folie ordinaire. Une précipitation ininterrompue d’épreuves, de gosses en mode lapidation à un voyage interdimensionnel où l’on croise son double maléfique, les lieux vides de cités maudites puis la bénédiction et le baptême par l’hémoglobine. Une prise de conscience violente et dont la conclusion est un véritable coup de poing dans le ventre, en plus d’une gifle remettant les idées en place. Cela dit, de tels coups portés afin d’éveiller les dormeurs passifs que nous sommes ne peuvent faire aucun mal ; bien au contraire. 13th Hole vous guette depuis l’antre de ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Ossayol : nouveau clip « Haunted Head »

Un corps céleste survole la ville. L’esprit égaré d’un promeneur psychique, d’une âme dont les obsessions demandent à s’évader, aussi haut et loin que possible. « Haunted Head » tremble, plonge ses yeux dans un décor anonyme. Est-ce la cité qui est une hantise ? Est-ce son histoire, ou quelqu’un parmi la masse fluctuante d’individus s’y entassant ? Il nous faut patienter et écouter Ossayol exprimer sa douleur, son besoin capital de délivrance. Notre esprit se met à tourner, lui aussi ; nos sens et muscles sont cotonneux, anesthésiés. Ne demeure que l’œuvre, avançant vers son destin. Le cheminement est lent, empli de reflets, d’ombre et de lumière. Le soleil lui-même se pare de pudeur, laissant notre fantôme contempler le vide, l’étendue plurielle d’une seule et même terre. Sa complainte se charge d’émotions brutes et spontanées dans le timbre d’une voix brisée par les larmes, dans les éclats d’une guitare dont l’envol est éternel. On garde le silence, pieusement. Les saisons épousent les courbes de forêts d’immeubles et d’arbres, les routes et rails de destinations habituelles pour certains, inédites et salvatrices pour d’autres. L’être humain apparaît sans pour autant montrer ne serait-ce qu’un visage. Seuls, ses ouvrages viendront s’imprimer sur le dessin en mutation du court-métrage. Les merveilles architecturales et organiques se conjuguent et donnent naissance à une ultime et splendide image. Son Eve éternelle. Elle est la cause de ces réminiscences, de ces frontières parcourues et dépassées sans qu’elles puissent empêcher notre hôte de la rejoindre. Il la voit, belle. Puis s’éloigne. Respectueusement, nous nous inclinons devant « Haunted Head », sa sincérité émotionnelle poignante et d’une éblouissante cohérence. La passion et la mélancolie lovées au creux de cinq minutes d’intense poésie. Ossayol vous accueille dans son univers sensoriel via ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Manhattan sur Mer : premier EP 4 Girls disponible

Elles sont quatre. Quatre figures féminines ayant chacune leur propre histoire, leurs anecdotes amoureuses et solitaires, leurs voyages infinis et quotidiens. Leurs journées sont les nôtres, leurs routes sont celles que nous empruntons à leurs côtés. 4 Girls contemple ces femmes fortes et fragiles, dont les intentions et les expériences nous sont lues et contées par Manhattan sur Mer, alors que leurs existences deviennent une obsession protectrice, une vision que l’on chérit pour mieux lui éviter le pire, autant que possible. Là où « Sandy » ne peut s’arrêter de fouler les sols de régions éloignées, « Maddy » a choisi l’exil, le lointain, l’oubli des autres et le sacrifice d’elle-même afin de survivre. La nature les entoure, les attire. « Jenny » s’enfuit, en quête de liberté face à un amour étouffant. Elle hurle et brûle les landes qu’elle parcourt, effaçant ainsi toutes ses traces. Sur un autre continent, « Melody Norton » hante les réminiscences d’une existence marquée au fer rouge, n’ayant plus lieu d’être mais dont les traces cutanées et morales seront éternellement visibles. Le rock nostalgique de Manhattan sur Mer exige, par sa conception, l’immédiateté des légendes existentielles dont il se fait le narrateur. Les quatre muses prennent corps devant nous, tracent les contours de leurs corps et de leurs visages, les lieux qu’elles affectionnent puis quittent sans un adieu. Pourtant, elles sont irrésistibles et éternelles, figées sur les microsillons d’un opus fébrile et mélancolique. Elles demeurent parmi nous, fantômes aimants et tendres de relations figées dans l’ambre des siècles passés, dans l’horizon des ères futures. Retrouvez les sentiments introspectifs de Manhattan sur Mer grâce à leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Temps Calme : premier album Circuit disponible (Synesthesic Experience / Chancy Publishing / Differ-Ant / Araki Records)

