Last Call : l’actu musicale quotidienne sans modération (2e partie)

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crédit photo DeLaurentis : Sacha Vatkovic

DeLaurentis : nouveau single « Life »

Unica prend vie et s’apprête à s’imposer aux côtés de DeLaurentis. La conjonction de leurs deux existences, réelle et virtuelle, se présente sous ses atours les plus complémentaires et irréels avec « Life », introduction du dédoublement de personnalité artistique, de la machine devenue organique sous les doigts de la musicienne. Elles sont interdépendantes, elles se doivent fidélité et se méritent l’une et l’autre. Sans attendre, le titre se déploie, contemple l’écran d’où la créature jumelle va s’extraire, les dessins par claviers et machines interposés qui, en quelques minutes, vont former aussi bien l’entente que l’opposition d’une œuvre de symbiose, d’écoute et, parfois, d’oppositions. La peur originelle cède la place à l’apaisement, l’électronique sensible de DeLaurentis démontrant qu’elle est enfin prête à la rencontre, à la confrontation. Les voix multiples accordent aux deux entités leur importance cruciale dans l’œuvre d’art globale, leurs différences et leurs essences entremêlées, sources chimiques et génétiques de la naissance. Une vie au cœur de laquelle le sentiment, les émotions seront extrêmes et malmenés, mais n’abandonneront pas. « Life », l’origine, le noyau atomique d’un disque annoncé pour mars 2021 et que DeLaurentis souhaite, enfin, révéler au monde. Une offrande bercée de robotique et d’anticipation mais, plus que tout, d’une formidable et indélébile humanité dont elle seule était capable de maintenir la place unique dans le tumulte futuriste qui l’attendait patiemment, ardemment. Les deux êtres vous appellent sur les pages FACEBOOK et INSTAGRAM de la compositrice.


FAIRE : nouveau clip « La Gaule »

Attention, choc sonore et visuel en perspective, âmes sensibles s’abstenir. Tandis que l’on voit d’ores et déjà venir les petits pervers dégainant leurs arguments fallacieux concernant le titre ambigu du nouveau clip de FAIRE, le résultat risque fort, en plus d’amplifier l’ambivalence, de rapidement les calmer et les laisser retourner à leurs préoccupations solitaires prépubères. « La Gaule », c’est le punk synthétique d’un trio n’ayant rien à faire de ce qu’on pourra penser de lui. C’est le hurlement d’un constat, d’un pays qui se liquéfie au fur et à mesure de ses prises de position théoriques inutiles et de ses actes et paroles sans conséquences. FAIRE : agir, bien entendu, mais de la meilleure manière possible. Entre apocalypse, mutations animales et science-fiction, « La Gaule » préfère étaler ses prises de conscience avant le massacre final et l’éradication nucléaire de toute forme d’idée novatrice. Le post-nuke a trouvé ses héros, aptes à se battre avec des armes bricolées à la va-vite et une énergie sous adrénaline en injection continue. Ce n’est pas pour rien que l’album attendu pour début 2021 s’intitulera L’Enfer ; car il faudra bien une bande de cavaliers solitaires pour empêcher les sept sceaux de s’ouvrir, ou la bêtise politique d’appuyer sur les mauvais boutons. Autant commencer à nettoyer les cendres d’un effondrement annoncé et de sa reconstruction grâce à FAIRE, dont vous pouvez écouter les prêches sauvages sur leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Nilüfer Yanya : nouveau clip « Crash »

Rien ne peut arrêter l’imagination et la créativité débordantes de Nilüfer Yanya ; comme si la compositrice avait la capacité de transformer tout ce qu’elle touchait en or, sans aucune difficulté. Pourtant, sa musique, travaillée à l’extrême, prouve sans conteste possible les efforts qu’elle a dû fournir pour concrétiser ses ambitions et sculptures sonores scrupuleuses et méticuleuses. « Crash » signe l’union auparavant impossible d’un rock décharné, de rythmes dont l’impact résonne éternellement dans nos esprits et de la mélodie envoûtante du chant, au milieu d’un vaisseau spatial dont notre guide déroule les anecdotes et le destin irrévocable qui l’attend, intime et symbolique. Un simple décor, quelques lumières et le spectacle est total, fascinant, brut. La beauté de la chanteuse, hôtesse d’un jour de la catastrophe humaine et sentimentale à venir, nous rassure avant l’impact. Les lumières s’emballent et échappent à tout contrôle, les explosions et décharges électriques s’insinuent dans les harmonies et l’interprétation de Nilüfer Yanya, stoïque et impassible. Sa fonction est de rendre l’impossible supportable, sans pour autant oublier que le futur est proprement annihilé, que la fumée va bientôt nous étouffer. Mais on se sent en confiance, en sécurité. Tant et si bien qu’elle initie le miracle, la suspension de l’action, grâce à sa présence et à ses regards, à son incroyable charisme. « Crash » est harmoniquement sublime, contrepoint indubitable d’une illusion passant radicalement de la terreur à la consolation et à l’apaisement. Annonciateur d’un nouvel EP, Feeling Lucky?, prévu pour le 11 décembre prochain (ATO Records), le voyage céleste qu’elle nous offre prolonge ses différentes escales sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


The Belmondos : nouveau clip « What For »

