Last Call : l’actu musicale quotidienne sans modération (2e partie)

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crédits photos : Axel Vanhessche / Will Canzoneri / Florian Progin

Club Célest : nouveau single « Magic »

Il est temps de se poser, de s’allonger et d’attendre patiemment que la magie opère. C’est en tout cas ce que nous pouvons vous conseiller afin de profiter du mieux possible de « Magic », chanson dont la douceur R’n’B et la voix caressante de Club Célest provoquent en nous autant de langueur que de séduction. Une pause bienvenue, un dialogue sentimental et sensuel dont la précision instrumentale, dans ses moindres détails, apporte une valeur ajoutée à perfection stylistique de cette chanson que l’on attendait avec une grande impatience. En utilisant ses influences qu’elle ne néglige à aucun moment, Club Célest y ajoute une dose d’amour inconditionnel, aussi bien sur le plan de l’interprétation que sur celui, plus délicat, de la transmission à celles et ceux qui se focaliseront sur sa création. Enjeu complexe mais qu’elle accomplit sans aucune difficulté, la sobriété de « Magic » s’ancrant parfaitement dans un décor aux lumières tamisées, dans le réconfort d’une présence, d’une chaleur, et au fil de minutes durant lesquelles rien ne se passe ou, à l’inverse, tout est possible. Une remarquable source d’énergie communicative, nous faisant entrer dans le monde accueillant et bienfaiteur de Club Célest ; celui-là même que vous pouvez explorer dès maintenant à travers ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


KIZ : nouveau single « Teardrop 100% MASK (Massive Attack cover) »

On entend déjà les défenseurs du port du masque obligatoire crier au scandale quant à l’utilisation de leur ustensile de prédilection dans le nouveau clip de KIZ. Même s’il convient de rappeler l’importance de ce dernier au quotidien, l’idée d’une reprise de Massive Attack au cœur de laquelle cette protection de papier serait l’outil principal de la performance est, à nouveau, un pur moment de génie. Les sonorités capturées par le duo, ainsi que les instruments choisis, semblaient attendre qu’une telle action se produise, dans le frottement des cordes de la guitare ou de celles du piano, dans les rythmes élastiques dominant un « Teardrop » qui, au-delà de son humour, est d’une beauté à couper le souffle, d’une tendresse aussi intense que celle de la piste d’origine. L’inventivité sans limite d’Alice et Marc fait à nouveau des merveilles, tout en touchant à un sujet certes sensible, mais nous permettant de dédramatiser, pendant quelques minutes, le poids anxiogène d’une situation sanitaire toujours plus inquiétante. Nous serions tentés de dire que cette cover 100% MASK serait l’outil de propagande parfait pour le Ministère de la Santé ; ceci dit, ça n’engage que nous. Et vous. Retrouvez les émouvantes élucubrations de KIZ sur leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


RADICAL KITTEN : nouvel album Silence is Violence disponible

Les premières secondes de « Wrong! » sonnent comme une alarme, dans un cri de guitare mettant tous nos sens en éveil : ennemis du bruit et de la fureur, fuyez tant qu’il est encore temps. Car, une fois que la machine s’emballe, rien n’arrête RADICAL KITTEN sur cet opus volcanique où le punk et les sons les plus machiavéliques s’amusent à allumer des incendies impossibles à éteindre. On a rarement entendu une telle rage dans le petit monde clos du bruit hexagonal, une telle fougue difficile à maîtriser, ce qui en fait tout l’intérêt et finit par devenir une drogue aux effets secondaires nous noyant dans notre sueur et nos fluides corporels. Le trio a parfaitement compris que la révolte passait obligatoirement par le cri, les riffs tranchants et les rythmiques radicales et hors de contrôle ; un mélange acide, rongeant tout sur son passage, y compris la bien-pensance de jobs pourris et de patrons à la limite de la décence, les interrogations existentielles façon psychologie de comptoir ou encore la perte d’identité pour celles et ceux qui se sentent enfermés dans un contexte citadin et social étouffant. Pendant qu’une grande majorité ferme sa bouche et ses écoutilles, RADICAL KITTEN n’hésite pas à l’ouvrir, haut et fort, n’omettant jamais d’exposer un discours d’une implacable logique derrière sa hargne sonore. La production, sèche et abrupte, renforce davantage les démangeaisons et brûlures provoquées par ce Silence is Violence vil, insidieux et radical. Donc essentiel. Plongez dès maintenant dans le brasier éternel des Toulousains grâce à leur page FACEBOOK.


