Last Call : l’actu musicale quotidienne sans modération (2e partie)

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Mélie Fraisse : nouveau clip « Paris »

« Paris » est l’histoire d’une rencontre après des mois, des années d’absence. Celle de retrouvailles que l’on sait difficiles, de métamorphoses humaines et urbaines, de changements pouvant mener à la séparation totale. Mélie Fraisse revient dans la capitale, la regarde, lui parle. Elle a goûté aux paysages extérieurs, à la nature, à la reconquête de son art par l’exil ; mais elle s’est à nouveau sentie happée par la cité, ses rues, ses veines et artères bouillonnantes. Le dialogue des deux créatures se regarde et s’écoute avec silence et respect : tandis que les plans s’élargissent, que la dimension primordiale de la métropole reprend ses droits, sur des bases nouvelles, dans l’inspiration de la musicienne, l’alternance mouvante des cadres (qu’ils soient boisés ou architecturaux) et des caractères épouse à la perfection les révolutions vécues par ces êtres que tout rapproche. Le vertige de « Paris », musicalement et visuellement, demande une forte concentration, la chanson de Mélie Fraisse parvenant sans mal à saisir l’effervescence de celle à qui elle dédicace ce poème amoureux. Certaines passions sont éternelles, nostalgiques avant de se précipiter, en pleine conscience, vers de nouvelles aventures communes. Le noir et blanc du court-métrage lui accorde une émancipation temporelle impossible à dater, inspirant aussi bien les vestiges des réminiscences que les jours et nuits attendant de se produire. Une déclamation, une déclaration pour combler la distance et la dépendance. Mélie Fraisse vous accueille dans ses déambulations solitaires sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


HYBOO : nouveau clip « Le long du boulevard »

Une descendance, tandis que ses premières secondes alternent entre l’illusion de ce qui a été et la réalité de ce qui a échappé à ce couple toujours uni mais en perdition. Il en est ainsi des départs, des regards, des espérances prêts à se briser sur les écueils de l’existence. HYBOO dessine « Le long du boulevard » selon les sensations qu’il éprouve sous ses pieds : l’artère imaginaire, dont l’issue offre plusieurs possibilités, n’est jamais faite de la même matière. La douceur mélancolique de la chanson se confronte à l’habitude, aux ultimes pas dans les univers parallèles entourant le songwriter là où il se trouve. Le passé a convergé vers ces instants, ces secondes précieuses dont la finalité nous fait peur. On se prend d’affection pour HYBOO et ses protagonistes, pour ce soleil et ce sable attirants, pour ces vêtements usés par le temps ; à l’image des âmes qui, perdues et fatiguées, les portent sans baisser les bras. Les pulsations électroniques et guitares éthérées offrent cependant un réconfort, une raison supplémentaire de croire en un destin différent, soumis à la volonté ne de pas laisser les démons cités dans le poème du musicien gagner la partie. Le silence, le noir. Et une respiration, une réincarnation. L’action revient à son origine dans une folle précipitation, répondant à cette question primordiale : et si c’était à refaire ? On ne saura jamais si les erreurs et gestes ayant conduit à l’incompréhension se reproduiront. Mais, face à nous, tandis que nous atteignons les quelques mètres qui nous séparent de notre point d’arrivée, une lumière jaillit. Tendre, souriante, aimante. « Le long du boulevard » : un chemin de croix libérateur, douloureux mais vital. HYBOO s’offre à vos sensations et regards sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Wassailer : nouveau single « 242 (Lyric Video) » / Nouvel album I, The Bastard disponible le 27 janvier 2021 (Empty Streets Records / Because Music)

Des lieux, des véhicules que l’on emprunte tout en sachant que les raisons qui nous poussaient auparavant à nous en approcher ne seront plus jamais. Que ces dernières auront disparu, en même temps que les sentiments forts et dépendants d’une relation, qu’elle soit humaine ou géographique. Il en va de la ville, de ses nuits, de ses moyens de locomotion comme des relations les plus fortes ; elles demeurent en nous et nous saisissent dès que nous les retrouvons. Le bus 242 de Dalston est l’origine de la nouvelle chanson de Wassailer ; un poème désespéré et nu, meurtri jusque dans sa chair par les reviviscences du bitume, des trottoirs, des lumières. Elle, c’est Clare, celle par qui tout est arrivé, celle qui lui a donné confiance. Impossible d’écrire autrement qu’en s’en remettant corps et âme au dépouillement complet. La guitare acoustique s’orne de quelques rythmes bruts, tandis que les sonorités fantomatiques du passé poussent la voix du compositeur vers des sommets auxquels il s’est rarement confronté. « 242 » exige une implosion, une lutte du moment contre le désespoir. Souffrir, guérir, cicatriser. Voir les secondes s’accélérer, nous rapprocher du lieu ultime, aujourd’hui désert ou occupé par d’autres êtres. S’asseoir, laisser la tension redescendre. Et regarder, les yeux grands ouverts, le chemin parcouru. Affronter le manque sans le rejeter. « 242 » est une preuve de courage qui force le respect, une catharsis d’une violence inouïe que peu ont l’énergie d’accepter. Une longue marche au calvaire, afin d’effacer les traces sur le sable de l’existence. Même si elles demeureront là, aux côtés de Wassailer. Un artiste décidément unique, que nous vous convions à suivre sans modération sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


