Last Call : l’actu musicale quotidienne sans modération (2e partie)

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Paul Dutton : nouveau clip « Walls of Light »

Un rock mélodique brut de décoffrage, naturel et spontané, revenant à la quintessence d’un genre apte à subir toutes les expérimentations sonores mais qui, lorsqu’il se redéploie sous ses atours les plus purs, fait un bien fou à savourer. « Walls of Light » expose ses murs de lumière dans des arrangements bienveillants de guitares et de rythmes, au fil de mélodies allant droit à l’essentiel grâce à une production d’une admirable limpidité. Paul Dutton privilégie le fond à la forme, l’échange de musiciens aussi bien passionnés par les racines d’un style qu’attirés par ses toutes premières dérives, notamment à travers le chant éthéré et sensitif du compositeur. Du roots déclarant sa flamme à tous ces guitar heroes qui nous manquent cruellement, à ces slows éternels nous donnant assez de force pour essayer de séduire celui ou celle qui, fatalement, nous attire. C’est bel et bien dans tous ces éléments que réside l’émouvante originalité de Paul Dutton : la maîtrise d’un art voué à disparaître s’il n’est pas exposé et retranscrit à sa juste valeur, nombre de progrès artistiques dépendant de sa survie. Un plaisir tout sauf coupable, à vénérer et partager jusqu’à l’épuisement.


Marion Py : nouveau clip « Ma Terrasse »

Le lieu est hanté, possédé par la présence d’une femme ayant parcouru les siècles, les modes, les époques que ses vêtements et leurs détails nous aident à approfondir. Le fantôme s’adresse directement à nous, non par pour nous prendre comme témoins, mais pour nous confier les causes et conséquences de sa condition. Tandis que la maison est condamnée à l’abandon, la présence qui ne peut être séparée d’elle veille, attentive, maîtresse de pièces sombres ou immaculées. Ces vécus résiduels, Marion Py les raconte en s’accrochant à des images précises, des instantanés demeurant en mémoire pour l’éternité. Les murs et la créature ne font qu’un, regardent le monde évoluer, courir à sa perte ou, au contraire, laisser les événements et éléments le bouleverser, étape par étape. L’âme est immortelle, du point de vue de « Ma Terrasse » ; elle ne juge pas, ne blâme pas, ne condamne pas. Elle se confronte à l’usure, aux toiles d’araignées et à la poussière, en maintenant une vitalité qui, sans elle, condamnerait ce magnifique promontoire existentiel à l’oubli et à la perdition. On soupçonne la tragédie ayant engendré le rôle de Marion Py dans ces limbes matérialisées sous nos yeux, la fuite impossible, la jalousie poussant à l’inévitable. Le crime qui, par sa réalité, a donné naissance à une veille qui demeurera jusqu’à la fin des temps. Le drame engendre la beauté à l’état pur, tout en ne se résignant jamais à la solitude. L’énergie de la chanson, la force du verbe et du chant de l’artiste, nous émeuvent et bousculent habilement la sensation d’une réminiscence qui, sans ce témoignage magnifique et puissant, n’aurait pas la possibilité de retentir et de briller aussi ardemment en nous. Le lyrisme précieux de Marion Py vous attend sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Sociopark : nouveau clip « Iceberg »

Celles et ceux qui ont eu la chance de voir le magnifique et troublant A Ghost Story, merveille cinématographique signée David Lowery et sortie en 2017, se prendront bien entendu immédiatement de passion pour le protagoniste principal d’ « Iceberg ». La figure fantomatique personnifiée par le drap, image de l’inconscient collectif dans toute sa splendeur, peut en effet mener aux surprises les plus inattendues et aux histoires les plus inédites, malgré sa réelle familiarité. Mais là où le court-métrage illustrant le titre de Sociopark se démarque amplement de son aîné, c’est dans la définition même de l’esprit, dans sa remarquable intégrité que les paroles expriment à la perfection. L’âme est entière, contenant son histoire, son drame, ses impressions ; comme si ses connexions neuronales persistaient après le trépas, son but n’étant pas de hanter le lieu incompressible de la disparition, mais de conter son vécu à celles et ceux qui s’y aventureront en sa compagnie. Passé, présent et futur s’entremêlent et narrent les tenants et aboutissants d’une solitude devenue insupportable. Le froid demeure, se glisse sous nos vêtements et nous donne la chair de poule. L’absence de chaleur corporelle, d’un regard. La veille métamorphosée en acte meurtrier, nécessaire pour ne pas salir la mémoire et les salles de sa manifestation. Jusqu’au bouleversement total, à l’explosion visuelle d’une seconde partie entre espérance et fantasme, entre illusion et réalité. Et si la fatalité pouvait être trompée ? On ne saura jamais ce qu’il advient de cette union inattendue, ni avant, ni pendant, ni après. Certains la remettront en cause, d’autres l’éprouveront comme si elle était une rédemption salvatrice. Chacun pourra y lire ses propres désirs et en tirer ses conclusions les plus personnelles et intimes. C’est là que toute l’intelligence et la finesse du film de Stéphanie Artaud nous marquent à jamais ; dans sa précision esthétique et sensorielle répondant à tous les ressentis des spectateurs, sans frontière ni fin à sens unique. « Iceberg » convie la flamme et la lumière d’un feu réconfortant, éclairant nos visages autant que notre clairvoyance face au destin. Celui que l’on ne peut prévoir mais qui demeure si important à parcourir, dans la solitude comme dans les rencontres. Ici, et au-delà. Sociopark vous ouvre les portes de sa demeure sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Mansur : nouveau clip « Temple Revisited I »

