Last Call : l’actu musicale quotidienne sans modération (2e partie)

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REST IN GALE : nouveau clip « Bateau Ivre » / Nouvel album Tombola le 29 janvier 2021 (KLISS Records / Jarane)

Une folie proche de l’absurde, le tout sans passer par une mise en scène trop compliquée ni visuellement chargée. « Bateau Ivre » nous invite à embarquer sur un vaisseau fantôme revêtant les atours d’un navire abandonné autant que d’une soucoupe spatiale, tandis que son commandant de bord tient le discours inaugural d’une plongée dans l’insalubrité mentale et musicale. REST IN GALE a choisi la voie semée d’embûches du décalage verbal et sonore, celle d’un rock mélodique aux atours pop sous substances hallucinogènes. Le chant unit des tonalités pures et râpeuses, confidentes et effrayantes ; tandis qu’en arrière-plan, la marionnette libérée de ses fils se déhanche dans des mouvements possédés, muscles et chevelure en totale liberté psychique et physique. Des phrases surgissent ça et là, apparemment sans queue ni tête mais apportant une indubitable cohérence à l’ivresse qui s’empare de nous ; surtout quand on se dit que le paquebot est en train de couler et de nous entraîner avec lui, poussant ses passagers aux actes les plus désespérés et incompréhensibles. Dès lors, le court-métrage de REST IN GALE avoue sa frappante réalité ; respirez, regardez par le hublot et exultez, une ultime fois. Histoire de quitter cette terre la conscience tranquille, sur un délire hautement libérateur. Les anecdotes schizophrènes de REST IN GALE vous attendent sur leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Enny : nouveau clip « Peng Black Girls (feat. Amia Brave) »

Le nouveau clip de la talentueuse Enny commence par une évocation de clichés physiques qui, s’ils n’étaient pas aussi graves, pourraient prêter à sourire. Mais la diversité des femmes noires que nous allons rencontrer tout au long de « Peng Black Girls » va bel et bien changer la donne, sous le regard tendre et volontaire de la musicienne londonienne. Leurs cultures, leurs vêtements, leurs classes sociales n’ont aucune importance ; elles sont une, force et respect, sans que l’on puisse à aucun moment s’arrêter à de pures et vaines considérations raciales. « Peng Black Girls » est lyriquement et visuellement puissant, imposant l’unicité sans forcer ni provoquer. La douceur harmonique apporte un souffle vital au verbe, au débit franc et confident que n’importe qui peut comprendre et assimiler à sa manière. Les regards nous obsèdent, nous sourient : « We love, we fight, we hurt, we cry ». Une humanité réelle, pure et attentive aux autres, débarrassée de ses inconséquentes barrières et refus. Enny se permet même d’éprouver l’espoir pendant quelques instants, lors d’une scène nocturne parodiant les vidéos US dénuées de sens et à base de grosses cylindrées et de créatures pulpeuses ; une manière intelligente de se démarquer de propos trop souvent proches de l’évidence visuellement amplifiée et desservant une cause première à laquelle nous ne pouvons que nous rallier. Exemple de tolérance, de sincérité et de simplicité du langage et de la confiance, « Peng Black Girls » mériterait d’être diffusé sur tous les médias du monde, ainsi que dans les écoles. Afin d’éveiller celles et ceux à qui des œillères imméritées ont été posées à leur insu. Suivez Enny dès maintenant sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


dodie : nouveau clip « Cool Girl »

Le single affirmait déjà l’identité à part de dodie, femme prête à ne pas vivre la rupture comme tout le monde, à ne pas céder à la fatalité ou aux clichés consistant à se morfondre et à noyer son chagrin sous quelque forme que ce soit. Il nous fallait maintenant savoir de quelle manière ses intentions allaient visuellement apparaître au grand jour. Dès lors, tout change : les femmes du court-métrage sont des âmes perdues, solidaires certes mais dont les visages sont marqués à vie par l’épreuve, celle-ci revêtant une dimension encore plus intense et pesante. Tandis que d’autres pleurent, elles dansent pour exulter, pour se purifier du mal subsistant dans leurs esprits ralentis par le chagrin. Reproduisant les caresses précédant la chute et le désespoir consécutifs à la solitude, la chorégraphie dirigée par Miranda Chambers et mise en scène par Charlie Di Placido et la compositrice elle-même, au fil d’un plan-séquence fluide et fascinant, bouscule et malmène ses créatures, les poussent jusque dans leurs ultimes retranchements. On ne saura que lors des dernières secondes de « Cool Girl » que ces gestes peuvent se substituer à la colère, à l’exultation et au cri de rage et de douleur. Magnifique et poignant, ce clip en souffrance permanente est un objet fragile, une recherche de l’absolu au plus profond du désarroi. dodie vous guide au milieu du labyrinthe de ses émotions grâce à ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Grand Palladium : nouveau clip « J’aime » / Premier album éponyme disponible (Upton Park)