Vous pensiez réellement que l’enfermement forcé dans quelques mètres carrés allait forcer une grande majorité d’artistes et d’êtres humains à se résigner à la passivité ? Bienvenue dans le couloir certes étriqué mais rapidement spacieux et mouvementé de The Belmondos, où « What For » se développe d’entrées en sorties, avec vue sur les lieux d’aisance (n’insistez pas, nous n’utiliserons ni un synonyme, ni argot ; même si ce n’est pas l’envie, pour ainsi dire, qui nous en manque). S’amusant à imaginer les conséquences de l’isolement, les préjugés faciles des absents autant que les conclusions hâtives de celles et ceux que, finalement, tout ce cirque arrangement pleinement, « What For » se pose la question de la justification à donner ou non, tout en transformant un appartement en espace amplement satisfaisant sans que l’extérieur et sa vermine ne viennent le polluer. La mise en scène de Laetitia Prieur et Luc Golfin est un vrai plaisir, détaillé et soigné afin d’occuper chaque centimètre du cadre, tout en laissant le champ libre à The Belmondos et à ses touchantes excentricités. « Now it’s up to you / And nobody but you / To be at ease with yourself and let me free » ; écartons dès maintenant les fausses excuses, la procrastination et les définitions fades et toutes faites d’un nombrilisme lassant. Si tu veux changer, tu sais ce qu’il te reste à faire. D’ores et déjà, sonne à la porte de The Belmondos, prends la place que ceux-ci t’ont réservée et laisse sortir la pudibonderie et les formes désuètes de pudeur simulée. Libère ta personnalité, qu’elle soit assise sur la cuvette ou en pleine chorégraphie décalée. Tu auras la réponse à la question « What For » ; avec l’aide précieuse d’un collectif décidément fascinant par sa générosité et exemplaire par la simplicité et la sagesse de ses arguments. Ceux-là mêmes que vous pouvez méditer en allant consulter leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


BT93 : nouveau clip « Le Boulet d’l’Art et Essai »

Si vous voulez savoir pourquoi le nouveau clip de BT93 (qui de mieux placé pour en parler, au fait ?) nous a immédiatement tapé dans l’œil, c’est simplement parce que son postulat de départ est d’une indubitable perfection. À l’heure des progrès technologiques et de l’accès infini aux sources d’images et de cinématographie dont les qualités sont la plupart du temps aléatoires, la simple définition de l’Art et Essai est devenue un fourre-tout sans queue ni tête, une revendication brandie dès que l’occasion se présente, même pour présenter la pire des réalisations. De même, les paroles sont d’une richesse argumentaire idéale, exposant les arguments afin de mieux les démonter un par un. Petit instant de nostalgie révélateur de la destruction du genre : le Brady, temple parisien du cinéma fauché mais sincère des années 70 et 80, toujours debout malgré l’explosion des multiplexes et où bon nombre de cinéphiles ont connu leurs premiers émois devant de vrais longs-métrages d’auteurs et, ne l’oublions pas, des doubles programmes sans le sou, séries Z faites avec des bouts de chandelles mais dont les rééditions s’arrachent de nos jours. Prêt à tout pour percer, le protagoniste-boulet y croit ; mais tout cela n’est qu’une façade, comme s’il ne fallait qu’une caméra pour être réalisateur. Ce qui se termine immanquablement par des plans ratés, voire pervers. Le narcissisme comme source d’inspiration du 7e Art ; on ne remerciera jamais assez BT93 de remettre les pendules à l’heure, quand l’époque et la critique s’amourachent de bandes bonnes pour la poubelle en criant au génie. Pour épauler BT93 dans sa quête du vrai, allez de ce pas le retrouver sur ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


HOORSEES : nouveau clip « Overdry »

Tout cela paraît paradisiaque, du nom du lieu en néons clinquants à son atmosphère lumineuse et brumeuse ; sauf que le cœur n’y est pas, du moins quand on regarde les premières secondes du clip coloré illustrant « Overdry ». Un restaurant désert pour un grand moment de solitude dont l’issue et la tristesse ambiantes semblent inaltérables. Mais HOORSEES ne se laisse pas abattre et illustre, grâce à cet étonnant court-métrage de la solitude des artistes naissants, ce que beaucoup ont traversé avant d’accueillir le public, quelques mois, années ou décennies (pour les plus bornés) après. Le génie de la performance réside dans la façon dont les musiciens, constatant qu’aucune âme qui vive ne risque de se pointer à l’horizon, y va à fond et s’installe, comme chez eux. Alors tout change. L’audience, c’est nous, derrière notre écran, prêts à ouvrir la porte, nous poser et commander pendant le concert. Une phrase nous vient à l’esprit en regardant HOORSEES se libérer de l’épreuve de l’interaction : « On s’en bat et on y va à fond ». Les pulsions rock saisissent la chance qui leur est donnée, les gestes se font plus amples et libres. Tant pis pour les perdants qui avaient certainement mieux à faire ; nous sommes bien contents d’être les invités privilégiés de la démonstration de nos valeureux guerriers. Quelque chose nous dit qu’il risque, d’ailleurs, d’y avoir un peu plus de monde à la fin du couvre-feu pour les encourager ; les paris sont ouverts. Places limitées et à saisir de toute urgence, avant la sortie de leur premier album en février 2021 (Howlin Banana / In Silico / Kanine Records), sur leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.