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Ane Brun : nouvel album After The Great Storm disponible (Balloon Ranger Recordings)

After The Great Storm marque un très important tournant dans la carrière d’Ane Brun. Déjà, parce que ce nouvel opus amplifie toujours plus la valeur émotionnelle inhérente à chacune de ses œuvres, cette dernière étant explorée jusqu’à ses moindres détails vocaux et instrumentaux. Ensuite, du fait de la dimension prophétique du disque, à travers sa description de l’artiste et son éclat sur les générations auxquelles elle s’adresse. Les échos de ce travail méticuleux et pourtant immédiatement attachant, sincère et doux, se voient parfois percutés par des alertes impromptues, la plus révélatrice étant celle que nous prenons de plein fouet avec la piste éponyme ou, à quelques chapitres de distance, dans les percussions épidermiques de « The Waiting ». Plus loin, les mouvements synthétiques mélancoliques du fantastique « Take Hold Of Me » déconcertent l’auditeur puis lui font rapidement changer d’avis, tenant entre ses mains une sculpture sombre et emplie d’obsessions solitaires jamais irrémédiables. After The Great Storm n’est pas un objet pop comme les autres ; c’est l’histoire réaliste et poétique d’une femme égarée dans le tumulte de l’univers, dans ses radicalités et ses défauts, dans ses solitudes et ses abandons. La lueur d’une flamme discrète mais essentielle à notre survie ; ce qu’elle confirmera sur un second projet, How Beauty Holds The Hand Of Sorrow, d’ores et déjà prévu pour le 27 novembre prochain. Ane Brun vous raconte ses interrogations et réponses sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Graceful : nouveau single « Water Bombs »

Méfiez-vous des apparences : ces « Water Bombs » n’ont absolument rien d’inoffensif. Des projectiles lourds, dont le poids vient se fracasser sur nos neurones avides grâce à une subtilité presque vicieuse. En effet, les différentes phases de l’envol du nouveau single de Graceful ne précipitent rien et visent parfaitement juste, installant les atmosphères sereines puis, petit-à-petit, enragées d’une force motrice sans égale. Que ce soit à travers les modulations du chant ou la construction précise et progressive de l’instrumentation, « Water Bombs » se met en retrait, patiente puis libère une colère rédemptrice, une preuve indélébile de la souffrance que l’on n’oublie pas et qui marque à jamais le caractère individuel de chacun d’entre nous. Les aiguilles acérées du solo central transpercent nos chairs et y injectent une électricité motrice apte à faire revenir nos corps morts à la vie, sans aucune commune mesure. Dans les flammes de la création, Graceful sculpte le fer brûlant et rougeoyant d’un rock prêt au combat, ouvrage soigné jusque dans ses angles les moins visibles mais cependant essentiels. De quoi ouvrir une plaie béante dans nos esprits et la cautériser dans la foulée, afin de reconstruire nos mentalités autocentrées et passives. Les feux éternels de Graceful sont prêts à vous consumer sur leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Marcelle : nouveau clip « Mon cœur dans le RER »

Soyons francs : la majorité d’entre nous en a tout simplement marre de voir, chaque jour, les visages fermés et soupçonneux des usagers des transports en commun ; encore plus actuellement. Partant de ce constat, Marcelle n’y va pas par quatre chemins et utilise le RER comme véhicule idéal d’un voyage sans destination précise, si ce n’est celle du plaisir imprévisible et total. Ainsi, un banal contrôle se transforme en extase, en séduction et en pulsions sensuelles à assouvir de toute urgence. « Mon cœur est dans un tunnel / rêvait de passions accidentelles » ; impossible, direz-vous ? Regardez bien : il est impensable de tenter de résister aux regards de cette femme qui, lascivement, nous attire vers elle. Rapidement, le lieu ne connaît plus aucune limite, aucune séparation entre ses wagons et ses passagers ; la contradiction magnifique et humoristique d’attitudes quotidiennes pouvant immanquablement pourrir nos journées entières. Alors oui, il s’agit bel et bien d’un fantasme, d’une relation imaginaire et ne durant que quelques secondes ; mais qui pourra lui nuire, et surtout qui le voudra, tant elle fait du bien à entendre et à voir ? L’idée de Marcelle et de l’équipe ayant donné vie à ces instants de fascination et de partage mérite un profond respect ; car cela faisait bien longtemps qu’on n’avait pas autant eu envie de monter dans une rame, juste pour voir et laisser nos pensées divaguer. L’opportunité vous tend les bras ; saisissez-la sans réfléchir. Et vivez, tant et plus. Marcelle vous enchante toujours plus sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Morgan Doctor : nouveau clip « STRANGERS IV »