Nell : nouveau clip « Versus »

L’invocation pop rock de « Versus » expose Nell à un constat de sa propre existence, celle-là même qu’il nous était possible de distinguer dans ses excellentes reprises acoustiques visibles sur YOUTUBE : au milieu de ces influences, quelle est sa place en tant qu’artiste et compositrice ? Comment peut-elle identifier, sans aucune ambiguïté, le talent inné qui l’amène à affronter son double artistique ici et maintenant ? « Versus » est une complainte, dans sa plus pure définition du terme : la question soumise, par la musique, à la muse et à l’être intérieur, à ces voix qui communiquent avec celle dont le rôle et de leur donner vie, leur sculpter une existence propre et gravée dans le marbre du temps. Avec un soin très particulier pour les mélodies vocales et la conjugaison des différents instruments, Nell obtient, au fur et à mesure de sa progression dans le noir et blanc du clip, des éléments de réponses, des indices parsemés ça et là au creux des mains, sur les lèvres ou par la profondeur d’un simple regard. Nell devient dès lors une entité, l’alliance de quatre cellules vivantes revêtant chacune une importance capitale dans la gestation de l’œuvre globale. Les sentiments d’échec et de perte s’estompent, laissent la lumière de la connivence et de la confidence éblouir une réalité sur le point de naître. Voilà la clé de la vocation, de la fonction essentielle de Nell parmi les étoiles créatrices d’un univers en perpétuelle mutation. « Versus », en plus d’être magnifique, était nécessaire ; pour eux, comme pour nous. Retrouvez dès maintenant Nell via ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Simon Merle : nouvel album Brain Man disponible

Si vous avez toujours voulu savoir ce qui se passait dans le cerveau teinté de folie et de génie de Simon Merle, Brain Man va vous apporter quelques éléments de réponse, à travers dix titres aussi brefs que parfaits dans leurs définitions neuronales de l’esprit de l’artiste. Se définissant comme représentant d’une forme unique de psychédélisme, il est pourtant bien plus, construisant ses chansons au moyen de rythmes rock et pop parfaits pour poser des arrangements qui, en plus de nous faire sourire, ne cessent à aucun moment d’attiser notre curiosité. Brain Man visite toutes les zones, même les plus difficiles d’accès, de l’organe du musicien, source intarissable des idées les plus belles et audacieuses. De slows langoureux et chargés de fumées enivrantes en rêves multicolores et sensuels, d’analyses médicales déréglant le bon fonctionnement des machines (que l’on imagine volontiers victimes d’inexplicables variations électriques) en dédoublements de personnalité divisant l’individu par la voix et l’image qu’il projettent dans nos esprits, l’opus varie selon les fulgurances internes à la boîte crânienne, appelle ses héros à la rescousse et s’achève sur un témoignage poignant de ce qui a provoqué l’idée de l’œuvre dans son intégralité (splendide et mémorable « Outro »). Simon Merle pourrait très rapidement rédiger l’ordonnance idéale à vos interminables maux psychiques, en plus de faire de Brain Man le remède miracle apte à annihiler définitivement ces derniers. Pour toute prescription et prise de rendez-vous, dirigez-vous dès maintenant sur sa page FACEBOOK.


Éléonore : nouvel EP Who You Are disponible

Un diamant éblouissant de soul et de R’n’B, déferlante inattendue et salvatrice dans l’univers aseptisé de ces genres souvent malmené. On ne le dira jamais assez : la musique sensitive et sensuelle portée par les voix féminines et les instrumentaux les plus doux et veloutés se voit trop souvent réduite à son plus simple appareil, la plupart du temps pour le pire. Dans ce contexte, Who You Are est un petit miracle, la performance d’une artiste dont les scènes de fonds de bars et les rideaux rouges d’un espace illuminé par sa présence amplifient son influence au fur et à mesure de la progression du disque. Éléonore raconte ses histoires, nous regarde et nous sourit, son charisme amplifié par la prodigieuse intensité de son timbre habité, vivant, imprégné de textes sentimentaux, de rencontres séductrices et d’heures au-delà de la nuit et de ses mystères. À 27 ans, elle rejoint les plus grandes voix du blues et de la vibration alchimique entre beauté et séduction, narrant les errances de ses héros d’un soir autant que ses propres déambulations et expériences, entre quatre murs ou au cœur des rues nocturnes d’une cité accueillante et constamment surprenante. Cinq titres se confrontant à la difficulté de subsister dans un domaine éternellement remis en question et impossible à enfermer, mais qui se recentre lorsque des passionnés comme elle et les musiciens qui l’entourent savent ce que le langage sensoriel signifie et se doit de définir. Une révélation qu’il est impossible de renier ou remettre en question, et dont vous trouverez les essences sur les pages FACEBOOK et INSTAGRAM de la divine diva.


