Last Call : l’actu musicale quotidienne sans modération

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crédits photos : Dave Campbell / JC Dhien Photography

Quiet Whales : nouvel EP Glasgow Karma Scale disponible

Plongée dans les méandres de la cognition, dans ce qui constitue l’être humain, son identité, sa fragilité. Ses émotions vives, moteurs d’une existence portée par la pensée et le fonctionnement cérébral. Axé sur le Score de Glasgow, outil théorique permettant d’évaluer l’évolution de l’état de conscience, Quiet Whales y ajoute plusieurs niveaux de lecture, aussi bien musicaux que spirituels. Ne s’enfermant jamais dans le rock alternatif mais cherchant, à l’opposé, à développer ses pistes au rythme des découvertes mentales, le groupe diffuse, au fil de ces dernières, des mouvements tantôt fluides, notamment dans le chant, tantôt résistants, armant les guitares d’obscures idées prenant le pas sur la réflexion psychique. Des développements dont l’énergie donne vie aux altérations de l’esprit, de la colère à la consolation, de la peur primale au réconfort. Les deux parties distinctes mais cependant complémentaires de « Glasgow View » illustrent parfaitement ce dédoublement, cette quête constante de la nature unique de ‘Ego. Sans repos, malmené et éprouvé, l’individu trouve dans Glasgow Karma Scale la conjonction de mélodies brutes et déstructurées, d’arrangements travaillés jusqu’à l’obsession et d’une lecture du destin comme échappatoire essentiel de nos corps et de nos âmes tourmentées par les bouleversements sociaux et les rapports artificiels nous liant majoritairement à autrui. Une forme radicale et nécessaire de rébellion et de réflexion, trempant sa plume acide dans un rock évolutif passionnant et touchant. Les tests proposés par Quiet Whales sont à passer sur leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Ô Marine : nouveau clip « Ton abîme »

La variation des ambiances est au centre du nouveau clip des Québécois d’Ô Marine. En effet, musicalement parlant, « Ton abîme » nous replonge plusieurs décennies en arrière, lorsque les slows étaient portés par des guitares et harmonies chorales donnant le rythme aux mouvements des corps, à la fragilité et à la sensibilité des regards. Artistiquement, le court-métrage fait montre d’une fantastique imagination, dessin animé en noir et blanc dont le trait et les choix scénaristiques nous offrent une seconde interprétation de la chanson elle-même. Mettant habilement en parallèle le tourment dépressif et l’impossibilité de communiquer avec l’être aimé, Jonathan Lépinay se focalise sur la performance du groupe pour y trouver ce qui guidera sa main et sa mise en scène, conjonction parfaite et sensible des deux médias. Humour et mélancolie s’observent, tandis que les deux figures centrales se cherchent et se touchent sans jamais pouvoir s’atteindre. La motivation est infinie, l’eau séparant les deux amants ne refusant pourtant jamais leur union, même mentale. Le canevas est précis, ample et essentiel, ne cherchant jamais à exposer les mélodies qu’il doit illustrer à une surenchère visuelle qui ne leur conviendrait absolument pas. Ce qui fait de « Ton abîme » une splendide et émouvante interprétation de l’amour, de la complémentarité de deux êtres que tout semble vouloir éloigner. Une lueur d’espoir qui nous impressionne et nous fait sourire, tendrement. Ô Marine vous attend sur les berges de sa page FACEBOOK.


Lemon Pepper : nouveau clip « Sometimes It Snows in April (acoustic duet / Prince cover)

Vocalement parlant, « Sometimes It Snows in April » est certainement l’une des chansons de Prince les plus difficiles à reprendre tout en la respectant dans son ambiance si novatrice à l’époque de sa sortie. Défi de taille pour les très doués Lemon Pepper, et réussite totale ; sans jamais essayer de renouer avec les expérimentations harmoniques du Kid de Minneapolis, Vidalay (chant) et Patrick (piano) en conservent la complexité du jeu de clavier et les variations constantes de la voix, simplifiant leur lecture tout en rendant ces deux parties beaucoup plus profondes. Tant et si bien que l’on finit par se dire que cette cover était inévitable dans le catalogue déjà fourni de Lemon Pepper : elle leur tendait la main, patiemment, jusqu’à ce qu’elle soit saisie et caressée. Sous l’éclairage d’une lueur extérieure bienveillante, d’un climat annonçant les frimas du dehors et la chaleur de la conversation entre les deux artistes, la réalisation de Thierry Calleau s’attarde sur les détails qui font la performance, qu’ils soient humains ou participent au prolongement du toucher, du timbre. Une merveille de ressenti et de respect, imprégnée d’une identité unique et d’une âme réconfortante et entière. Pour celles et ceux qui, en ces temps d’isolement, se sentent seuls, « Sometimes It Snows in April » version Lemon Pepper est un compagnon irremplaçable, regardant droit devant lui tout en nous consolant alors que nous nous blottissons dans ses bras. Le don de Lemon Pepper, ainsi que leur incroyable diversité créatrice, sont à retrouver sur leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Frank Rabeyrolles : nouveau clip « Impossible Retour » / Nouvel EP Impossible Retour disponible le 30 octobre (Wool Recordings)