Chronique d’une apocalypse annoncée. « Temple Revisited I » s’ouvre sur l’inexorable, sur une fin prévisible dès ses premières secondes. LA fin. Mais la force du clip est de ne pas s’axer sur la fatalité, sur la catastrophe ultime ; au contraire, Mansur nous fait vivre ces derniers instants de l’intérieur, musicalement et visuellement. Témoins de la destruction implacable de notre planète, nous savourons ces minutes vouées à l’éternité, transcendées par les sonorités douces, acoustiques et célestes de la bande originale de l’extinction. La Terre se déchire, brûle. Rien ne résiste. Et, devant ce phénomène, nous ressentons comme jamais ses manifestations : la chaleur étouffante des incendies, la violence de l’impact, l’union des éléments torturés par leurs modifications internes. Aucun humain n’apparaît lors de « Temple Revisited I », et pour cause : c’est lui qui observe, inerte et passif, la dévastation. Ce sont ses cris étouffés que l’art éthéré de Mansur laisse s’exprimer par soupirs durant la tragédie et la conquête des ténèbres. Une œuvre effrayante et splendide, froide et puissante. La gravité se mêlant au sublime, la mort à l’immortalité. Si nous voulons ne faire qu’un, ce sera à ce moment précis ; ni avant, ni après. Une condamnation en bonne et due forme, certes, mais dont les échos sonores et esthétiques sont un choc nécessaire et magnifique. Consultez les prophéties de Mansur sur leur page FACEBOOK.


Broken Waltz : nouveau clip « Love & Apocalypse »

Le déchaînement. La boucle infinie de la peur et de l’oppression. « Love & Apocalypse » se plaît à mettre le spectateur mal à l’aise, à le manipuler et à le fasciner jusqu’à ce qu’il doute de son propre équilibre mental. Une paranoïa illustrée par les images de l’emprisonnement et de la solitude, de la capture et de l’étouffement. L’horreur tentaculaire et diabolique s’orne des notes possédées et du chant meurtri et mortifère de Broken Waltz, de ses efforts surhumains pour empêcher l’inéluctable. La menace atteint son paroxysme dans ce qu’on ne voit pas, à travers ce ressenti imprégnant nos vêtements, nos veines et nos muscles. Ainsi en est-il de la peur, de la terreur psychiatrique : elle s’insinue sans crier gare, enserre nos cerveaux et notre volonté, paralyse nos capacités intellectuelles et motrices. Elle se colle à nous, poisseuse et glaciale. Dans sa réalisation, Clément Palant a compris et synthétisé l’essence de l’art de Broken Waltz : le malaise, sa splendeur et l’effroi qu’il engendre lors d’une seule et même seconde, quand tout bascule. Ces vieux films en noir et blanc réveillent nos instincts de protection, inutiles pourtant face à l’indicible. Une œuvre lovecraftienne, certes, mais avant tout psychiquement réaliste et insalubre. Ce qui la transforme en vision sublime et essentielle. Les cauchemars de Broken Waltz vous attendent, tapis dans l’ombre de leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Déluge : nouveau clip « Digue »

« Digue » est une représentation inédite du désespoir et de la lutte incessante de chacun d’entre nous contre la dépression et la solitude. Une œuvre naturaliste, dans laquelle le metal de Déluge trouve une forme imprévisible d’illustration, une narration complémentaire entre le format cinématographique et ses atmosphères sonores. De l’évitement aux larmes, du temps suspendu à l’immobilité et l’atrophie de nos muscles abandonnés par notre cerveau, les protagonistes de ce spectacle éprouvant sont en constante souffrance, en phase descendante, se heurtant à ce qui retient leur guérison, leur avancée vers le retour à eux-mêmes, à la conscience et à l’action. Les plans, lents et détaillés, sont incroyablement violents, sans pour autant employer une quelconque mise en scène chargée de colère et d’effets inutiles. Le reflux de la sérotonine, les membres à l’arrêt, les torrents lacrymaux que l’on retient dans quelques vaines convulsions ; « Digue » souhaite imploser, trouver refuge dans la réappropriation de la réalité. Jamais le post metal sous projections black n’aura été aussi beau, aussi révélateur de capacités humaines démultipliées par les mélodies emplies d’une adrénaline rédemptrice que le groupe nous injecte. Le court-métrage ose un optimisme fou et proprement incroyable, preuve irréfutable du talent de Déluge pour bousculer les évidences et lieux communs. Un film relevant du génie pur, guide essentiel des tourments saturés et profonds de sa matière originelle. Déluge vous convie à la renaissance sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.