Le découpage illustrant la pochette de Circuit offre d’ores et déjà un indice précieux sur ce que contient cet opus aux mille visages. L’œuvre de Temps Calme a la particularité de faire reposer ses compositions sur des lits mélodiques qui, lors de leurs introductions, ne laissent jamais augurer des instants qui les suivront. Une surprise constante, passionnante de bout en bout et, surtout, emplie d’une émotion méritant largement un « É » majuscule. Circuit s’emplit d’affrontements instrumentaux, de consolations, de dialogues passionnés et argumentés qui, en l’espace d’une transition, peuvent totalement bouleverser sa perception. De demeures abandonnées en villes désaffectées, l’album allonge les corps inertes de chansons tourmentées, d’esprits entre la vie et la mort, de courses effrénées vers une survie toujours possible à atteindre mais pour laquelle il ne faut à aucun moment cesser d’avancer. Les voix, soutenues et au bord des larmes, enflamment respectueusement des instrumentations d’une profondeur et d’une harmonie nous faisant frissonner, éclairant les zones d’ombre de nos propres dépressions et baisses de régime. D’une richesse harmonique oscillant constamment entre désir d’exister et attraction de l’issue fatale, Circuit brûle les moteurs fragiles de nos âmes et accélère jusqu’à pousser ses machines sensorielles au maximum de leurs capacités. Un miracle inattendu, la terre nourricière d’un écosystème inédit et ensorcelant. Temps Calme vous invite à suivre ses expériences sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Alice Animal : nouveau single « Tes éléphants roses »

L’amour en tant que dépendance ; tout le monde en rêve, tout le monde en a peur. Ou, dans le cas d’Alice Animal, celui-ci peut devenir une pure et simple apparence, l’extase des premiers instants suggérant les effets d’une drogue dure et d’une hallucination faite pour ne plus persister dans la durée. Avec une acuité lyrique imparable et sincère, l’artiste avertit des effets secondaires et des descentes trop brutales ; oui, la relation est possible dans la durée, mais pas sur les bases fragiles et rapidement fissurées de l’exaltation immédiate. « Tes éléphants roses » donne un ton grave à la vision de la perfection sentimentale, repose les fondations affirmées et logiques des enjeux de l’engagement. Surtout si tous ces remous viennent empiéter sur la liberté de l’autre, sur son indépendance. Avec fermeté et sagesse, sans se laisser emporter par une colère qui ne lui serait d’aucune utilité, Alice Animal déploie une chanson puissante tant musicalement que via son texte brut et consciencieusement médité, les deux demeurant constamment objectifs et emportant immédiatement l’adhésion d’une grande majorité d’entre nous. Si les neurosciences ont prouvé que l’amour durait trois ans, la musicienne préfère prendre les devants et axer sa réflexion palpitante et argumentée sur une vérité universelle trop souvent oubliée. Une ode au respect et à l’écoute, pour mieux vivre pleinement l’instant. Alice Animal vous prodigue ses précieux conseils sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Serpent : nouveau clip « Distant Call »

Impressionnant de retrouver Lescop au sein du projet Serpent, et pour cause ; abandonnant quelques instants ses poèmes amers et noirs, le musicien s’entoure d’un groupe ancré dans des urgences certes posées, mais frénétiques dès lors que l’on considère leurs mouvements et échanges instrumentaux sous-jacents. « Distant Call » est sexy et aiguisé, prêt à caresser et à mordre sans que rien ni personne ne puisse l’arrêter. Parvenant même, grâce à son électricité ambiante, à modifier le voltage des éclairages qui l’entourent, Serpent s’insinue dans nos pensées et fait lentement pénétrer cet appel lointain – qui pourrait amplement être le nôtre – dans le domaine du possible. Une réponse où la danse et la séduction se frottent à la prédation, à l’envie de griffer et de laisser sur nous les marques indélébiles d’un art nouveau, écriture au cordeau d’une œuvre que les murs dans lesquels elle est enfermée ne parviendront pas à retenir très longtemps. « Distant Call » nous arrache de nos torpeurs, de nos sièges usés par la passivité. Il nous enivre et nous drague sans aucun scrupule, sachant qu’il sera impossible de refuser une proposition aussi vénéneuse et subversive. En attendant la fièvre contenue dans le futur EP Time For A Rethink prévu le 18 décembre prochain, Serpent vous soumet à la tentation sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.