Frank Rabeyrolles est, indubitablement, un musicien que rien ni personne ne peut empêcher de créer comme si sa vie entière en dépendait. Partant de ce postulat plus qu’évident, « Impossible Retour » apparaît comme la résilience d’un compositeur sachant pertinemment qu’il est né pour donner vie à une discographie étoffée mais jamais rébarbative ou aisée. La lente progression du clip dans les rues en noir et blanc de San Francisco, ce voyage vu à la première personne, immerge l’instrumental au détour de chaque coin de rue, dans la ferraille du célèbre pont ou encore sur ces visages brouillés passant sans prendre conscience du tumulte mental de celui qui les observe. Progressant lentement mais avec une précision et une ambition mélodique constantes, la piste scrute les architectures et dépoussière les archives au moyen d’objets acoustiques s’accordant à la modernité de ce qui est contemplé. Au cœur de l’anonymat, une voix résonne et impose sa présence sur le bitume, sur les routes accueillantes et appelant l’artiste à les parcourir, quitte à y laisser, lors de chaque étape, une part de lui-même sur laquelle il pourra fonder, comme dans un effet ralenti de dominos chutant les uns après les autres, ses nouvelles sculptures sonores. Entre passé, présent et futur, Frank Rabeyrolles appelle les muses d’ères confondues et qui, grâce à lui, s’allient en une formidable entente. Le périple du compositeur est à suivre sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Tiphanie Doucet : nouvel EP Painted Blue disponible

Il ne subsiste aucune frontière entre les épreuves émotionnelles de Tiphanie Doucet et nos propres afflictions intérieures à l’écoute du troublant Painted Blue. Au fil d’un dépouillement instrumental propice à la mise en valeur de sa voix fragile et confidente, l’opus se pare de la couleur qu’il dessine, de cette âme couverte d’une pellicule nocturne que l’art pourrait, à lui seul, parvenir à ôter, doucement, en plusieurs étapes. Il y a de la menace et de la profondeur dans ce disque, de la souffrance épidermique et de la chaleur sous-jacente ; qu’ils soient évidents, comme sur le single éponyme, ou plus dilués dans les tonalités de guitare de « You and I » – l’échange de l’anglais et du français balayant d’un revers de la main les frontières linguistiques -, ces murs que l’on dresse pour expliquer trop facilement la rupture résistent autant que possible aux assauts répétés de Tiphanie Doucet. Elle s’interroge sur cette solitude forcée, sur les raisons et les conséquences de la césure spirituelle et sentimentale. Elle projette des lumières puissantes dans un ciel tourmenté, des fluides phosphorescents dont les mouvements accaparent nos sens. La présence du violoncelle et des caresses acoustiques imprègne l’œuvre d’un discours en voie de rédaction à l’encre des larmes, des querelles psychiques et sensorielles se transformant en inévitables étapes de la compréhension et de l’assimilation. La peine, le chagrin rôdent, dans l’ombre ; mais la lueur projetée par le timbre confiant et sublime de la chanteuse resplendit, notamment sur le pudique et marquant « L’Amoureuse », chapitre final d’une consolation qui, pour être entière, doit se confronter à l’analyse des forces et des faiblesses de l’individu. Pour devenir, il faut avoir été. Et vouloir être, chaque seconde, malgré les tragédies qui ont précédé cet extraordinaire dévoilement. Tiphanie Doucet vous conte ses révélations sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


DeLaurentis : nouveau clip « Life »

Devant nos yeux, Unica naît. Sans apparaître frontalement, elle dessine quelques formes, se laisse graver dans l’imprimante de son existence artificielle sur le modèle de DeLaurentis, prête à devenir l’alter ego avec laquelle la compositrice va s’aventurer dans un jeu de miroir qui la bouleversera à jamais. Du fascinant premier plan à sa conclusion toujours plus troublante, le court-métrage débute le long d’une lenteur propice à distinguer chaque étape, chaque détail de la genèse du double. DeLaurentis, à travers une vitre, de dos, contemple l’expérience qui commence, le transfert de sa propre conscience. Et les questions de nous hanter, en quelques secondes : fallait-il arriver à ce paradoxe entre réel et virtuel ? Quelles en sont les causes et quelles en seront les conséquences ? Pour l’heure, la créature humanoïde scanne les contours, les ressemblances physiques. L’immersion est totale, communicative. La musique elle-même se précipite vers ce qui doit advenir, coûte que coûte. Une mécanique s’emballant dès que les fragments électroniques de l’humanoïde, aidée par celle qui désire par-dessus tout l’accueillir à ses côtés, se dévoilent, circuits imprégnés d’une vie propre, issue de la nature, des arbres, du vent, du sable. Les souvenirs et les sentiments feront partie de la carte mémoire vive d’Unica, de sa personnalité, de son importance dans l’opus qui s’annonce. Tandis que la machine s’affole, l’artiste n’abandonne pas et accepte de suivre son rêve électrique jusqu’à son issue, quelle qu’elle soit. Elle tend la main, aide, emporte le résultat de l’expérimentation. Une fantasmagorie sublime, allant bien plus loin que la simple vision d’une science-fiction dangereusement proche de l’anticipation. On s’impatiente de connaître les échanges de DeLaurentis et d’Unica, leurs accords comme leurs dissensions. Et, plus que tout, la façon dont chacune renversera les raisons d’être de son opposé tellement complémentaire. Réponse début 2021 pour un album qui risque fort de progressivement défaire notre conception de l’IA et de ses promesses illimitées. Pour suivre cette fabuleuse rencontre, connectez-vous dès maintenant sur les pages FACEBOOK et INSTAGRAM de DeLaurentis.