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Tamar Aphek : nouveau single « Show Me Your Pretty Side » / Nouvel album All Bets Are Off disponible le 29 janvier 2021 (Kill Rock Stars / Exag’ Records / NaNa Disc)

En trois minutes, Tamar Aphek retourne les rôles des protagonistes de « Show Me Your Pretty Side » avec une intelligence et un art de la manipulation tout simplement géniaux. D’un rock sensuel et charnel, implorant le contact humain et les regards emplis de désir et d’attraction, elle se livre à un jeu de cache-cache dont elle sait pertinemment qu’elle sortira victorieuse. Il est difficile de résister aux appels des chœurs, aux coups de tonnerre foudroyant nos muscles lorsque les guitares et les cuivres arrachent les vêtements et les peaux de victimes consentantes. Durant ces instants étranges et musicalement ravageurs, Tamar Aphek contemple, comme si de rien n’était, les métamorphoses se produisant devant ses yeux, sous sa protection à la fois méprisante et focalisée sur les résultats qu’elle recherche. Toutes ces vaines propositions entendues afin de ne se focaliser que sur le plaisir sensoriel, sur la rapidité immédiate et urgente du besoin égocentré ; déroulant l’argumentaire avec sagesse et ironie, la musicienne israélienne délivre un message propice à fédérer celles et ceux qui, pour le coup, se sentiraient encore démoralisés devant la consommation moderne du désir et de la passion. Une mise au point caressant ses victimes dans le sens du poil avant de mieux les saisir et les jeter le plus loin possible, rhabillant dans le même temps leurs certitudes alors démolies et leurs charmes ternis par la boue dans laquelle ils ont atterri. En attendant All Bets Are Off en début d’année prochaine, allez dès maintenant vous délecter des conseils existentiels de Tamar Aphek sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


The Diogenes : nouveau single « The Lord »

Un bon coup de pied dans les parties honteuses de la phallocratie (pour rester poli) ; « The Lord » n’a pas du tout l’intention de se taire, par le biais des toujours incisifs et directs The Diogenes, et personne ne va s’en plaindre. Le rock sale et sec du groupe se permet cependant d’instiller une bonne dose de mélodies dans son nouveau single, et ce afin de mieux le laisser à la portée de toutes et de tous, hymne contre les violences faites aux femmes et la virilité exacerbée de bon nombre de nos plus pervers et sadiques concitoyens. La structure du titre apporte une incroyable cohérence à son discours, notamment dans le constat lourd de conséquences de ses secondes finales. L’équité est-elle un devoir ou une possibilité de plus en plus envisageable ? Sous les coups assénés par la musique endiablée de The Diogenes, chacune et chacun de nous se révolte mais, auparavant, se réveille. Alors que les voix commencent à peine à se faire entendre, nos militants sonores passent la seconde et motivent les troupes, portant l’évidence vers les révélations éclairées et puissantes de la revendication. Malin et beaucoup plus subtil qu’il en a l’air « The Lord » donne autant envie de punir les machos de tous poils (là encore, pour rester poli) que de filer quelques bons coups de fouet ; au sens propre comme au figuré. Rejoignez la lutte sur la page FACEBOOK de nos sympathiques et joviaux pourfendeurs de seigneurs autocentrés.


Flèche Love : nouveau clip « Bruja »

Swadhistana. Le chakra du Hara. La force vitale, la sexualité, la volonté d’avancée. « Bruja » commence par cette illustration ne durant que quelques secondes mais apportant d’ores et déjà une vision générale de ce que la sorcière va illustrer lors de ses danses et incantations. Flèche Love habite l’espace naturel, le touche, le caresse et s’imprègne de ses bienfaits et de ses énergies. Sa langue est multiple, charriant le sang et la chair, humant les terres nocturnes d’une forêt à la fois menaçante et protectrice. L’avenir proche est entre ses mains, sur les dessins visibles le long de sa peau. Elle est fébrile, attentive, à l’affût. Tout peut arriver, dès maintenant. Regards et gestes se multiplient, s’enchaînent en une splendide fluidité. Les coups d’oeil furtifs, quasiment animaux, espèrent puis comprennent que seule la créature intérieure permettra de réaliser les sortilèges en cours, au moment où un nouveau jour se lève. Elle nous hypnotise, nous attire dans ses constats et ses prières païennes. Malgré tous, ses iris nous implorent, nous saisissent et nous prennent comme témoins non pas d’une métamorphose, mais d’un besoin de partage, de communauté face au rejet d’une grande majorité d’ignorants et d’êtres aveuglés par leurs propres plaisirs. Dès lors, rythmes tribaux et chœurs habillant leur déesse éternelle bouleversent la contemplation et font glisser le pouvoir des paroles et des mouvements musculaires en un acte sublime, une concrétisation parfaite de l’hymne ayant la nécessité de mobiliser tous les courants intérieurs de Flèche Love. « Bruja » s’élève, n’est qu’une avec ce monde qui semblait vouloir la rejeter, par crainte ou, au contraire, par jalousie. Dorénavant, elle est celle qui guidera nos pas, nos sentiments, nos idéaux spirituels. Accueillez ses bénédictions et attentions via ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Cabadzi : nouveau clip « Mélanco »

