Last Call : l’actu musicale quotidienne sans modération

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crédit photo BEYRIES : William Arcand

BEYRIES : nouveau clip « Closely » / Nouvel album Encounter disponible le 13 novembre (Bonsound)

L’attente. Le départ que l’on devine involontaire, impuissant à toute résistance. Des bras ouverts, une consolation, puis la route, interminable, dont l’issue sera éprouvante. Le deuil imprègne chaque plan de « Closely », chaque image éclairée par l’atmosphère ambiante, sans artifice, sans projecteur désuet et inutile. BEYRIES s’y implique, de tout son cœur. Elle saigne, écrit à l’encre rouge l’absence, le travail qui commence, l’après. Quelques arpèges de guitare précèdent l’intensité de la douleur émotionnelle et morale. Une souffrance à vif, lancinante, qui nous ressemble autant qu’elle reflète l’état conscient de l’artiste. Comme un ultime rythme cardiaque, les percussions suivent les étapes, les moyens de ne pas avoir à atteindre l’objectif. Les larmes ne se cachent pas, elles brillent et nous émeuvent jusqu’à provoquer les nôtres. L’implication du spectateur est totale, inévitable. Le quotidien rejoint cette difficile escapade dès que le piano apparaît ; et bouleverse la tragédie inhérente au ressenti. Quelques secondes à regarder les cieux, les uns à côté des autres, dans une fraternité, une alliance où l’affection est à son comble. La voix de BEYRIES, son ode funèbre et intime, ne cherche jamais à se positionner au-dessus de la réalisation à fleur de peau de Raphaëlle Chovin. Elles s’équilibrent et se respectent, se parlent sans avoir à prononcer un seul mot. Enfin, l’arrivée. Une forme inattendue de libération, un poids s’élevant du cœur et rejoignant les flots. Plus rien ne sera comme avant. Le manque poursuivra son implacable traumatisme. Mais ils sont ensemble. Laissons-les partir, vivre. Et emporter avec eux notre tendresse éternelle. BEYRIES vous livre les premiers chapitres de cette admirable histoire, ainsi que toutes ses réflexions et progressions, sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Eisbear : nouveau clip « It’s Over (Live session) »

À aucun moment, Eisbear ne cherche à cacher sa profonde dépendance à une forme de pop bercée par les pulsions 80’s les plus intenses. Pour preuve, cette captation de « It’s Over » se pare de couleurs étincelantes, de lumières tamisées et d’une présence poussée par l’envie de soumettre au spectateur un spectacle beaucoup plus spatial que la pièce le laisse tout d’abord penser. Des mélodies de claviers aux basses et guitares délicates, d’un rythme cavalant vers la beauté du chant, la performance use du décor et de ses souvenirs dépoussiérés afin de parfaire la composition et son interprétation. Cependant, le plus étonnant est ailleurs, dans la perfection accordée à un style, une époque et à la meilleure manière de les moderniser, de leur offrir une actualité qui n’aura finalement rien de nostalgique. C’est là que la force du groupe prend tout son sens, qu’elle explose devant nos yeux : une jeunesse prise dans la spirale du temps, regardant ce qui lui permettra de retrouver l’année 2020 tout en métamorphosant ses passions et envies. Démarche sincère et forçant le respect, « It’s Over » inclut, dans son travail précis et scrupuleux de la forme et du fond, une réelle émancipation face à la dépression ambiante qui nous saisit toutes et tous en cette fin d’année. Et si tout ne faisait que commencer ? Éléments de réponse sur les pages FACEBOOK et INSTAGRAM de l’attachant projet lyonnais.


Verlatour : nouveau clip « U Are My Sweet Thing »

L’horreur psychologique surnaturelle et anxiogène du premier chapitre de la trilogie de Verlatour, « Evasion », s’achevait sur un mystère ressemblant à une résurrection, conclusion ouverte idéale à une suite qu’il nous tardait de découvrir. On connaissait la passion du percussionniste et compositeur pour le fantastique, mais l’exercice dans lequel il s’est lancé lui permet d’ouvrir un nouveau palier à son art de l’impulsion électronique, des beats et basses grattant du bout des ongles nos épidermes et nos cerveaux hypersensibles. « U Are My Sweet Thing » : une seconde partie en forme de clin d’œil au message inscrit sur le miroir de la salle de bain du premier épisode. Le bleu de celui-ci cède sa place à un rouge profond, aveuglant. De même, la musique se modifie, transition entre l’angoisse et la réalité d’une reprise des hostilités sous forme de vengeance largement méritée. Adoptant le point de vue à la première personne, Verlatour brouille cependant les pistes ; qui sommes-nous, et dans quel corps venons-nous d’être propulsés ? Un cauchemar désincarné ? Un esprit frappeur ? Un dédoublement de personnalité ? La mort affrontant le vivant ? Lentement, le court-métrage s’emballe, accumule les indices et les fausses pistes, tourmente le spectateur sans pour autant l’égarer en cours de route. Même les brefs reflets, les photographies ne disent jamais ce qui est, mais ce qui pourrait être. Ce qui rend l’œuvre toujours plus complexe et fascinante. Comme pour « Echec et mat » en 2017, nous ne pouvons nous fier aux apparences, ni à la violence des actes que nous contemplons dans leurs moindres détails. Un chef-d’œuvre de mise en scène, dont il nous faut maintenant attendre fébrilement la conclusion, avant la sortie de l’EP Evasion en janvier prochain (Bon Temps Records). Menez l’enquête – à vos risques et périls – sur les pages FACEBOOK et INSTAGRAM de Verlatour.


