Last Call : l’actu musicale quotidienne sans modération (2e partie)

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SCRTCH : nouveau clip « Sex needs… (Live Session) »

L’escale où a été filmé « Sex needs… » doit encore s’en souvenir, entre acouphènes persistants et naufrages imprévus. Et pour cause : la captation live de SCRTCH foudroie dès ses premières secondes, faisant trembler les ancres et bouillonner l’eau environnante. Parfaitement réalisé par la fine équipe de Studio 333 (on imagine à quel point l’exercice a dû être compliqué), « Sex needs… » a tout de l’orgie en plein air, du happening sauvage dont chacun perd le contrôle sans jamais essayer de le reprendre. À deux, les musiciens réveillent les esprits endormis de bord de canal, font fuir les poissons et monter la colère des pêcheurs ; ou, au contraire, déclenchent une explosion sensorielle contagieuse, sur et sous la surface. Du rock en fusion, évoluant durant ses cinq minutes de folie incontrôlable et de synthèse parfaite et électrisante d’un genre qui ne s’attendait certainement pas à un tel raz-de-marée. Dosé dans ses effets et son évolution, crachant autant de flammes qu’il instaure un climat central apaisant avant l’éruption finale, « Sex needs… » répond à la question qu’il pose sans que l’on ait besoin d’une précision supplémentaire. Les câlins et caresses d’un classicisme confondant commencent sérieusement à vous pomper l’air ? On vous conseille SCRTCH comme bande originale, sans hésitation. En libre-service sur leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Nero Kane : nouveau clip « Lord Won’t Come » / Nouvel album Tales of Faith and Lunacy disponible le 30 octobre (Nasoni Records / BloodRock Records / Anacortes Records)

Dieu est mort. L’évidence nietzschéenne imprègne les plans magnifiquement filmés par Samantha Stella afin d’accompagner la ballade mortuaire « Lord Won’t Come » de Nero Kane. Un noir et blanc isolant ses décors du reste du monde connu, dans le désert et la poussière. Ça et là, les symboles religieux s’emplissent de désespoir, de rejet de principes ayant conduit la ville à sa perte. Deux âmes parcourent le dédale d’habitations à l’abandon, au fil d’une musique dont la profondeur émotionnelle et tantôt rassurante, tantôt glaçante. Hymne funèbre de l’achèvement « Lord Won’ Come » s’attarde sur la perte, invitant le fantôme immaculé d’un amour brisé, sacrifié. Au milieu du transept, elle danse, lentement, pendant que la saturation amplifie l’air et l’espace sonore. Elle écoute l’homme lui vouant un éternel culte, une admiration dépassant sans comparaison possible n’importe quelle croyance, divine ou terrestre. Lui, les yeux levés, éprouve les harmonies infernales, le joug à porter comme le fardeau de l’absence. Un poids immense, irrévocable. Mais il la voit. Nero Kane donne vie à l’indicible, à l’horreur du vide et au silence. « Lord Won’t Come », poème de l’adieu et de l’éternité, résonne en nous bien après ses ultimes effets. En attendant un opus qui promet d’être riche en sensations fortes, suivez le chemin de croix de Nero Kane sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