Enfile ton plus beau masque. Choisis le filtre qui te rendre le plus sympathique, le plus accueillant et affable. Mais surtout, surtout, ne te montre pas tel que tu es, tel que tu te sens vraiment ; sinon, tu risquerais d’apparaître comme une aspérité au sein du monde lisse et vide de signification dans lequel tu dois évoluer, sans faire de vague. Tes émotions sont secrètes ; étouffe-les sous l’oreiller de la bienséance. Dissimule tes faiblesses. Brûle-les mentalement. Consume ta vie pour sculpter, dans ses cendres, la créature virtuelle parfaite. Tu n’es rien ; fais-en quelque chose. « C’est parce que vous êtes chiants que je m’invente une vie. » Constat on ne peut plus juste, malgré tout ce que nous essayons de cacher aux autres. La dystopie mise en scène par Cabadzi nous confronte à nos dérives, celles qui font de nous quelqu’un par le prisme des pixels et des sourires forcés, des compliments nauséeux et d’une fausseté à cause de laquelle on préférerait crever. Mélancolie ; cette phase sensorielle devenue sacrilège. Centralisons nos émotions, consommons-les, capitalisons-les telles qu’elles nous sont vendues. Obéissons aux plans d’un destin tout tracé, quel que soit notre statut social. Sous le poids du verbe de Cabadzi, le terme « inventer » nous écrase ; finalement, rien de tout ça ne nous appartient. L’implosion guette sous les traits communs. Une série entre fuite et résignation, mais dont la performance devient un uppercut qui nous envoie purement et simplement dans les cordes. Va-t-on s’en relever ? À suivre… Cabadzi vous guide au fil des chapitres de sa nouvelle apparence via ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Hiver Pool : nouveau clip « Où son mes yeux ? »

La distorsion du réel se fait hallucinée, prenant les aspects substantiels de couleurs et de matières dépassant largement le virtuel. À l’interrogation de son titre, « Où son mes yeux ? » nous confronte à la passion, à l’intensité charnelle et émotionnelle de cette émotion que les écrans ont de plus en plus tendance à vicier et dépersonnaliser. La douceur rassurante de la musique d’Hiver Pool oriente ce thème si délicat vers la possibilité d’une rédemption, d’une reconnaissance de l’idéal au sein de l’union des corps et des sensations. L’animation frôle constamment la réalité, dépassant le cadre du dessin pour mieux mettre en scène ses étapes et épreuves. Au fil des tableaux maîtrisés de CHFR, ce qui apparaissait comme un idéal sensoriel sans conscience ni affection se simplifie, image par image, strophe par strophe. La nudité et le rapport sexuel changent radicalement le vide sidéral d’un imaginaire imposé. N’être qu’un, naturellement, spontanément. Pourtant, les questions demeurent, oppressantes, addictives. Le songe s’efface devant l’immédiateté de la caresse, du toucher par pixels interposés. Que préfère-t-on ? A-t-on le droit de regarder, d’admirer sans que l’objet de nos désirs nous soit imposé ? Merveilleusement mis en scène et raconté, « Où sont mes yeux ? » apporte les réponses à ces secondes suspendues, non pas en martelant inutilement l’évidence, mais en l’insinuant dans nos esprits prêts à s’éveiller. Laissez-vous guider par Hiver Pool sur leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Jimmy Knows : nouveau clip « lovesongs »

En utilisant certains des plans du magnifique et mélancolique court-métrage AURELIA de Kreon Krionas and Christos Bourantas (à découvrir dans son intégralité ici), Jimmy Knows parvient à imposer l’essence idéale et propice à « lovesongs », poèmes amoureux et imaginaires d’âmes en peine, qu’elles soient noyées par la pluie ou isolées sur le quai d’un métro nocturne et abandonné. L’espoir, vaincu, apparaît cependant le long des lignes de la main, des rides et des regards emplis de doute et de conviction entrelacés. Cet égarement que l’on ressent à l’écoute des mouvements folk et pop du groupe, de ces textes scrutant la possibilité d’un accueil, au loin, alors que nous ne le voyons pas encore. Les stations sont les étapes imposées de ce cheminement vers l’impossible, pendant que le chant multiplie les horizons et les êtres humains prêts à ouvrir leurs bras aux esprits solitaires. Le délaissement est plombant, la spirale existentielle effrayante, déprimante. Mais les couleurs qui, ça et là, éclatent durant le clip invitent à un rêve, un phénomène inexplicable et salvateur. Il suffit de lever les yeux pour percevoir l’univers autrement. De faire face à tous ces faux semblants, tous ces a priori qui déciment notre volonté. Sans tentation ni manifestation active, jamais nous ne serons heureux. « lovesongs » porte en lui les fruits de ce retournement de situation. Il nous faut les goûter et en replanter les graines, dans le béton des villes et les cœurs isolés. Pour ce faire, Jimmy Knows vous donne ses précieux conseils sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.