On comprend rapidement les regards surpris de Grand Palladium après leur précipitation à ouvrir la mystérieuse enveloppe qui leur a été adressée. Si vous pensez que « J’aime » sera une succession de moments de vie en plein confinement, durant lesquels se coller en speed permettrait de combler le vide abyssal de la solitude, vous avez tout faux ; le court-métrage s’amuse des scènes et figures les plus célèbres pour raconter ces petits riens qui font les grandes affections et les amours les plus intenses. Un travail titanesque bouleversant les codes de l’œuvre d’art, qu’elle soit historique ou contemporaine. Une galerie des disputes, des contradictions et des attractions en mode hallucinogène, comme si nous étions sous l’emprise de la dépendance à l’émotion pure et spontanée. Ce voyage à travers la peinture et le dessin fait montre d’une qualité que l’on n’aurait tout d’abord pas soupçonnée : et si tous les spécialistes s’étaient trompés sur les significations des tableaux que l’on croise ici et là, des secondes immortalisées à travers les siècles ? Si l’amour, et rien d’autre – même dans la cruauté de la révélation et du doute -, avait motivé les créateurs ?  Revisitant la pop culture sous toutes ses formes, « J’aime » est un véritable plaisir pour les yeux et les cœurs, engendrant le mouvement dans les attitudes figées d’objets enfin libres. Une fantaisie contagieuse à consulter dès maintenant sur leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Bootchy Temple : nouveau single « Nowhere Else » / Nouvel album In Consummated Bloom disponible le 27 novembre prochain (Howlin’ Banana Records / Safe In The Rain Records)

« Nowhere Else » nous conforte dans l’idée que l’on ne souhaiterait absolument pas se trouver ailleurs, durant ses presque quatre minutes. Malgré quelques accords gris et menaçants, le folk rock auquel nous identifions les scènes d’une communion masculine et féminine, invitant à sa table une foule de spectacteurs et d’auditeurs avides de présence et de confidence, démontre la capacité de Bootchy Temple à s’accorder aux humeurs du moment, aux histoires briguées ici ou là au fil des conversations. C’est maintenant que tout se passe et doit être exprimé pour inspirer l’écriture et la composition. Là où beaucoup ne verront qu’un travail solitaire et refermé sur lui-même, « Nowhere Else » s’imprègne du partage, même éphémère. La cohésion parfaite du groupe donne vie à un art apaisé, duveteux et dont les dimensions demeurent en constante expansion. Objet de contact et de réconciliation, le single fédère, appelle à accepter une forme de luminosité certes estompée par quelques brumes, mais qui nous aidera à ne plus nous égarer ; tout comme le suggère In Consummated Bloom, expérience promettant des instants aussi purificateurs qu’émotionnellement intenses. Pour patienter jusque fin novembre, retrouvez Bootchy Temple sur leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Pure Pose : nouveau clip « Sugar »

David Lynch lui-même vante les mérites du sucre sous toutes ses formes comme source continue d’inspiration dans l’art en général. C’est la raison pour laquelle il nous fallait impérativement nous pencher sur ce « Sugar », confiserie merveilleuse et garantie sans édulcorant de Pure Pose. L’inventivité constante du court-métrage, pourtant réalisé dans des conditions draconiennes et minimales, nous laisse en admiration seconde après seconde. Ici, la dépendance se retrouve aussi bien dans les emballages des visages que via les instruments, prouvant que bonbons et arômes peuvent déclencher les extases les plus jouissives et parfaites. Tandis que certains ne verraient dans « Sugar » qu’une performance absurde de l’addiction aux produits tendres et savoureux qui, dès qu’ils sont consommés, modifient nos papilles et nos esprits, nous préférons amplement saluer la démonstration imparable de Pure Pose, ne cherchant jamais à tomber dans l’humour facile ou en manque d’inspiration. C’est tout le contraire : « Sugar » est un rêve éveillé, une tentation à laquelle il est impossible de résister. La drogue douce visuelle la plus délicieuse, dont nous nous délectons toujours plus et sans modération. Visitez la boîte à curiosités culinaires de Pure Pose sur leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.