Last Call : l’actu musicale quotidienne sans modération

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Super Futur : nouveau clip « Message »

La nuit, solitaire, inconsciente de ce qui se passe sous sa couverture ténébreuse. Nous suivons les étapes d’un livreur confronté à ce que son métier lui offre d’isolement, de visions brèves, de rencontres qui n’en sont pas vraiment. Les lumières des phares et des lampadaires sont aveuglantes, semblant veiller sur celui qui passe sans les remarquer. L’électro fine de Super Futur tisse un cocon protecteur autour de notre protagoniste, de son imagination se devant de dépasser les pures et simples limites d’une profession impersonnelle et désincarnée. Cela lui pèse, sans que l’on sache où l’action va le mener. La mise en scène et les éclairages sont d’une précision implacable, pesant sur les épaules d’un anti-héros de l’ordinaire, d’un être dont on croise le regard sans jamais le voir tel qu’il est. Heureusement, le fantasme, le rêve impossible vont se réaliser ; est-ce le fruit de son imagination ? Tout cela existe-t-il ? Le mérite-t-il ? « Message » ne transmettra jamais une réponse concrète, ce qu’on ne lui reprochera certainement pas. En nous conviant à l’attrait de la révélation et de la séduction, même éphémère, Super Futur trace les contours d’un avenir à portée de la main, fracassant les murs du délaissement. Leurs espoirs oniriques de Super Futur sont à retrouver sur leur page FACEBOOK.


Ben Lupus : nouveau clip « Sur nos têtes »

Seconde partie de la réappropriation de la nature nécessaire à l’art de Ben Lupus, « Sur nos têtes » explore l’union entre humain et organique, à travers une réalisation dont la lenteur et les éclats nous enivrent, seconde après seconde. Par quelques contacts – un caillou, l’eau d’une rivière, la roche -, le songwriter établit un précieux rapprochement entre la condition du couple et la symbiose de l’être et de son environnement, ces qualités et événements qui, selon les directions choisies, resteront gravés dans le marbre de l’histoire. Près de lui, une créature s’éveille puis le suit, le protège sans qu’il s’en rende tout d’abord compte. Il faudra une transfusion, superbe de sagesse et d’apaisement, pour que le lien devienne immuable, impossible à briser : l’eau corporelle, sève de la naissance d’un organisme mystérieux et fascinant, sera la seule à même d’ouvrir les portes d’une seconde venue, d’une réinvention du monde tel que Ben Lupus le connaissait auparavant. Son expérience s’approfondit au fil de ce deuxième chapitre, fable intime et écologique de l’alliance intangible de la terre et de celui qui a le devoir de la respecter. La poésie enchanteresse et minimaliste de Ben Lupus vous accueille sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


 The Loved Drones : nouvel album Conspiracy Dance disponible (Freaksville Music)

Malgré les changements d’orientation artistique et le drame subi par The Loved Drones il y a quelques mois, Conspiracy Dance voit le jour et nous fait ressentir les différentes étapes que le groupe a dû traverser, pendant quatre ans, pour en accomplir la gestation. Que ce soit au fil de vocaux étranges et spectraux, d’instrumentations battant une mesure implacable mais ne demeurant jamais un seul instant au même endroit sur la partition précise ici exécutée, ou par les entrefilets décalés et imprévisibles qu’il approfondit, l’opus réinvente la narration musicale, explore les traces délaissées de l’expérimentation et de la tentation sans jamais pour autant déraper ou finir dans le décor. Cependant, le bord d’un dangereux ravin n’est pas loin, ce qui se ressent à l’écoute de cette chorégraphie paranoïaque et schizophrène ; les êtres se rencontrent face au vide, d’un rock teinté de cold wave à la formule mathématique de compositions en équilibre stable et mûri. Conspiracy Dance est une sculpture sonore hybride mais immédiatement passionnante, du fait justement de ses multiples épaisseurs et couches harmoniques, de sa recherche continue de l’aboutissement d’une note, d’une teinte parmi d’autres. Un piano lointain, une batterie en surcharge électrique ; tout est filé, tissé avec complexité et attention. Un disque métamorphe, dans lequel il est rigoureusement impossible de ne pas régulièrement se replonger. Les labyrinthes de The Loved Drones sont à parcourir via leur page FACEBOOK.