Blu DeTiger : nouveau clip « Cotton Candy Lemonade (LIVE IN NYC) »

Le tour de force que représentait « Figure It Out », conjugaison admirable de sentiments et de chorégraphies en plan-séquence dont le souvenir demeure impérissable plusieurs mois après sa diffusion, nous laissait espérer davantage de richesses de la part de Blu DeTiger, bien que son inspiration prolifique se soit vue interrompue – du moins le croyait-on – par l’épidémie actuelle. C’était sans compter sur le besoin quotidien de la musicienne de créer et, par un mouvement logique, de partager les résultats de ses réflexions et compositions dans une série de lives at home, dont « Cotton Candy Lemonade » nous livre un magnifique aperçu. Commençant comme le dialogue entre chant et rythme, au milieu d’un décor coloré et intimiste, la piste nous montre cependant quelques premières dérives, des envies urgentes de dépasser l’espace clos des murs de la pièce. La basse engendre rapidement le mouvement de la caméra, l’énergie comme essence de vie et de contact avec celle qui, sans aucune difficulté, électrise l’assistance grâce à sa présence naturelle et spontanée. Le lien entre l’interprète et l’instrument est d’une limpidité ultime et complémentaire, portée par les percussions chaloupées de Rex DeTiger et la réalisation au plus près du phénomène d’Idil Eryurekli. Blu DeTiger n’a pas usurpé son nom ; sous son apparente douceur se dissimule une prédatrice qui, grâce à son art et son regard, ne peut que nous prendre dans ses griffes et ne plus nous laisser lui échapper. « Cotton Candy Lemonade » nous apporte quantité de nutriments essentiels, de plaisirs sucrés et d’un liquide mélodique abreuvant nos soifs de connaissance autant que notre curiosité. Blu DeTiger vous attire dans son antre grâce à ses pages FACEBOOK et INSTAGRAM.


Jack Name : nouveau single « I Came To Tell You In Plain English (That I’m Leaving You) » / nouvel album Magic Touch le 20 novembre (Mexican Summer / Modulor)

Rien ne nous prépare à cette rupture que Jack Name n’hésitera pas à exposer à l’être aimé à travers ce nouveau titre évocateur et qui, par son essence littéraire, ne supporte aucun doute ni aucune défense inutile. De sa voix grave et profonde, le songwriter laisse son folk rock habité de mélancolie emporter les ultimes illusions et les arguments les plus précis, sans craindre un instant la confrontation. Est-il motivé par la colère ? Par la trahison ? Par la disparition de l’attirance et du sentiment ? Les réponses ne seront pas brusquement exprimées mais se laisseront aisément deviner. Marquant plusieurs pauses musicales nécessaires à l’assimilation d’un changement existentiel radical, Jack Name fait montre d’une forme de respect derrière la cruauté de la séparation, en filigrane de ces aveux verbalement violents et perturbants. Mais ce qui doit être fait ne supporterait aucun retour en arrière, aucune hésitation, aucun vain sacrifice supplémentaire. La morsure est venimeuse et empoisonnée, certes ; mais, argumentée d’une aussi belle et triste façon, on sait qu’elle finira par cicatriser, avec le temps. Ni héros, ni monstre, le compositeur est franc, honnête et juste. Des traits de caractère qu’il nous tarde d’explorer grâce à Magic Touch, dont la sortie est prévue dans un mois. Pour patienter, allez puiser une rassurante confidence dans les poèmes de Jack Name via sa page INSTAGRAM.


B77 : nouveau clip « The Rainbow »

La conjonction du réel et de l’imagination sous rêves ou psychotropes. La limite difficile à définir entre ce qui est palpable et ce qui demeure hors de portée. Les couleurs des cadres de « The Rainbow » paraissent délimiter ce qui ne peut l’être, les visages et attitudes de B77 le long d’une piste sonore liquide, coulant entre nos doigts et dans nos capillarités cérébrales. Des ondes, des messages venus d’ailleurs et captés par le prisme d’un tube cathodique hors d’âge, réglé sur la fréquence en mégaherz du duo et que même les ordinateurs les plus puissants du monde ne pourront jamais repérer. Car « The Rainbow » s’adresse à nos ondes neuronales, à nos pensées et idées les plus saugrenues ou impossibles à concrétiser, sans avoir peur de leur accorder une liberté de mouvement qui rend chaque hypothèse, chaque théorie possible et réalisable. La musique, lointaine mais portant en elle l’expression d’un monde nouveau et accueillant, passe par les spectres lumineux formant les marches invisibles du vaisseau mère de B77, seul moyen d’atteindre leur galaxie et de nous y reposer parmi les chuchotements, respirations et œuvres d’un intégral. Le noyau d’un astre psychédélique ne ressemblant à aucun autre, sans force gravitationnelle obligatoire pour celles et ceux désireux de profiter de l’apesanteur inhérente au moment présent. En attendant les douceurs satinées et interstellaires de l’album The Wonderful Labyrinth of The Mind le 20 novembre prochain (Half Awake Records), partez dans l’hyperespace en compagnie des musiciens grâce à leurs pages FACEBOOK et INSTAGRAM.