PANEM : premier album Zeitgeist / Absolute Monopoly disponible

Dans ses premiers effets, Zeitgeist / Absolute Monopoly apparaît comme une œuvre rock mélodique bercée par la mélancolie du hasard et du destin. Une forme qui, d’ores et déjà respectable, dissimule des trésors de créativité et d’ingéniosité, en plus de reposer sur une production d’une incroyable limpidité. Un premier essai qu’il est impossible de rapprocher d’une quelconque influence, les détails qu’il cache puis révèle sans crier gare imposant une lecture et une écoute actives et mobilisant tous nos sens. PANEM grave ses émotions sur les sillons limpides d’une composition dont les niveaux se succèdent dans une logique éblouissante, entre progressif et harmonies vocales et instrumentales soignées. Des sonorités synthétiques du titre éponyme aux montées gravitationnelles de « Breathe, Pretender » et « Face Tomorrow » (ce dernier faisant montre d’une extrême maîtrise technique, toujours au service des compositions et sans exhibition exagérée ou vaine de capacités pourtant étonnantes), Zeitgeist / Absolute Monopoly est une pure béatitude, s’autorisant même une dérive sensorielle immense et directe (« Something I Don’t Know ») avant d’opérer la quintessence de son art sur l’ultime « The Empty Man », réceptacle de futurs diamants qu’il nous tarde d’admirer. Une sculpture chorale prouvant l’entente de tous les instants de celles et ceux qui lui ont donné naissance, avec passion et détermination. Des tableaux emplis de mouvements incessants, que nous vous invitons à scruter dans leurs moindres détails sur les pages FACEBOOK et INSTAGRAM de PANEM.


Nika Leeflang : nouveau clip « Old Stones »

Au départ, la substance hallucinogène que nous injecte Nika Leeflang nous démange, nous étire l’épiderme là où la seringue s’est enfoncée dans nos veines. Les effets sont rapides : la corrosion d’un riff noise sale et râpeux, l’image saccadée puis à rebours de la musicienne à peine visible derrière ses cheveux, la conjonction des guitares et des percussions et, en filigrane, des dessins, représentations d’une intériorisation de « Old Stones », de l’expérience et de ses conséquences. Puis, la mue s’opère, notre vue se trouble ; les formes ondulent, les visions s’enchaînent, simples dans leur introduction mais intenses dans leurs manifestations. Le titre semble avoir obsédé l’esprit de Nika Leeflang depuis un bon moment, nécessitant un besoin urgent d’être couché sur disque et pellicule. Cette alternance impulsive et communicative de calme et de tempête trouve ses racines dans l’immédiateté, dans la circulation sanguine d’idées et de sensations fortes et brûlantes qu’il fallait impérativement laisser s’exprimer. Le spectacle est unique, fantasmagorique, fascinant. Un voyage de la musicienne au cœur des dessins de Joel Mas, sans but précis ni signification symbolique. Le plaisir, la rage à laisser s’exprimer, le repos comme exutoire final. « Old Stones » est un paradoxe enivrant, l’accumulation hypnotique de sources artistiques vives et bouillonnantes. En attendant son album Bad Sunday prévu pour le 5 février 2021 ([PIAS]), Nika Leeflang vous ouvre les portes de ses rêves et cauchemars sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


METÒ : nouveau single « Arvida »

L’espace que METÒ occupe avec « Arvida » n’est pas qu’une pièce vide, un lieu dans lequel sa voix et ses chœurs résonneraient en vain au creux d’un désert enfermé entre quatre murs. Il est plus ample, regardant vers l’horizon puis levant les yeux en direction d’un ciel étoilé, de planètes aptes à l’accueillir, à recevoir le message de sa composition et de ses variations. Une ambiance frôlant souvent l’apothéose, appelant des arrangement subtils et imprévus, diffusant le langage d’instruments à l’étonnante complémentarité. Quelques sons disparates s’invitent à l’invocation, esprits de dimensions parallèles capturés pendant six minutes de conversation céleste, là où les figures les plus belles et les mélodies les plus angéliques communiquent enfin. « Arvida » ressemble à une rencontre éphémère, à un instant court mais ancré dans l’éternité, dans des sphères que nous ne soupçonnions pas mais qui nous apparaissent fugacement, intensément. La matérialisation de l’invisible, d’échos de nos existences superposant le réel et l’imaginaire, la sensation épidermique et l’émotion psychique. En progressant toujours plus loin vers l’audace et l’imprévisible, METÒ scrute les astres et les relie d’un trait soyeux et magnifique. Une musique de l’âme et de l’infini, brisant le continuum temporel pendant que nous nous noyons dans ses merveilles et ses mystères. Les voies éclairées de METÒ vous appellent sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.