ELKEEN : nouveau clip « Call The Doctor »

Est-il nécessaire de suivre une thérapie dès lors qu’une mélodie vous reste dans le crâne vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept ? Est-ce un signe évident de basculement dans la folie, dans la répétition et le refoulement ? Beaucoup de spécialistes vous proposeront leurs interprétations, mais ces dernières seront vaines. La seule qui compte est celle d’ELKEEN, cette petite merveille de funk électronique scintillante et dont les miroirs inspirent une multitude d’effets dans nos corps et nos neurones. Entre humour et libération de pulsions dansantes et contagieuses, « Call The Doctor » propose un remède que personne n’est en droit de refuser : celui de la sensualité, du mouvement musculaire et de l’obsession mentale. L’art d’ELKEEN repose justement sur cette propagation virale de l’envie, du besoin implacable de sortir de nos torpeurs et de nous joindre aux festivités en milieu clos. Pas d’électrochoc nécessaire (même sous les gestes imprécis de Rowan Atkinson) ; juste un plaisir fou, un désir de caresser les guitares et d’écouter les propositions hypnotiques et libérées du chant. Plus rien ne compte, sinon cette extase sensorielle totale qui, du fait de son impact à long terme, revient à la question originelle ; alors, psychanalyse ou pas ? Pour nous, c’est non. « Call The Doctor » nous suffit amplement. Retrouvez les prescriptions d’ELKEEN sur FACEBOOK et INSTAGRAM.


Offenses : nouveau clip « Rival(e) »

Les visions de « Rival(e) » sont violentes, pernicieuses, tétanisantes. Le rock froid et empli d’amertume d’Offenses, fascinant dans sa conception radicale de l’alliance des ténèbres sonores et d’un chant désabusé mais habité et littéraire, déclenche autant de débordements que de moments de poésie suspendus aux lèvres des êtres présents, aux regards croisés puis insistants de celles et ceux nous ayant menés là, emplis d’une innocence qui, en quelques minutes, pourrait être radicalement sacrifiée et oubliée. « Défoncer le quotidien » ; ces mots résonnent continuellement mais, au fur et à mesure de la progression du court-métrage, revêtent de nouvelles définitions. La sauvagerie de l’exultation, les fracas synthétiques d’instruments compulsifs engendrent, contre toute attente, un dialogue qui, quelques secondes auparavant, paraissait impossible. Dépassant le cadre de la dispute, de la projection mentale d’œuvre chargées de mépris et de combativité contre soi-même pour mieux être à l’écoute, « Rival(e) » prend connaissance des tenants et aboutissants d’un terme apparent, d’une voie sans issue dont il suffit pourtant de fracasser le mur qui sépare trois êtres que rien ni personne ne peut désunir. L’opposition au plaisir, au bonheur, ne viendrait-elle pas d’exigences intimes trop importantes ou exagérées ? De fausses excuses méritant de réels arguments ? Au centre de ce terrible système vicié et en proie aux prédateurs qui nous entourent, l’enfant s’impose en figure autoritaire, en lumière dans l’obscurité émotionnelle et existentielle d’une épreuve malmenant ses protagonistes. La tentation, l’égocentrisme sont prêts à surgir et à tout dévaster. Sauf, peut-être, le langage des corps et des lèvres, incomparable, inoubliable. Offenses vous raconte ses épreuves et résiliences sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Frank Rabeyrolles : nouveau clip « Your voice »

Dans la brume, les landes et rails défilent, anonymes et magnifiés par le regard de la réalisatrice Mélanie Dagnet. Des paysages que l’on ne fera que distinguer mais qui, portés par « Your voice », emplissent nos pensées d’instantanés imaginaires, alors que Frank Rabeyrolles déclenche les sentiments motivés par le mouvement ininterrompu du regard, de cette caméra qui, finalement, n’en est jamais une. Derrière les arbres et le brouillard, la lumière, le timbre de celui ou de celle à qui l’on souhaite parler, pour qui la communication est vitale et évidente. Il faut une réponse, un partage, un échange. Il faut que les fumées fraîches de l’aube invitent la discussion, la poésie humaine du dialogue. La lettre qu’adresse Frank Rabeyrolles sur ce nouveau titre demeure sincère, urgente, immédiate. Elle implore autant qu’elle cherche à faire réagir. Elle s’empare des émotions de cet être qui contemple l’extérieur, s’accordant à ses détails tout en méditant sur la détresse de paroles obsédantes, familières. Donner raison sans pour autant abandonner sa propre identité ; « Your voice », les mélodies de ton timbre, de tes cordes vocales tandis que tu te confies à moi, feront la différence et consoleront les regrets. Plus que le regard, elle sera l’issue de ce voyage apparemment sans fin. Laissons les événements se produire tels qu’ils le doivent, par la fragilité des mélodies de Frank Rabeyrolles et l’émotion visuelle frémissante de Mélanie Dagnet. En silence. Pour accompagner le compositeur le long de ses multiples chemins de traverse, rendez-vous dès maintenant sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.