Le Pied de la Pompe : nouveau clip « L’horizon »

Le constat est grave, amer, désabusé. Plus rien ne semble pouvoir sauver l’humanité de la manipulation à laquelle elle est confrontée chaque jour. Nous sommes les jouets de la technologie et de ses gourous, les marionnettes d’une opinion toute faite et devenue produit de consommation qu’on avale comme le comprimé d’un bonheur éphémère et futile, à libération sur une courte durée. « L’horizon » est même le support d’une dénaturalisation des terres cultivables, symbole de nos cerveaux défaits et corvéables à merci. Le Pied de la Pompe n’y va pas par quatre chemins : son discours visuel et lyrique appuie là où ça fait mal, très mal. Le sel de la réalité sur les plaies ouvertes et sanguinolentes du virtuel. Les regards vides, noyés, impersonnels. Amuser pour régner. Dans des temps pas si lointains, tout cela aurait semblé impossible, science-fiction que l’homme n’aurait pas été capable de concrétiser ; pourtant, en 2020, nous sommes en plein dedans. L’anticipation que seuls les artistes et les romanciers ont vu venir mais que l’on a fait taire. La masse, qu’un rock retentissant n’arrive pas à éveiller, ferait bien de regarder autour d’elle, s’il n’est pas déjà trop tard. Même la nature est stigmatisée, figure géométrique en analyse perpétuelle. Le Pied de la Pompe ne s’impose jamais en sauveur, mais déclenche une réaction en nous, une rébellion intérieure. Nous sommes le grain de sable, le rouage qui peut tout faire chuter et réinventer. Entre virus et crises économiques, l’humain survit, encore et toujours. Et si la solution, au loin, était entre nos mains ? Si nos cerveaux se remettaient en marche, afin de débrancher les connexions nous ayant transformés en esclaves ? On le veut, grâce à « L’horizon ». On le peut. Agissons. Les conseils et discours que nous confie Le Pied de la Pompe sont à lire et méditer sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Kartell : nouveau clip « Time (feat. Qendresa & Coops) »

Retenez votre respiration, car vous n’avez jamais vu ce que « Time » vous réserve. Débutant par l’éveil d’un être que l’on suivra à travers son regard, le nouveau clip de Kartell s’immerge littéralement dans ses détails, grâce à un plan-séquence empli d’effets 3D limpides et précis. Des souvenirs et réminiscences d’instants partagés, de verres et tables laissés à l’abandon, à la solitude, à la fin d’un temps. Même le soleil semble se cacher pour ne plus avoir à illuminer la désertion. Des affiches, des miroirs, des véhicules et bâtiments vides. Pourtant, une vie persiste au creux de ces lieux désaffectés, une soul et un groove que Kartell, Qendresa et Coops maintiennent coûte que coûte, au prix de nombreux efforts. Cette langueur mélancolique ne doit pas asséner le coup de grâce mais exige, à l’opposé, de marquer les esprits de ses protagonistes. Malgré leur absence, ils sont là, près de nous, tandis que nous sommes les témoins des conséquences de leur passion. De preuves incontestables en colères matérielles et géographiques, la réalisation pointilleuse et sensitive de Julie Meyer et Clément Chasseray accompagne les voix, le dialogue condamné à ne plus pouvoir s’entendre et relayer l’amour, l’addiction. Le terme d’une aventure qui semblait impossible à déchirer, la quête d’une explication rationnelle alors que cette dernière n’est pas du domaine du réel. « Time » est une œuvre musicale et esthétique puissante et douce, n’oubliant cependant pas le spleen de la rupture, fantôme errant par les murs et les sols poussiéreux de l’abdication. Kartell se livre davantage sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Nihil Lav Systen : nouveau clip « Les Enfants »

Au premier abord, à travers les films et souvenirs pelliculés qui les mettent en scène, tous ces bambins ont l’air sympathiques, tendres, inoffensifs. De véritables petites merveilles qui feraient craquer n’importe quel adulte, grâce à une caresse ou un regard. Pourtant, Nihil Lav Systen introduit, comme bande originale de ces secondes nostalgiques, une musique chargée de sombres nuages, de constats auxquels il devient rapidement impossible de ne pas croire. Quelques centièmes de secondes et le basculement est visible, palpable, discerné sous les couches dégoulinantes d’une gentillesse exacerbée. Leurs jeux sont cruels, démoniaques. Les blessures et cicatrices font leur apparition, les armes factices sont une menace constante sur la salubrité psychique des petits monstres et de leurs parents. On passe en un clin d’oeil de La Mélodie du Bonheur au Village des Damnés ; et qui n’a jamais vu, dans les pupilles du rejeton, cette contestation de l’autorité, cette émancipation prête à précipiter les géniteurs, frères et sœurs dans la folie pure ? En 2009, le cinéma anglais nous a offert The Children, long-métrage dans lequel nos petites têtes blondes succombaient à des pulsions meurtrières provoquées par une force extérieure. Sauf que les saturations en constante amplification de « Les Enfants » sont d’un terrifiant réalisme, marquant la guerre entre les moins et les plus de dix ans. Vision lucide ou prophétique ? D’ici à ce qu’on ait la réponse, n’oubliez pas : faites des gosses. Et parlez-en en consultation sur les pages FACEBOOK et INSTAGRAM de Nihil Lav Systen.