Oneohtrix Point Never : nouveau clip « Long Road Home » / Nouvel album Magic Oneohtrix Point Never disponible le 30 octobre (Warp)

Le travail d’animation de « Long Road Home » suscite aussi bien l’admiration qu’une forme aiguë de fascination à la limite du voyeurisme. En effet, le spectacle de ces deux créatures démoniaques en pleins ébats se montre esthétiquement passionnant et ciselé au détail près, tout en maintenant chez le spectateur un malaise constant, la sensation d’observer un acte qui devrait demeurer interdit. Cependant, la force du nouveau titre d’Oneohtrix Point Never réside dans sa musique, dans l’infusion des mélodies et de l’artificialité vocale face à une réalisation qui, elle, contient assez de bricolage nostalgique pour engendrer une parfaite complémentarité. Futur et passé s’enlacent, croyances antédiluviennes et convictions contemporaines – comme la libération sexuelle ici exposée – s’amusant à se tourner autour. Regardant le chemin parcouru depuis des décennies, Daniel Lopatin, aidé par Charlie Fox et Emily Schubert à la mise en scène, se joue des idées reçues et ne voit, au final, qu’une forme nouvelle d’art et d’existence. La conjonction des émotions, de leurs blessures mortelles et de la modification qu’elles provoquent en nous, dans ce que nous avons de bon et de mauvais. « Long Road Home » est accompagné depuis quelques jours de cinq nouveaux extraits du futur Magic Oneohtric Point Never, opus attendu pour la fin du mois et que vous pouvez écouter sur la chaîne YOUTUBE du compositeur. Quant à ses inspirations intérieures et contemplatives, elles vous sont révélées par étapes sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Avria : nouveau single « Warrior »

Malgré la douceur de sa mise en musique, « Warrior » débute par une frustration. Celle de l’enfermement au cœur d’un embouteillage, alors que la nuit tombe et appelle au relâchement, à la libération. Le détail apporté aux circonstances par les paroles d’Avria se focalise justement sur la différence entre ce qui se produit à l’instant et ces heures prometteuses projetées mentalement, pour une soirée de catharsis et de communion retrouvées. « Warrior » expose sa douceur afin de mieux nous amener à la comprendre, à la partager ; mais elle se permet aussi de se séparer, par le chant et les mots, des formes de paraître auxquelles nous sommes constamment soumis, ces sourires mondains qui finissent par nous donner la nausée, ces rapports soi-disant amicaux qui se concluent le plus souvent par un couteau planté dans le dos. Tandis que beaucoup se laisseraient aller au burn out et à l’obéissance aveugle, Avria argumente, serre contre elle ce qui lui permettra de briser les chaînes de tant d’insipides bienséances. La forme harmonique, entre électro pop et rythmique reggae, ajoute un confort, une patiente résilience parfaite pour nous imprégner des conclusions de la chanteuse. Le « mal de dancefloor » ne demandera peut-être, finalement, aucun dédoublement de personnalité ou réincarnation dans un autre corps. Avria se montre maîtresse de sa destinée, contrant les regards accusateurs grâce à son désarmant naturel et à la vérité émanant d’un titre dont les vapeurs rassurantes nous enivrent et nous motivent. Suivez dès maintenant ses errances et pensées intimes et affirmées sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


From Grey : nouveau clip « Salem City »

Les histoires de From Grey nous semblent souvent familières mais finissent par dévoiler leurs plus profonds secrets, au fil d’un folk bercé d’imprévisibles errances temporelles. « Salem City » nous replonge au XIXe siècle, au temps de la narration des légendes par le bouche-à-oreille ou les récits chantés de troubadours allant de ville en ville exposer les derniers exploits de cités lointaines. L’ambiance, ensorcelante, s’approfondit au travers de lumières minimales entourant le groupe nantais, des projections astrales ouvrant la porte vers une autre dimension. Il y a quelque chose de démoniaque et de furieusement addictif dans cette complainte à la dynamique juste et imparable ; une attraction vers le mystère, vers les visions précises d’actes dictés par la voix et les chœurs. Une rencontre à la croisée des chemins, à l’heure du Diable, celui-ci voyant son langage et ses tentations immortalisées par l’harmonica et les vagues chargées de reverb de la guitare. La brume s’installe, l’instant est solennel, le choix faustien se présente aux interprètes et à ceux qui contemplent leur performance. Car il faut une sacrée dose de possession et d’inspiration pour réussir l’exploit d’ancrer un art nostalgique si près de la réalité contemporaine, alors que nous nous y noyons et nous y reconnaissons. C’est tout le talent de From Grey : laisser émerger la fascination de sa composition du cœur meurtri de la grisaille et de la résignation. Excitant et motivant, « Salem City » nous ouvre les portes d’un lieu où tout devient possible et où l’on pénètre sans aucune hésitation. L’appel de From Grey se prolonge sur leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.