Ces créatures qu’elle semble ne pas voir font pourtant partie intégrante de la solitude de Morgan Doctor. De muses en démons, figures érigées en sources d’inspirations diverses et imprévisibles, elles occupent l’espace créatif de la musicienne sur « STRANGERS IV », chuchotement de l’inventivité dans le creux de l’oreille de celle qui devra lui donner naissance. Leurs plaintes, leurs douleurs, leurs mouvements accompagnant les tortures mentales et souffrances physiques de la femme qui, inconsciemment, les anime, vont lui permettre de se projeter ailleurs, au cœur de paysages en déliquescence, de lieux imprégnés d’un spleen apparemment inaltérable. Le film mue, les métamorphoses deviennent urgentes, oppressantes. On ne peut imaginer, dans la délicatesse désespérée de la musique de Morgan Doctor, ce qui en sera l’issue : un remède ou une plongée sans retour dans le gouffre de la peine ? Les saisons de l’absence pénètrent chaque mot, chaque harmonie. La voix se déforme, agonise, hurle l’injustice d’un silence à jamais obscur et privé de toute substance. En écrivant les pages d’une lettre dont le destinataire est un mystère infini, Morgan Doctor en appelle à sa fragilité, aux contours corporels et mystiques de ses blessures. Un court-métrage amer, perçant, implacable. Mais qui conserve en son sein la force de l’expression, directe et urgente. Les complaintes sensorielles de Morgan Doctor sont à apprivoiser grâce à l’album Strangers, disponible depuis le 16 octobre (Aporia Records), ainsi que sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Farees feat. Calexico : nouveau single « Y’all Don’t Know What’s Going On »

Regardant droit dans les yeux la condition des immigrés mexicains malmenés à la frontière américaine, Farees convie Calexico à participer à une protest song dont les sonorités incantatoires se transforment rapidement en discours politique fort et universel. Élargissant le mépris de l’humanité face aux victimes de ses injustices et idées reçues, les musiciens unissent leurs forces et leurs langages parfaitement complémentaires pour créer un manifeste sonore dont les affirmations et la narration demeurent, seconde après seconde, imparables. Fuir un fardeau pour en retrouver un, fuir les coups pour en recevoir de nouveaux ; tel est le prix à payer dans une quête éperdue de liberté, dans cet appel de cuivres et d’artistes tendant leurs mains vers les naufragés du destin et des conflits internationaux et raciaux. Face à ce rejet apparemment sans fond ni achèvement, dans la confrontation et le danger, « Y’all Don’t Know What’s Going On » émerge des cendres et poussières d’os de sacrifiés consumés par la tragédie. Celle d’exister et d’avoir vu la lumière du jour, au mauvais endroit certes, mais sans jamais lâcher ne serait-ce qu’une once de volonté et de confiance en des capacités physiques et psychiques qu’il faut constamment dépasser. Le monde entend et regarde ces visages et voix que Farees et Calexico exposent, avec respect et affection ; levons les yeux, tous ensemble, afin de leur porter secours. Tout ce qu’il faut savoir sur l’infaillible sacerdoce de Farees et à retrouver via ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


HSRS : nouveau clip « HSRS »

La transmission d’une génération à l’autre, par la musique et une présence spirituelle quasiment impossible à voir et apprécier à sa juste valeur. L’âge, la différence, ces écarts que beaucoup considèrent comme une fin en soi, n’existent plus pour HSRS. « Needs for my life : Transmute my DNA / I’m the dramatic change / to whom I give birth » ; une liste de volontés à respecter pour exister et conserver, à l’intérieur de soi, l’action infinie de notre patrimoine génétique et humain. La musique elle-même, au ralenti, saisit chaque moment d’union, chaque mot et ordre que l’on se remémore, sans forcer. Afin de parfaire ce naturel, ces automatismes qui nous apportent un fabuleux bien-être, Julie Bessard nous convie à pénétrer dans l’intimité amoureuse et confidentielle de sa généalogie, de ces mélodies qui ont bercé son enfance et ses voyages, l’ont transformée en compositrice, l’ont constituée de chair, d’âme et de sensations. « High self reset system » ; revenir à l’essentiel, repartir de zéro suite à la catastrophe, aux drames, aux tentatives avortées. Ne pas chercher la complication ; au contraire, rebâtir la spontanéité d’une minute comme nulle autre, d’un moment présent qui, à coup sûr, terrassera toutes les fragilités existentielles l’ayant précédé. La dernière minute de « HSRS » est bouleversante, testament incomparable d’un naturel désarmant et unique. L’affection par-delà la composition, tandis le vent épouse celle qui lui accorde sa vie et ses instants de convivialité et de confiance. Le chant, éternel, immuable et puissant, même au creux de sa fragilité. Pour patienter jusqu’à la sortie de son nouvel EP DNA le 27 novembre prochain, allez dès maintenant ressentir les anecdotes et expériences inoubliables de HSRS sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.